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Detachment, focus on...

Publié le 4 février 2012
Detachment

Si vous aussi, vous vous rappelez, avec un petit plissement des yeux, de Madame Berton en 4ème 4, au collège, en cours d'anglais et de ses lunettes double-foyer... dites vous que, malgré vos moqueries et les heures de colle récoltées... il y a un cœur qui bat sous ce corps ! (hé oui...avec un bpm lent certes, mais il bat!) Si vous ne le saviez pas, Detachment, sorti en cinéma ce 1er février est une occasion pour vous de le découvrir...

Detachment, film de Tony Kaye sorti dans nos salles depuis le 1er février 2012, est la grosse gifle que nous attendions depuis le fameux et brûlant American History X sorti en 1998 où le réalisateur dépeignait une Société américaine gangrenée par la haine raciale (aucune couleur de peau privilégiée par ce fléau). Edward Norton crevait alors l'écran en jeune adulte tombant dans l’extrémisme aveuglé par l'obsession de venger la mort de son père tué par un dealer noir.

14 ans après (et c'est pas rien quand même...) Tony Kaye nous ressert le couvert du film engagé et dénonciateur, et nous propose, pour crever l'écran cette fois, un Adrien Brody en pleine renaissance et remplace les dérives racistes d'un pays en perdition par un système éducatif en plein naufrage (pas gai tout ça).

Detachment c'est l'histoire d'Henry Barthes (Adrien Brody), professeur, éternel remplaçant, torturé par un passé familial lourd, qui a toujours eu pour habitude de se capitonner derrière une mise à distance de son environnement. Il est alors muté pendant trois semaines dans un lycée difficile où différentes rencontres vont commencer à mettre au grand jour ces différentes fêlures et créer des brèches psychologiques remettant en question son équilibre fragile malgré la façade...

On comprend bien donc, au vu du sujet, que notre bonne vieille image de l'institution "Ecole", nostalgique et encore la morve au nez, va en prendre pour son grade et ça dès les premières minutes du film.

Première chose qui saute aux yeux : l'Image (à créditer, sans nul doute, au passé de publicitaire de Tony Kaye) !
Chaque plan est consciemment choisi et les interventions du personnage principal en monologue à la "Confessions Intimes" se marient parfaitement avec des flash-back hallucinés.
Notons au passage que la comparaison avec cette émission "social porn" de TF1 n'est pas abusive puisque nous sommes bien dans un contexte où le réalisateur cherche à mettre en avant ce qu'il y a de plus inquiétant dans nos sociétés modernes (ce que fait cette "télé-réalité" d'ailleurs mais sans le savoir).

Adrien Brody nous livre dans ce film une performance hallucinante de charisme et de retenue.
Totalement crédible en professeur dépassé, il porte très largement sur ses épaules ce film noir et violent psychologiquement. Par ailleurs, pour appréhender la crédibilité du personnage joué, il faut savoir qu'Adrien Brody n'est pas un de ces acteurs "fils de...", élevés avec une cuillère en or dans la bouche (en effet, il a grandi dans le quartier du Queens à New-York où il a pu côtoyer plusieurs milieux sociaux et notamment les établissements "à problème"...).

Une étoile est née... dans le béton.
Une actrice vous marquera au fer rouge après visionnage (et elle est "haute comme 3 pommes") : Sami Gayle (incroyable : première apparition au Cinéma) qui joue le rôle d'une très jeune prostituée, Erica, recueillie par Henry lors d'une de ses virées nocturnes. Cette jeune fille est alors impressionnante de gravité et sera, c'est certain, une jeune actrice à surveiller ! (mon coup de coeur)

Le naufrage du navire "Education"...
Ce film est donc, comme vous l'avez compris, un brûlot sur le système éducatif et sa dégradation générationnelle impliquant une réflexion sur un point essentiel : Quelles sont les raisons pouvant expliquer une situation d'échec scolaire voire l'effondrement de tout un système? Doit on reprocher un manque d'implication du corps enseignant ou une non-réceptivité du public adolescent de demain?
Le tableau qui est dépeint ici est sombre, très sombre même... (âmes tristes s'abstenir) et l'espoir ici : aux abonnés absent.
Toutefois, pour coller au plus prêt de la réalité, ne faut-il pas proscrire nos bons vieux "happy end" si chers à nos 90's ? Le réalisateur a tranché.

Finalement, en cette fameuse période de Crise, le Septième Art n'est pas gai et c'est surement le moment opportun qu'a choisi Tony Kaye pour nous faire cadeau de son deuxième bijou de contestation, véritable thèse cinématographique visant à identifier un capitaine qui accepterait de couler à la barre du navire.

Vous comprendrez donc, en sortant du visionnage de Detachment, qu'il n'est jamais trop tard pour contacter Madame Berton et pour lui préciser combien vous regrettez les boulettes en papier jetées ! A bon entendeur...

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