Après sa démission, Christophe Girard dénonce "un montage politique" contre Anne Hidalgo

Par Alexandre G. · Publié le 30 juillet 2020 à 12h34 · Mis à jour le 30 juillet 2020 à 12h35
Une semaine jour pour jour après sa démission, l'ancien adjoint à la culture à la Mairie de Paris sort de son silence et s'explique sur ses liens supposés avec l'écrivain Gabriel Matzneff. D'après lui, cette affaire n'est rien d'autre qu'un "fusible" pour court-circuiter la maire de Paris. Des éléments révélés par Mediapart contredisent les affirmations de l'élu.

L'affaire Girard n'en finit plus de secouer l'Hôtel de Ville. L'ancien adjoint à la culture de la Mairie de Paris, Christophe Girard, est au centre d'une polémique depuis un peu plus d'une semaine en raison de ses liens supposés avec l'écrivain accusé de pédophilie, Gabriel Matzneff. Des accusations qui ont poussé Girard à présenter sa démission, alors que des manifestants s'étaient rassemblés devant l'Hôtel de Ville pour exiger son renvoi.

Ce jeudi 30 juillet, au micro de France Inter, celui qui a été maire du 4e arrondissement de Paris a affirmé qu'il n'était rien d'autre qu'un "fusible" dans cette affaire. Témoin de la procédure judiciaire en cours dans l'enquête visant Gabriel Matzneff, la soi-disant proximité de l'ancien adjoint avec l'écrivain polémiste a refait surface au lendemain de la réélection d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Pour se défendre, Girard a accusé un "montage politique pour affaiblir" l'élue socialiste, qui l'avait prolongé dans ses fonctions après avoir eu la confirmation d'un deuxième mandat à l'Hôtel de Ville suite à sa victoire aux municipales.

Quant à son départ précipité, très surprenant compte tenu de l'impact minime de la manifestation devant l'Hôtel de Ville -quelques dizaines de manifestants-, Christophe Girard est persuadé que "c'était la bonne décision". À ses détracteurs, il affirme qu'il "n'a pas démissionné sous la pression", mais qu'il a "fait le choix que ce serait très compliqué et invivable, étant bon connaisseur des États-Unis et du mouvement que l'on appelle cancel culture la mise au pilori, la lapidation des personnes publiques et du monde de la culture" justifie-t-il. 

Aussi, à la lumière des éléments révélés par le journal Mediapart, qui prouvent que l'ancien adjoint a participé à des dîners en présence de Gabriel Matzneff, de surcroît financé par la Mairie de Paris, l'affaire prend une tout autre tournure. Depuis, Girard se démène dans les médias pour convaincre que l'écrivain "n'est pas un ami", et qu'il "le voyait régulièrement" mais pas plus que les "centaines, milliers d'artistes plasticiens, musiciens, poètes" qu'il avait l'occasion de fréquenter. Le seul "grand reproche" que Girard se fait : il confesse n'avoir "sans doute pas suffisamment" lu les écrits de Matzneff. La veille de ces déclarations, c'est sa consoeur Carine Rolland qui a été nommée en remplacement au poste d'adjoint à la culture.  

Informations pratiques

Lieu

Paris
75 Paris

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