Fin des taux de crédit immobilier bas ? tout dépend du dossier

Par Elodie D. · Publié le 13 juin 2020 à 12h08 · Mis à jour le 13 juin 2020 à 12h16
Les taux de crédit auraient augmenté de 0,3 à 0,7 points entre mars et mai 2020. Et en juin, cette tendance à la remontée des taux immobilier se confirme. En cause, la sélection des profils avec un grand apport personnel, une recommandation de la HCSF, et la crise économique et la montée du chômage qui se profilent.

Alors que les taux de crédits immobilier ont, selon les réseaux, augmenté de 0,3 à 0,7 % entre mars et mai, l'observatoire Crédit logement / CSA vient de présenter les tendances pour le mois de mai, et, les taux moyens pratiqués sur le marché étaient en moyenne de 1,25% contre 1,18% en avril 2020.

Si cette hausse est flagrante, elle ne laisse pas entrevoir la grande disparité des taux moyens pratiqués en fonction du dossier des acquéreurs. Les dossiers les plus solides se voient encore proposer des taux de 0,94% tandis que les acquéreurs du 4e groupe, jugés les plus fragiles, se voient bloqués à des taux de 1,60%, pour des prêts sur 20 ans. Ce taux dépasse les 1,80% pour des prêts à 25 ans !

Cette tendance est le fruit des craintes du chômage, qui devrait toucher 1.000.000 de personnes en plus à la fin de l'année selon la Banque de France. En effet, "les risques portés par les établissements prêteurs sur la dette immobilière des particuliers se sont renforcés" selon l'Observatoire crédit logement. Les risques de défaut en cours de remboursement, mais aussi la suppression des aides personnelles à l’accession a relevé les taux. Suite à ces prévisions de crise économique, les établissements de crédit immobilier se sont tournés vers les ménages les plus aisés, avec un plus grand apport personnel.

D'autant que les nouvelles recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) de décembre 2019 préconisent de réserver les prêts aux ménages les plus stables. Le HCSF préconise que le montant total de l'endettement ne doit pas dépasser 7 années de revenus, avec un "taux d’effort à l’octroi des emprunteurs de crédit immobilier qui n’excède pas 33%" de leurs revenus et que la durée du crédit n’excède pas 25 ans. Ces préconisations mettent fin à une longue période de crédit à la limite de la solvabilité, avec des crédits sur 30 ans à 35% du revenu du ménage.

Cependant, le HCSF précise : "Afin de ne pas pénaliser l’accession à la propriété, une partie de la production pourra s’écarter des critères recommandés. La flexibilité admise usuellement pourra aller jusqu’à 15% de la production trimestrielle de nouveaux crédits". Afin de soutenir les primo-accédants et acquéreurs de leur

Bonne nouvelle, la hausse des taux ne devrait pas avoir lieu dans les prochains mois. Interrogé par Le Monde, Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux, explique : « Etant donné les derniers barèmes reçus et la nécessité de relancer le marché de l’immobilier qui a été stoppé pendant deux mois, la politique de taux bas devrait se maintenir, car c’est la clé de la reprise », juge Maël Bernier.

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