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Rothen : entre rancœur et soulagement

Publié le 5 avril 2010
Rothen : entre rancœur et soulagement

Après un passage difficile à Glasgow, Jérôme Rothen a finalement atterri à Ankara, club qui l’a, apparemment, beaucoup mieux accueilli que le précédent. Pour So Foot, il raconte ce qu’il a vécu cette saison, en l’éludant rien du pire comme du meilleur.

Rothen séduit, mais méfiant

Débarqué en Turquie au mercato d’hiver, Jérôme Rothen revient sur cet épisode rocambolesque de sa carrière qu’a été son départ des Rangers. Très honnête, le Français explique que c’est l’arrivée de Roger Lemerre à Ankaragücü qui l’a décidé à signer. "Je n’aurais pas résilié mon prêt à Glasgow si j’avais pas été sûr d’avoir quelque chose. Le mercato d’hiver, on sait tous que c’est toujours un peu compliqué, d’une part parce que j’ai un certain statut, un certain salaire, et ensuite parce que tu intéresses forcément des clubs qui sont mal classés, qui ont besoin de se renforcer pour bien finir la saison. Donc j’avais des contacts avec la Grèce, on m’a aussi parlé de la Turquie, moi très honnêtement, le club, je ne le connaissais pas, après le fait que Roger Lemerre venait d’être nommé coach, bon, ça m’a rassuré, là je me dis que ça peut être un truc pas mal, je me renseigne un peu de mon côté, j’ai vu le recrutement qu’ils voulaient faire, ils venaient de prendre Geremi, l’ancien du Real et de Chelsea, donc j’ai bien compris que le club avait vraiment envie de sortir de cette mauvaise zone."

Malgré une certaine envie, l’ancien Parisien a préféré débuter l’aventure par un prêt, histoire de ne pas être bloqué si l’aventure se passais moins bien que prévu. "Tout de suite ils ont voulu mettre une option sur moi, j’ai dit attendez, moi je veux d’abord voir comment ça se passe, on fait les quatre mois et après, on voit si vous êtes contents et que moi je suis content eh bien pourquoi pas tout en sachant qu’il me reste un an à Paris après. Financièrement, y a pas eu de problèmes, c’était intéressant, et sportivement, avec l’équipe qui se montait, je me suis dit que c’était un beau challenge", s’est-il réjoui, surtout que le club jouit d’une belle cote dans le championnat turc. "Je sais que c’est un club historique ici, un club populaire, avec beaucoup de supporters, c’est des fanatiques ici. Mais bon avant de signer ici, fallait que je règle mes affaires avec les Rangers parce qu’eux, ils me l’ont bien fait à l’envers", s’est-il souvenu, amer.

Glasgow : l’incompréhension

Rancunier, le milieu de terrain raconte qu’il s’est retrouvé en Ecosse par un concours de circonstances, en n’oubliant de préciser que les paroles des dirigeants des Rangers n’étaient pas vraiment en accord avec les actes. "Bah en fait le prêt s’est réalisé le dernier jour parce que ça avait capoté avec Schalke alors que tout était ficelé avec le club. Ils devaient vendre Rafinha au Bayern pour 15 millions qu’ils comptaient réinvestir sur moi mais bon… Et du coup tu te retrouves le dernier jour du marché, tu as demandé à partir parce qu’avec Paris ça n’allait plus, Paris me dit si tu restes, ce sera la CFA, bon moi j’aurais pu dire bah voilà, je reste, je jouerai en CFA et je prends mon salaire tous les mois mais je voulais encore vivre des sensations, les Rangers, tu te dis c’est la Champion’s League, ils vont viser le titre même si c’est un championnat mineur, j’entends leur discours qui est positif et je me dis j’y vais. Mais ça n’a pas du tout correspondu avec ce qu’ils m’ont fait vivre." Et pour cause, le gaucher qui avait été recruté pour occuper le flanc gauche a passé quasiment tous ses matches…à droite. "Ils te disent, nous, on veut prendre un mec à gauche, donc un mec comme toi avec ton expérience, ça va nous ficeler le côté gauche nickel, c’est au-delà de nos espérances. Les premiers matchs, je les joue à droite, bon. Un match, deux matchs, je fais un bon match en Champion’s League à Stuttgart, tu te dis que ça peut surprendre l’adversaire mais une fois, après moi je ne suis pas Lionel Messi, je ne suis pas un dribbleur, je suis un passeur, quand tu te retrouves sur ton pied droit bah… j’ai pas le pied droit de David Beckham donc c’est compliqué. Mais bon je fais mes matchs, je crois que j’en joue un seul côté gauche en championnat au bout du premier mois, contre Aberdeen et je suis élu homme du match. Le match d’après, le coach me remet à droite, en Champion’s League et on prend 4 à 1 contre les Roumains où je suis encore élu homme du match mais bon je suis réaliste, je sais que si on prend 4-1, j’ai ma part de responsabilité mais bon, je donne la balle de but, je suis à l’origine du pénalty qu’on rate derrière, enfin bref après ce match-là, c’est simple, je n’ai plus jamais joué. En fait c’est clair, il m’a écarté sans rien me dire."

Souffrir en silence

Déçu, il décide d’attendre un peu, pour voir en quoi consistent les choix de son coach. "Moi je me suis dit, je ne vais pas ouvrir ma gueule là-bas, je me dis que c’est pas un choix sportif, c’est pas possible, l’entraineur veut peut-être me faire reposer un peu, puis trois matchs sans jouer bon je me pose des questions et là quatrième match, c’est de nouveau la Champion’s League, j’avais joué les trois premiers matchs de la compétition, les 90 minutes, je me dis bah il va me remettre, il ne me met pas et il fait jouer un jeune de 18 ans à ma place, et en plus à gauche. Donc là je me dis, y a un réel problème." Le natif de Châtenay-Malabry reste muet pour ne pas envenimer les choses, preuve qu’il a appris de ses erreurs, comme les conséquences de son livre lorsqu’il jouait au PSG. "Pour te rendre compte, j’allais même pas m’échauffer, je restais sur le banc, y avait moi et le deuxième gardien. Je me pose des questions, je me dit j’ai rien dit dans la presse, à l’entrainement je me donne à fond, j’ai rien dit aux autres joueurs et de toute façon avec mon anglais je pouvais pas dire grand chose, j’ai joué une dizaine de matchs où j’ai été élu 4 fois homme du match, je pense avoir montré des choses, après bien sûr je suis d’accord, homme du match y a à prendre et à laisser."

Des explications qui n’en sont pas

Finalement, Rothen finit par aller voir l’entraîneur pour demander des explications...qu’il n’obtiendra pas. Pire, après leur altercation, le coach le fait passer après les jeunes et les blessés de longue date. "Voilà, exactement, je demande à lui parler (à Walter Smith). Écoutez je ne comprends rien, personne ne me dit rien, je ne suis pas là pour ne pas jouer, et en plus j’aimerais bien jouer à mon poste. Et là il me dit écoute je sais, c’est pas évident pour ton adaptation, mais aujourd’hui j’ai besoin de plus de mobilité sur le terrain, j’avais besoin de changer des choses, je lui dis oui mais il n’y a que moi qui ait changé, regardez les stats, je veux bien accepter des choses mais là je ne suis pas d’accord avec vous. Il me dit non mais c’est mon choix, si ça te plait pas, moi je ne ferme pas la porte au mercato d’hiver, il me dit ça, on est fin octobre, ça ne fait que deux mois que j’y suis. Je lui dis mais si vous voulez que je parte au mercato d’hiver, il faut aussi que je joue, le mercato c’est dans deux mois, si je ne joue pas, ça va être compliqué pour moi comme pour vous. Le week-end arrive, on joue les derniers, y a une hécatombe, y a plein de malades, plein de blessés, y a huit absents, donc je me dis tant mieux, je vais jouer, je vais enfin profiter, et là il me fait un coup… il met le jeune de 18 ans à droite, il met l’Américain Beasley qui n’avait plus joué depuis un an, à gauche, il ramène des jeunes qui ne s’étaient jamais entrainés avec nous avant et il me met sur le banc. Donc sur le banc, t’as que des jeunes, le deuxième gardien et moi, des gamins de 17 ans, moi je faisais la nounou", plaisante-t-il, ironique.

Un départ inéluctable

Totalement isolé, l’ancien Monégasque ne participe même plus aux matches amicaux et aux entraînements. "Il y avait la trêve internationale avec les matchs de barrages tu sais, le France Irlande, donc le match se termine, j’étais énervé, le coach vient me voir et me donne le programme des jours à venir, on avait notre fin de semaine de libre donc je me dis que je vais rentrer à Paris, puis je reviendrai pour jouer le match amical pour ceux qui n’avaient pas joué, et donc là, il me tend la feuille et il me dit, pour toi, c’est 10 jours de repos ! Je lui dis mais ça fait 6 matchs que je ne joue pas et vous me donnez 10 jours de repos ??? J’ai pas besoin de repos ! En fait il y avait le repos pour le capitaine David Ware qui a 40 ans et moi ! Tous les autres, ils avaient entrainement." Bref, au fond du trou, il va voir le président qui, semble-t-il, excelle dans la pratique de la langue de bois. "C’est bien ce que j’ai demandé au président, il parle français là David Dean, je lui dis, je comprends pas, on me fait pas jouer, on me donne des fausses excuses, si j’avais été nul, je comprendrais mais c’est pas le cas, il me dit non mais si tu trouves un club, ce serait mieux pour tout le monde que tu t’en ailles."

L’Ecosse, un mauvais championnat ?

Plein d’amertume, l’ex-numéro 25 parisien pense que son départ est dû à un motif financier puisque les Rangers sont en grande difficulté sur ce plan là. Cela dit, il saisit l’occasion pour justifier son choix de ne jamais avoir parlé durant cette période compliquée et pour lancer un pique au club. "Si ça s’était passé il y a 4 ans par exemple, j’aurais pas attendu 6 matchs hein, au bout de deux, je lui disais ses 4 vérités au coach. Là j’ai fermé ma gueule, je me suis dit, vas pas faire une affaire là-bas, on va encore dire que t’es ingérable. En, France les gens se posaient des questions, mais pourquoi il ne joue pas, il a dû foutre le bordel, bon moi j’ai laissé dire, aux Rangers, ils ne pourront pas dire Rothen, il a foutu la merde, Rothen il est parti et heureusement que j’ai trouvé quelque chose sinon je passais encore 6 mois à faire banquette. Et puis le niveau de jeu en Écosse, c’est des rythmes de National, j’ai été surpris franchement, attends tu joues contres des défenseurs, ils ont du bide… ", s’est-il amusé, un peu hautain.

La Turquie : le renouveau

Après une telle expérience, Jérôme Rothen se déclare content de sa nouvelle situation, surtout qu’il s’est bien intégré dans sa nouvelle équipe et que les supporters l’apprécient. "Ah ouais, ici, quand tu gagnes ils te le font ressentir, bon même quand tu perds ceci dit… Moi maintenant ils commencent à me connaître donc ils viennent me taper sur l’épaule, m’encourager. Moi je suis content parce que, c’est Umit l’entraineur adjoint qui me racontait ça, ici, les fans sont souvent durs avec les étrangers, et de moi ils sont contents, j’ai déjà ma chanson quand je joue", s’est-il réjouit, soulagé d’avoir mis un terme à une période d’inactivité footballistique.


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