L'application Stop-Covid finalement disponible dès le 2 juin

Par Manon C., Caroline J., Laurent P. · Publié le 31 mai 2020 à 17h56 · Mis à jour le 31 mai 2020 à 17h58
Une application pour smartphone pour savoir si l’on a côtoyé une personne testée positive au Covid-19 ? C’est l'application baptisée ' Stop Covid ' que lance officiellement le gouvernement le 2 juin, dès 12h. Suite à la pression exercée par l'opposition concernant le "tracking", un débat suivi d'un vote a eu lieu au Parlement le 27 mai.

Le gouvernement lance officiellement son application pour smartphone développée dans le cadre du projet Stop Covid. Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du numérique, a annoncé chez nos confrères de Radio J que l'application serait finalement disponible dès le 2 juin, à 12h, au lieu du dernier week-end de mai. "Mardi midi, les Françaises et les Français pourront (...) trouver l'application et la télécharger" a-t-il ainsi expliqué. Il poursuit : "Nous sommes actuellement en train de pousser l'application sur les stores d'Apple et Google", mais "il y a un temps de revue".

Une application qui doit aider à réduire l'impact du virus : "ce qu'on vise d'abord ce sont les personnes qui vivent dans les villes parce que ce sont elles qui font circuler le virus" explique également le secrétaire d'Etat. Les personnes visées en particulier ? Celles "qui prennent les transports en commun, les personnes qui vont dans les restaurants ou qui vont dans les supermarchés aux heures de pointe", poursuit-il.

Dans un entretien pour Le Monde, Cédric O confiait il y a plusieurs semaines que cette application, utilisable "sur la base du volontariat", permettrait d’alerter les français qui le souhaitent afin de savoir s’ils ont été en contact, pendant une certaine durée, avec une personne infectée par le Coronavirus

Plus concrètement, ce projet de tracking des malades permettra de "limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission". "L’idée serait de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même et si besoin d’être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner", avait ainsi expliqué le secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O pour Le Monde.

"L'application est installée volontairement; lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique", avait tenu à préciser Cédric O. Pour rendre cette application possible, le gouvernement compte utiliser le système du Bluetooth.

Mardi 5 mai, Cédric O annonçait à BFM Business que l'application Stop-Covid devait arriver le 2 juin prochain. Par ailleurs, le secrétaire d'Etat au Numérique a annoncé avoir renoncé aux offres d'Apple et de Google, qui souhaitaient proposer un socle commun pour une application de traçage de contacts. Ces offres "posent selon nous un certain nombre de problèmes en termes de protection de la vie privée et en terme d’interconnexion avec le système de santé" a-t'il précisé.

Bien évidemment, ce système de traçage numérique imaginé par le projet Stop Covid pose plusieurs questions, notamment autour des libertés individuelles et de la vie privée. Un débat suivi d'un vote a également eu lieu ce 27 mai, à l'Assemblée Nationale et dans la soirée au Sénat. Mais le vote des parlementaires n'avait pas pour but d'être contraignant, et les Français devaient pouvoir télécharger l'application dès le week-end de mai.

Pour rassurer les esprits, Cédric O avait assuré, dans les colonnes du Monde, que "l’application ne géolocalisera pas les personnes", avant d'ajouter "Notre hypothèse est celle d’un outil installé volontairement et qui pourrait être désinstallé à tout moment. Les données seraient anonymes et effacées au bout d’une période donnée. Personne n’aura accès à la liste des personnes contaminées, et il sera impossible de savoir qui a contaminé qui. […] Nous veillons à associer étroitement la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés): la version finale de ce projet lui sera évidemment soumise".

Mardi 26 mai, la Cnil a donné son feu vert pour la mise en place de l'application Stop-Covid. La commission "constate que l’application 'StopCovid' ne conduira pas à créer une liste des personnes contaminées mais simplement une liste de contacts, pour lesquels toutes les données sont pseudonymisées" et que "l’application peut être légalement déployée dès lors qu’elle apparaît être un instrument complémentaire du dispositif d’enquêtes sanitaires manuelles et qu’elle permet des alertes plus rapides en cas de contact avec une personne contaminée, y compris pour des contacts inconnus".

Mais la Cnil émet également quelques réserves "L’utilité réelle du dispositif devra être plus précisément étudiée après son lancement. La durée de mise en œuvre du dispositif devra être conditionnée aux résultats de cette évaluation régulière", et demande à ce que les utilisateurs soient davantage informés sur les conditions d'utilisation de l'application, et tout particulièrement les mineurs. Elle souhaite également qu'un décret définisse "un droit à l’effacement des données pseudonymisées enregistrées."

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Informations pratiques

Lieu

Paris
75 Paris

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