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127 heures : 10 questions à danny boyle

Publié le 22 février 2011 Par Mélanie B.
Danny Boyle rigolard


Jeudi dernier, à la Fnac Saint Lazare, s’est déroulée une étonnante rencontre, celle d’un cinéaste et de son public, celle de Danny Boyle, et de ses plus fervents admirateurs. Moins d’une semaine avant la sortie de son dernier film, 127 heures, le sulfureux réalisateur anglais (Trainspotting, La Plage, 28 Jours plus tard) s’est prêté pendant plus d' une heure et avec un enthousiasme non dissimulé, au jeu des questions réponses. Sortiraparis vous en offre un petit compte rendu. Pointu et (im)pertinent, à l’image du personnage.
Retour sur les 10 questions clés de la soirée.

1 - 127
heures es-il une réaction à votre
précédent film Slumdog Millionaire ?
Slumdog est un film avec plein de gens, plein de couleurs bigarées, alors que 127 heures c’est l’histoire d’un seul individu ?
En réalité quand on a parlé du projet 127 heures c’était en 2006, bien avant
la sortie de Slumdog Millionaire, mais à l’époque Aron
Ralston voulait faire un documentaire avec sa voix qui allait contrôler la
trame narrative du film alors que moi depuis le début, je voulais un acteur. Plutôt que de dire
qu’il est une réaction à Slumdog, il
en est un prolongement. Les premières minutes de 127 heures sont extrêmement animées, on y voit des foules, je voulais montrer que ce
personnage se détournait des gens, avait presque un mépris des autres mais en réalité c'est une suite logique et non pas une réaction ou en contraste à Slumdog Millionaire.

2 - Pourquoi ce film ?
A cause du livre écrit par Aron Ralston (ndr : Between a Rock and a Hard Place).
Je me souviens que lors de ma première rencontre avec Aron ma première question
l’a complètement choqué, je lui ai demandé « quand tu étais dans ce canyon
est-ce que tu t’es masturbé ? » parce qu’en réalité il n’en parle
jamais dans le bouquin. Je sentais que
déjà je lui posais des questions auxquelles il n’était pas prêt à répondre
mais c’était ma façon de prendre possession de son livre.

3 - C’est la première fois que vous
adaptez l’histoire vraie dont le héros est encore en vie. Est-ce que ça vous a
posé un problème ?
On a vraiment très clairement dit à Aron dès le départ que ce film allait
être notre histoire. Très honnêtement quand on regarde un film, on se fiche de
savoir si l’histoire est vraie ou pas. Là ce qui m’intéressait c’est un film
avec James Franco l’acteur. J’ai
réussi à lui expliquer ça et l’ironie de l’histoire c’est qu’en réalité si j’avais
casté Aron Ralston lui-même, il n’aurait
pas été crédible car justement il n’est pas un acteur. Bien sûr on fait
toujours une promesse que l’on espère tenir, que l’on ne va pas trahir l’histoire,
et on veut qu’Aron soit fier du résultat mais avant tout c’est un film, avec un
acteur.

4 - Qu’est- ce qui vous intéresse dans l’histoire
d’un type qui reste coincé pendant 1h30 ? Est-ce un défi ?
Ce qui est extraordinaire avec le cinéma contemporain, c’est que l’on peut
tout faire avec les effets spéciaux mais la magie du cinéma c’est de magnifier
tous les détails même les plus infimes. Montrer l’humain à la loupe c’est bien
plus fort que tous les effets spéciaux en quelques sortes. Ce genre de film
comme 127 heures explore précisément
ce territoire de l’humain, c’est pour cela que nous avions besoin d’un grand
acteur comme James Franco.

5 - Simon
Beaufoy votre scénariste disait « si l’on dit Impossible à Danny Boyle ses yeux s’illuminent et il
commence à s’agiter dans tous les sens et à dire l’ impossible c’est génial, on
adore l’impossible ! »
Aujourd’hui tout est un peu formaté, il faut un certain type d’acteur, un
certain genre de film, ce qui m’intéresse
moi c’est de défier le système, de le pervertir pour faire des choses qui vont
vers l’impossible. Ce que j’ai voulu
faire avec le public de ce film, c’est qu’il veuille à la fin que James se
coupe ce bras, qu’il participe volontairement à cet acte. Je voulais créer une
expérience totalement immersive.

6 - Quand vous avez lu ce livre, quelle a
été votre réaction à la scène de l’amputation ? Et surtout comment on fait
aujourd’hui pour encore pouvoir secouer les spectateurs ?
Tout est lié au pouvoir et l’efficacité du jeu de l’acteur. La façon dont
Aron décrit cette expérience de façon extrêmement réaliste. J’ai ressenti de l’excitation
et de la peur mais pas du tout en tant que cinéaste mais en tant que lecteur.
Il y avait vraiment quelque chose d’organique dans cette description.

7 - Comment vous avez réussi à retransmette
cette sensation ?
J’ai utilisé à travers tout le film une technique, le point de vue d’une caméra
subjective. On a l’impression que la caméra est attachée au corps de James, chaque
plan est un plongeon supplémentaire, on plonge avec lui. Au début cette plongée
est plutôt joyeuse, on est un peu piégée de façon agréable au début et puis
soudain le piège se referme et le public lui-même est littéralement piégé.

8 - 127
heures c’est un film de Danny Boyle ou
c’est un film de James Franco ?
Sans aucun doute le film de James Franco.
S’il avait été moins que extraordinaire, ce film aurait été in-regardable et on
n’aurait même pas pu le sortir au cinéma. Si dans les 5 prochaines années il y
a une performance qui atteigne celle de James dans ce film et bien j’en serais
franchement très étonné.

9 - Vous avez fait un chef d’œuvre sur
les junkies, un chef d’œuvre de Science Fiction, vous avez fait un chef d’œuvre
indi-world, là c’est un film d’action existentialiste, vous allez capter les Jeux
Olympiques à Londres, c’est quoi la cohérence dans votre filmographie ?
Tout d’abord pardon Paris pour les JO… En fait je crois qu’il n’y a pas
vraiment de cohérence si ce n’est faire de mon mieux à chaque expérience
nouvelle et surtout faire autre chose à chaque fois. Je tente avec chaque
expérience de créer un moment aussi viscéral que possible. Ce qui est important
c’est d’être transporté et de voyager.

10 – Souvent vos personnages sont dans l’urgence,
ils sont en train de courir, cette fois il court… au début puis il tombe, et là
on s’attend à ce que la caméra se stabilise avec lui et pourtant vous faites le
choix de tourner autour de lui avec des figures un peu oniriques, est-ce que
vous avez redouter de poser la caméra ?
Ce que nous voulions c’est garder une force motrice dans ce film. C’est un film
d’action avec un héros immobile donc j’ai voulu montrer à quel point il était
plein de ressources, à quel point son élan de survie impliquait des mouvements
de caméra car on est dans un voyage intérieur également. Par exemple en aucun
cas mon film n’est comparable au film Into The Wilde de Sean Penn ou là nous
sommes dans un film méditatif, nous avons le rythme de la nature alors que moi
j’ai essayé de mettre dans ce film, un rythme urbain.


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