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Kim chapiron

Publié le 1 janvier 2008 Par Mélanie B.

Sheitan est le premier long métrage de Kim Chapiron, jeune réalisateur de 25 ans. Fondateur de Kourtajmé, un collectif d’artistes née il y’a déjà 10 ans, Kim Chapiron s’affirme cette année avec la sortie de Sheitan, un film noir et dérangeant plutôt réussi. La bande son du film signée par le collectif est à l’image de Kourtajmé, fraîche, énergique et efficace à souhait ! Elle est sortie dans les bacs le 30 janvier dernier chez Because Music et vaut vraiment le détour avec les apparitions remarquées de Oxmo Puccino et Mokobe du 113, mais aussi Hi-Tekk de La Caution. A écouter en lisant cet entretien avec un « acharné boulimique de films » fort sympathique !

Kourtrajmé c'est quoi ?
1995, création du collectif Kourtrajmé avec mon... mon « frère », Romain Gavras.
On fait un film qui s'appelle Paradoxe perdu, qui mêle habilement zoophilie science fiction amour et drame. On est deux, on n'a jamais fait de film, donc évidemment personne ne veut jouer dans notre film, alors c'est nous qui jouons tous les rôles. A partir de ce film, on crée le collectif Kourtrajmé qui compte aujourd'hui 134 membres actifs. On peut d'ailleurs voir notre travail sur le site www.kourtrajme.com. On s'est essentiellement fait connaître à travers nos courts métrages, pour citer le plus connu : The Funk Hunt, de Romain, moi j'ai fait la Barbichette....
Mais surtout, surtout, ce qui nous a fait connaître, c'est les clips de TTC, la Caution, Oxmo Puccino, Roce et le plus connu : La mafia K1fry... et donc le collectif Kourtrajmé, c'est un collectif d'artistes indépendants.
Il y'a de plus en plus de réalisateurs... Des mecs de la clique qui deviennent réalisateurs comme kourtrajmé Africa fait par Toumani Sangaré qui fait partie des acteurs du Sheitan (Ladj et Thai)... Bref on est en perpétuelle évolution...

Qui peut rentrer dans ce collectif ?
Vient qui veut. Qui a des choses folles à nous apporter ! Qui se sent concerné et proche de notre expérience.

On vous assimile beaucoup à la culture Hip Hop, du moins rap. A juste titre ? Et pourquoi ?
Oui c'est vrai, mais c'est à cause des clips qu'on a fait.
Moi j'écoute beaucoup de styles de musique différents, on est ouvert,
mais vu que nos clips ont été super médiatisés... on est aussitôt catalogué.
On a fait 40 000 téléchargements en moins de 2 semaines pour le clip de la Mafia K1fry... On a fait sauter notre serveur !!
Donc ces clips passent à la télé, on les fait pour les artistes, mais du coup on peu les voir via nos DVD ou en téléchargement. Au passage, j'en profite pour faire la pub de la sortie du DVD anthologie de Kourtajmé qui sort en Mars. En fait c'est l'intégral Kourtrajmé.

Parle nous un peu de ton parcours personnel.
1993 Sortie du film métisse. J'ai la chance d'être à l'avant première... Ca me fait un choc. Ambiance de dingue... Les gens criaient, riaient... et là, je me suis dit que c'était ce que je voulais faire de ma vie.
A la base je suis graphiste, enfin dessinateur du moins, je suis issu du dessin, et donc après Métisse, (gros kif de l'ambiance), j'avais envie moi aussi de faire crier les gens, les faire réagir, rire...
Donc, je suis devenu monteur, j'ai travaillé un peu sur les effets spéciaux, j'ai suivi une première formation de technicien, et puis, vu que j'avais accès a des supers machines, j'ai pu faire mes premiers films.

Combien de courts métrages as tu à ton actif ?
Je ne saurais pas te dire, environ une trentaine...

D'ou t'es venue cette idée aussi barrée pour ce film : Sheitan ?
Très spontanément, naturellement.
Je voulais parler de ce que je connaissais. Faire un portrait des jeunes de ma génération...
Une génération pas souvent représentée ou du mois mal représentée par des gens trop vieux pour parler de cette génération (trop jeune pour eux...). Donc là, c'est un film de jeunes avec des jeunes comme je les vois. Le coté barré... disons que je suis assez barré et mon père aussi.
J'ai co-écrit le film avec mon père...
Et mon père, c'est l'héritage des années 70. Il était dessinateur... punk de surcroît. Il avait un groupe qui s'appelait bazooka. Il a écrit un livre juste avant la sortie de Sheitan sur tous les produits psycho actifs en général et aussi le lsd qui s'appelle psycho actifs...
Alors Sheitan c'est un peu un mélange de mon père et moi, sur fond de lsd, de musique punk, de jeunes, de pera... c'est un cocktail Molotov de tout ça.

C'est le lsd, ton imagination ou le manque d'acteur qui t'a donné envie de transformer Vincent Cassel en femme dans le film ?
Le but était de donner un terrain de jeu à Vincent Cassel. S'il joue dans mon film, s'il produit mon film, c'est pour qu'il s'éclate lui aussi. Moi je me suis éclaté en le faisant. En l'occurrence je lui ai donné un rôle de composition vraiment intéressant et loin de ce qu'il a fait avant. Il a beaucoup aimé et il s'est vraiment pris au jeu, un jeu que les gens aussi ont adoré.

Donc c'est lui qui s'est vu en femme ?
Non, c'est moi qui voulais lui apporter quelque chose. Je voulais qu'il fasse comme à l'époque des années 70 ou les acteurs allaient chercher les choses vraiment loin...
Si je prends l'exemple de Peter Sellers ou Dustin Hoffman, ces acteurs se lâchaient complètement, comme peu d'acteurs le faisaient et ne le font actuellement. Des rôles ou les acteurs vont chercher des choses vraiment loin... finalement y'en n'a pas beaucoup qui se mouillent à ce point là et je voulais que Vincent aille vers ces horizons là.

Pourquoi un film aussi violent ?
Portrait générationnel... Violent, ok, mais au niveau de la génération, qui certes est une génération hyper violente. Donc oui, il y'a de la violence verbale, de la violence dans l'action, mais limite, j'ai envie dire que c'est super aseptisé par rapport à la vraie violence. Il faut en parler ! Les mecs parlent comme ça des filles dans la vraie vie... j'ai rien inventé !

Pourquoi ce choix des protagonistes, qui sont en quelque sorte et sans préjugé, des archétypes du banlieusard ?
Parce que c'est la génération actuelle ! Les gens sont comme ça ! Je parle de ma génération. J'essaie de montrer quelque chose qui existe. Ce film est inspiré de fait réels. Bien plus que vous ne pouvez l'imaginer (rire).

Comment as tu effectué le choix de acteurs ? Amis, castings ?
Ce ne sont que des amis d'enfance. Tous les acteurs sont des amis. Par exemple, Bart dans le film... ça fait 20 ans que je connais ! Depuis 1986 !!!

Pas trop dur de gérer des amis sur le tournage ?
Super dur, limite ingérable ! Mais c'est ce qui fait que c'est aussi sincère et frais.
Avec moi ils n'ont pas peur, ils se lâchent. Quand je les filme il y'a quelque chose d'hyper naturel qui se fait... D'ailleurs parfois, c'est limite si quand j'éteins la caméra il ne se passe pas la même chose que ce je viens de filmer, mais pour de vrai cette fois !

As tu rencontré des problèmes sur le tournage de ce premier long métrage ?
Le film rend exactement ce que je voulais. C'est mon premier long métrage. Pour mes acteurs c'était leur premier film, et c'est la première production de Vincent Cassel. Donc autant te dire que tout le monde était au taquet ! Tout le monde cherchait à bien faire, donc ça c'est plutôt très bien passé.
Mais ce que je retiens, c'est la préparation. Plus tu te prépares, plus tu es serin sur le tournage. En l'occurrence j'ai eu 6 mois d'atelier théâtre avant et j'adore ça !
Tu es avec tes acteurs... Plus tu es avec eux en amont, plus tu peux les gérer. C'était parfait !

Parle nous de tes projets futurs. Projets de tournage ?
Je vais passer à l'écriture. Pour un long métrage, le vrai travail c'est l'écriture.
Il y'a eu 4 ans de travail pour l'écriture de Sheitan... J'ai écrit deux longs métrages qui n'ont jamais existés, une série de 6 x 52 min qui n'a jamais existé... et Sheitan qui heureusement a existé !
L'aventure d'un long métrage c'est avant tout l'écriture et l'écriture c'est un moment super bizarre. Tu es seul face à toi même ou à ta feuille blanche... Tu écris... C'est un exercice ultra étrange !
Donc pour mon second long je vais commencer par l'écrire.
A moins qu'on me propose un autre truc, mais de toute façon je vais continuer d'écrire.

Y'a t il des décalages entre le rendu du film et ce à quoi tu t'attendais ?
Il y'a obligatoirement des décalages. Il y'a des choses que tu t'étais imaginées et qui ne se sont finalement pas passées, mais aussi bien des choses nouvelles qui sont improvisées, donc des scènes nouvelles.

Tu peux nous donner un exemple ?
Par exemple la branlette du chien, c'est un jour avant que ca c'est décidé !
Je passais une après midi avec l'actrice, on discutait de pas mal de choses sur le film, on rigolait et puis, on a inventé des trucs et nous est venue cette idée de la branlette du chien !
Il se passe toujours des trucs incroyables sur un plateau.

Parle nous de tes influences cinématographiques ? Pourrais tu nous citer un film ?
Pas de film préféré, je ne peux pas t'en citer qu'un, c'est trop réducteur.
Le film qui m'a marqué, qui a été le déclencheur, c'est Métisse.
Chat noir Chat blanc est quand même un film exceptionnel !

Tu as un message à faire passer à tous les jeunes réalisateurs ?
Acharnement ! Y'a que ça.
Ma vie n'est dédiée qu'à faire des films.
De la boulimie de films, c'est le seul remède !
Jeunes réalisateurs, acharnez vous !

PORTRAIT PARISIEN

Un arrondissement : le XXème

Une rue (non ne regarde pas dehors !) (rires) : rue Vitruve

Une station de métro : Alexandre Dumas

Une place : Place de la Nation

Un jardin / Parc : jardin de la place de la réunion

Une ballade en amoureux : l'Ile de la cité

Un lieu ou tourner une scène : Place Belleville

Un restaurant : le Dong Huong à belleville toujours.

Un bar : je connais pas de bar

Un club : non plus, je sors pas en boite !

Propos recueillis par : Kristof Couot


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