Les Adoptés : le film de la semaine

Par · Publié le 24 novembre 2011 à 10h18
Les Adoptés, le premier film réalisé par Mélanie Laurent, sort aujourd’hui au cinéma. Avant même de vous dire ce qu’on nous en avons pensé, nous vous conseillons d’y aller.
Avec ce titre les Adoptés, c’est tout l'enjeu du film qui est résumé. C’est une histoire humaine et sincère entre des personnes qui se trouvent, s’apprivoisent, s’aiment et se protègent. C’est un peu de la vie d’une famille de tous les jours. La caméra vient capturer des instants, vient photographier des moments, qui pourraient s’être déroulés chez vous, chez moi. Proche des personnages, elle tisse un lien entre le spectateur et chacun d’eux, on est chacun d’eux : fragiles, solitaires, solidaires, parfois en colère, égoïstes ou naïfs.

Milie (Clémentine Célarié), Marine (Marie Denarnaud), Lisa (Mélanie Laurent) et Léo (Théodore Maquet-Fouche) forment une drôle de petite famille, soudée, que la vie n’a pas épargné et continuera encore d’écorcher. Dans ce petit monde, chacun à sa place, jusqu’au jour où Alex (Denis Ménochet) vient bousculer l'ordre établi. L’amour qu’il vit avec Marine, suscite quelques appréhensions et incompréhensions de part et d’autres. Puis, brusquement, un drame vient remettre en question ces petites querelles triviales qui cèdent la place à un autre sentiment, violent et profond : la douleur. Marine, renversée en pleine rue, sombre dans le coma. Lisa, sa sœur, Milie, sa maman et Alex, l’homme qui partage sa vie, doivent composer avec ce dramatique imprévu. Les mésententes, les jalousies disparaissent au détriment d’un mal être encore plus grand : l’absence d’un être cher, l’incertitude de l’avenir. Tout leur amour ne suffit pas à lutter contre ce coma, impénétrable et hostile, alors chacun, de son côté, va chercher à ne pas se perdre dans ce sentiment d’impuissance.

Le désespoir de voir Marine et de ne plus l’avoir, les souvenirs, le silence, s’immiscent. L’amélioration de santé que chacun attend du temps ne vient pas, et le temps se fait encore plus long, plus cruel. Soudain la musique explose, l’alcool, la bagarre et la douleur. Et le film prend un second souffle, le destin redistribue les rôles, obligeant les membres de cette (nouvelle) famille à faire face, ensemble.

Mélanie Laurent c’est un univers de mots, d’images, où les sens sont sans cesse sollicités. C’est Je vais bien ne t’en fais pas mais également Inglourious Basterds et une petite danse avec Quentin Tarantino, c’est aussi En t’attendant et une collaboration avec Damien Rice. Mises bout à bout, ses pièces du parcours de Mélanie Laurent (et bien d'autres) constituent le puzzle « les Adoptés » : la jeune actrice a appris et aujourd’hui elle réalise. Un rêve peut-être mais surtout un film, d’une belle clairvoyance sur les relations humaines, les rapports familiaux et amoureux. Les images sont fortes, les dialogues sont vrais, parfois même teintés d’humour et on se laisse submerger par l’empathie. On ressent la détresse et le désarroi, on comprend le besoin de fuir et de colère, on éprouve le vide et le manque. La performance des acteurs n'est pas étrangère à cette contagion affective. Comme eux, nous devenons témoin impuissant de ce coma persistant. On tombe amoureux de cette famille qui se démène dans la détresse au lieu de s’y noyer, de cette énergie qui aurait pu être léthargie, de cet espoir qui plane malgré la fatalité : parce qu’au fond on est comme eux, troublés par la vie, malmenés par le hasard mais terriblement désireux d’y croire.
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