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Possessions : le film de la semaine

Publié le 7 mars 2012 Par Mélanie B.
Possessions

Cette semaine au cinéma, une affaire judiciaire basée sur une histoire vraie : la tuerie du Grand Bornand.

Le famille Caron, en quête d’une vie meilleure, rejoint les montagnes pour un chalet qu’ils s’apprêtent à louer aux Castang. A leur arrivée, le logement n’est pas prêt. Le couple se voit donc installer temporairement dans un autre chalet avant de devoir le libérer et s’installer ailleurs, et ainsi de suite. Malgré les déboires, les Castang tentent d’entretenir des rapports amicaux avec les arrivants et de les soutenir dans ce nouveau départ. Maryline est ainsi embauchée en tant que femme de ménage chez eux. Plutôt que de la reconnaissance pour ceux qui lui ont procuré un travail, elle commence très vite à alimenter un vif sentiment de jalousie et d’envie à l’égard de cette famille financièrement, socialement et sentimentalement épanouie. Venimeuse, elle parvient très vite à piquer dans son amour propre Bruno, son mari, et à l’entrainer avec elle dans sa haine des Castang. Influencé, manipulé par son épouse, il va commettre l’irréparable.

Si le film s'intéresse à l’affaire Flactif, Eric Guirardo s’est aussi laissé aller à une part de fiction dans cette analyse psychologique des personnages. Le long métrage n’est pas un documentaire policier sur les événements funestes de 2003 mais plutôt un portrait, celui d’un vice, l’envie. Pour y parvenir, il confronte la vie de ces deux familles. La première, qui mène un train de vie plus que confortable tandis que la seconde, moins gâtée, tente de repartir de zéro. Loin des réjouissances tant attendues, elle rencontre la frustration, personnifiée par les Castangs, qui vivent dans l’abondance : le sentiment de jalousie ne s’en retrouve que plus fort, plus diffus.

Par ce cheminement, le film propose une théorie. Maryline Caron, si elle n’a pas pris physiquement part à cet odieux massacre, elle en est pourtant l’instigateur. Son mari est l’arme dont elle s’est adroitement servi. A force d’humiliations, elle parvient à lui transmettre sa propre haine, jusqu’au jour où elle dégoupille complètement la grenade. Une théorie que le jeu de Julie Depardieu rend tout à fait viable et concevable quand Jérémie Renier interprète parfaitement l’homme amoureux et influençable, brisé dans son amour propre, qui bascule dans les noirceurs de la folie. Alexandra Lamy et Lucien Jean-Baptiste forment l’ « autre » couple. Celui qui a réussi. Leurs problèmes sont d’ailleurs habillement masqués et indirectement exposés, ils apparaissent alors comme un reflet heureux des Caron. Un reflet inaccessible.

Après les meurtres, Bruno Caron - David Hotyat, loin de se faire discret, expose son animosité en témoignant au journal télévisé au moment de l'enquête. Possessions, servi par un brillant jeu d’acteurs, nous plonge dans les abimes de l’esprit et dépeint l'évolution du sentiment de frustration jusqu'à l'exultation. Saisissant et dérangeant.

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