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Hermaphrodite endormi

Publié le 16/01/12
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Hermaphrodite endormi

Infos pratiques

Du 01/01/2012 au 31/12/2012

Musée du Louvre
Pyramide - Cour Napoléon
75001 Paris 1

Gratuit

Chef-d'oeuvre admiré de la collection Borghèse, cette oeuvre ne cesse de fasciner par l'ambivalence et les courbes voluptueuses d'Hermaphrodite, lascivement endormi sur le matelas sculpté par Le Bernin au XVIIe siècle. Uni au corps de la nymphe Salmacis, dont il avait repoussé les avances, le fils d'Hermès et d'Aphrodite est représenté comme un être bisexué. Le sujet s'inspire d'un original du IIe siècle av. J.-C. et reflète le goût pour la mise en scène à la fin de l'époque hellénistique.

L'histoire moderne de l'œuvre :

Découverte à Rome près des thermes de Dioclétien en 1608, cette statue compte parmi les chefs-d'œuvre les plus admirés de la collection Borghèse aux XVIIe et XVIIIe siècles. En 1619, le cardinal Scipion Borghèse confie au sculpteur baroque italien Le Bernin l'exécution du matelas sur lequel repose désormais le marbre antique. La même année, David Larique travaille à la restauration de l'Hermaphrodite lui-même. L'oeuvre entre au Louvre après son achat par Napoléon Ier à son beau-frère le prince Camille Borghèse en 1807, avec l'ensemble de la collection Borghèse. Bien que l'Hermaphrodite du Louvre ait été le plus célèbre, trois autres répliques de la statue antique lui ont parfois été comparées, celle de Velletri (également conservée au Louvre), celle des Offices de Florence et un autre exemplaire encore conservé à la Villa Borghèse à Rome.

Le sujet : Hermaphrodite

Le sujet n'a rien de scabreux mais intrigue toujours autant le spectateur. Hermaphrodite, le fils d'Hermès et d'Aphrodite, avait repoussé les avances de la nymphe Salmacis. Ne pouvant se résoudre à ce rejet, celle-ci obtient de Zeus que leurs deux corps soient unis pour toujours, d'où leur étrange mariage en un être bisexué, doté d'un sexe d'homme et des formes voluptueuses d'une femme. Lascivement allongé sur le matelas que lui prêta Le Bernin, le personnage est endormi mais ne s'abandonne qu'à demi au sommeil : la pose contournée du corps et la tension qui affleure jusqu'au pied gauche légèrement soulevé trahissent l'état de rêve.

Un manifeste du goût hellénistique :

Cette œuvre est une copie romaine qui s'inspire probablement d'un original grec du IIe siècle av. J.-C. Pline l'Ancien cite un Hermaphroditus nobilis de Polyclès (Histoire naturelle, XXXIV, 80) mais, faute de description de sa part, le rapprochement avec l'Hermaphrodite endormi est incertain. Le sujet reflète le goût pour la nudité alanguie, l'effet de surprise et la théâtralité, très prisés à la fin de l'époque hellénistique. L'œuvre est conçue pour être appréciée en deux temps. D'abord s'impose une gracieuse et sensuelle physionomie qui flatte la féminité du personnage et s'inscrit dans la tradition du nu féminin hellénistique, magnifié ici par la sinuosité de la position. Ensuite, le revers de la statue crée la surprise en révélant sa nature androgyne, usant du réalisme le plus cru. Cet effet de contraste et d'ambiguïté, voire ce goût pour l'étrange qui joue avec les émotions du spectateur, est un aboutissement de l'art hellénistique de la mise en scène. On interprète parfois cette combinaison utopique des deux sexes comme une création mi-ludique, mi-érotique, destinée à illustrer les réflexions philosophiques et platoniciennes sur l'amour.

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