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Philippe Jaroussky @Fnac Montparnasse

Publié le 26 août 2013
Philippe Jaroussky

Infos pratiques

Le... 10 septembre 2013
de... 18h à... 19h


136, rue de Rennes
75006 Paris 6

Gratuit

Rendez-vous à la Fnac Montparnasse, le 10 septembre 2013, pour une rencontre exclusive avec Philippe Jaroussky.

La Fnac Montparnasse vous invite à une rencontre avec Philippe Jaroussky à l'occasion de la sortie de son nouvel album Farinelli - Porpora Arias consacré au légendaire castrat Farinelli.

J'ai toujours hésité à aborder le répertoire du légendaire Farinelli, préférant plutôt mettre en lumière d'autres castrats moins connus du public, comme Carestini il y a quelques années. Depuis, j’ai eu l'occasion de chanter en concert quelques airs écrits pour Farinelli et constaté que je me sentais plus à mon aise que je ne l'aurais imaginé, particulièrement ceux écrits par Nicola Porpora (1686-1768), connu à l'époque autant comme compositeur que comme un des plus grands pédagogues de l'art du chant.

Puis je me suis rapidement intéressé à la relation maître-élève qui avait pu exister entre eux. Malgré le manque de sources historiques, on peut supposer que Farinelli connaissait probablement Porpora déjà enfant, et que l'avis de ce dernier a fortement pesé sur la décision de castrer le jeune prodige. Par la suite, Porpora a entièrement façonné le goût musical et la technique du jeune castrat pendant de longues années d'apprentissage.

On ne peut aujourd’hui que se figurer en partie la souffrance des enfants castrés, ainsi que la rigueur de l'enseignement qu'ils suivaient pendant leurs années de Conservatoire. Issus pour la grande majorité d'entre eux de familles pauvres, très peu atteignaient la gloire sur les scènes d'opéras. Même si Farinelli était issu d'une famille cultivée de notable, Porpora, conscient des capacités exceptionnelles de son jeune élève, a probablement été très exigeant, voir tyrannique avec lui, dès le début de sa formation dans le but de créer ce "monstre" vocal capable de se jouer des plus incroyables difficultés.

Et pourtant il est certain que s'est développé en parallèle une relation père-fils, une vraie proximité, particulièrement à la mort du vrai père du jeune castrat. J’irai même jusqu’à penser que la relation entre les deux était imprégnée autant de peur que d’amour filial. Je sais de ma propre expérience ce qu’implique la relation entre un professeur et son élève ; depuis l’âge de 18 ans je suis les cours du même professeur, Nicole Fallien. La voix est un instrument intime et personnel et les événements de la vie s’y inscrivent. De nombreuses leçons ont davantage ressemblé à des séances de psychothérapie qu'à un simple cours de chant!

Lorsque j’ai consulté les manuscrits de Porpora, j’ai bien sur découvert des airs virtuoses. Mais une partie de ces airs est composée dans une tessiture plutôt centrale, dans un caractère doux et souvent très lyrique. Et c’est particulièrement à travers ces airs que l'on peut ressentir l'affection que portait le compositeur au castrat… le plus bel exemple étant "Alto Giove". Prenons aussi le Pasticcio Orfeo créé à Londres, où Porpora a composé pour Farinelli cet ultime lamento "Sente del mio martir", qui sonne comme un adieu déchirant du Maître à Farinelli avant son départ pour Madrid.

Certes Porpora n’était pas un grand génie comme son rival Georg Friedrich Haendel. Ses compositions dans le pure style napolitain cherchent à charmer immédiatement le public et à mettre avant tout en valeur les qualités de chaque chanteur. Pour cela, Porpora disposait d’un atout majeur : Farinelli lui-même. Personne ne connaissait sa voix aussi bien que lui, et personne n’était capable de lui écrire les notes qui lui convenaient aussi bien à la scène. Il est certain que Farinelli, même au sommet de sa gloire, avait conscience de ce qu'il devait à son mentor.

Mais à la fin, la relation de pouvoir s’était probablement inversée : le professeur avait besoin de son élève. Et en effet, le temps de l'opéra seria touchait à sa fin : le genre n’était plus à la mode, des compositeurs plus jeunes prirent sa place. Comme il n’obtint pas le poste de Leonardo Vinci à la mort de celui-ci, il partit pour Dresde et Vienne. De retour à Naples, ses compositions ne retrouvèrent plus la faveur du public. Dans une lettre de 1761, Metastase mentionne à Farinelli que Porpora était décédé, seul et appauvri.

Mais la créature de Porpora, le mythe Farinelli vit encore aujourd’hui. Il est grand temps d’y associer également son créateur.

Philippe Jaroussky

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