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VEUILLEZ PATIENTER ...

Un début fracassant pour [Ma Gang de Montréal] !

Publié le 11/03/12 Par Marine S.
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la pudeur des icebergs

La Gang de Montréal rejoint la Gang de Vanves. Cette jolie union transatlantique menée avec brio par le créateur et directeur du festival Artdanthé, José Alfarroba, a pris forme, enfin. En ce vendredi 9 mars 2012, France et Québec célébrait l’amour de la danse en inaugurant la 1ère édition de [Ma Gang de Montréal] au Théâtre de Vanves, avec deux spectacles époustouflants.

Pour débuter ce rassemblement en fanfare, le public vanvéen découvre avec curiosité le coup de cœur du directeur : une création de Marie Béland, « Behind : une danse dont vous êtes le héros ». Dans ce bonbon acidulé de 25 minutes, le public se voit confronté à l’inédit : ne pas voir, seulement deviner, à peine distinguer. Un duo que l’on imagine et dont ni les visages, ni les corps, ne seront dévoilés. Si pénible que regarder dans l’ombre puisse sembler, votre instinct est guide, et le trou de serrure par lequel Béland vous propose de regarder semble, très vite, ne plus déranger. Des rires, des paroles parfois, des bruits fracassants…

Que font-ils ? Qui sont-ils ? D’où vient cette musique ? Autant de questions qui ne trouvent guère de réponse, ou, presque pas. Tout en subtilité, Marie Béland transporte ses spectateurs dans une pièce dévoilée au compte-gouttes, emplie d’une jovialité déroutante, qui ouvre cette première édition avec brio. De quoi avoir, d’ores et déjà, une idée réjouissante de la danse québécoise !

Après une première partie étonnante de bonne humeur, c’est un monstre de la danse québécoise qui attend les spectateurs. 35 ans de métier et une renommée internationale, des tournées dans tous les pays d’Europe : Daniel Leveillé est une habitué du Théâtre de Vanves, et ce, depuis 2004. Il aime sa programmation, et surtout il aime l’équipe, et l’ambiance, nous confie-t-il dans sa loge.

C’est sur un air de Chopin que les trois premiers danseurs, aux allures d’acètes, font leur apparition. La nudité est rude, agressive. Comme dans toutes les pièces de Leveillé depuis 2001, il en fait une exigence. «J’appelle cela « le costume de scène ». Pour moi, la nudité est la meilleure façon d’aller à l’essentiel. Je travaille et écrit pour des corps dans un espace en 3 dimensions, je ne travaille pas avec un sweat-shirt ou une jupette. Je refuse de chorégraphier du superflu». C’est ainsi sur un plateau aussi nu que les danseurs qu’ils vont se produire, dans une lumière qui ne joue pas, pour ou contre, cette nudité.

Durant près d’une heure, six danseurs, cinq hommes et une femme, vont se succéder, par groupe de trois personnes. Le nombre trois n'est pas un hasard, évidemment : "Il est toujours difficile de parler à trois personnes en même temps, par exemple", nous confie Leveillé. "Le nombre trois est complexe, comme dans un triangle amoureux. J'ai vraiment voulu insister là dessus".

Pas d’ensemble ou de mouvements continus, la chorégraphie imaginée par Leveillé est basée sur la répétition, où chacun s’observe, dans une concentration immense exigée par Leveillé lui-même. Acrobaties, technique indéniable, prouesses physiques : les danseurs offrent un spectacle déroutant, où la nudité n’évoque en aucun cas la séduction, où la répétition des actions n’évoque pas forcément la compétition.

En perpétuel mouvement, les spectateurs apprécient le renouvellement continuel des danseurs, et donc, de l’intérêt. Quand un sort des coulisses, de « la maison », un autre rentre. Qui va sortir, cette fois ? « J’ai horreur d’emmerder le public », nous avoue Daniel Leveillé, en riant. « Tellement de fois, en tant que spectateur, j’ai eu à subir des spectacles d’un ennui mortel, que je ne veux surtout pas imposer cela à mon public ! C’est capital dans mon travail. Une grande chorégraphe disait souvent, au Québec : « A quelle heure le punch ? ». C’est exactement ce que je ressens ! ».

Infos pratiques : [Ma Gang de Montréal], au Théâtre de Vanves jusqu’au 24 mars 2012.

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