Covid : le vaccin russe Spoutnik V efficace à 91,6% selon The Lancet

Par Laurent P., Manon C. · Mis à jour le 4 février 2021 à 13h32 · Publié le 4 février 2021 à 11h22
Alors que les résultats du vaccin russe contre la Covid, Spoutnik V, ont suscité en novembre 2020 de nombreux doutes, au vu du manque de transparence de ceux-ci et des étapes brûlées dans l'élaboration dudit vaccin, des experts indépendants ont publié, mardi 2 février, leurs propres analyses dans la revue The Lancet. Et bonne nouvelle : Spoutnik V est bel et bien efficace, à 91,6% au lieu des 95% annoncé. Un vaccin en attente de validation dans l'Union européenne, pour une prochaine commercialisation.

Une bonne nouvelle dans la lutte contre la Covid dans le monde... Spoutnik V, le vaccin russe sujet à la controverse en raison du manque de transparence dans les résultats de ses essais cliniques, entre autres, a été l'objet d'une nouvelle analyse de données, après publication de celles-ci, par une équipe d'expert indépendant. Leurs résultats ont été publiés mardi 2 février 2021 dans la revue The Lancet et indiquent que ce vaccin est bel et bien efficace contre le coronavirus à 91,6%, au lieu des 95% annoncé il y a plusieurs mois.

"Le développement du vaccin Spoutnik V a été critiqué pour sa précipitation, le fait qu'il ait brûlé des étapes et une absence de transparence. Mais les résultats rapportés ici sont clairs et le principe scientifique de cette vaccination est démontré", ont ainsi expliqué les professeurs Ian Jones et Polly Roy, deux chercheurs britanniques ayant travaillé sur cette analyse. Des résultats qui classent ainsi ce vaccin parmi les plus performants, après celui des laboratoires Pfizer et BioNTech et leur produit "efficace à 95%"les 90% d'efficacité du vaccin d'AstraZenaca, et celui du vaccin Moderna à 94,5%

Développé par le centre de recherches Gamaleïa à Moscou, le vaccin russe avait déjà fait beaucoup fait parler de lui les mois passés. Vanté par Vladimir Poutine lui-même, celui-ci avait déjà donné des résultats encourageants comme le rapportait la revue médicale The Lancet dans un article publié le 4 septembre 2020.

Tout comme le vaccin d'AstraZeneca, Spoutnik V est un vaccin à vecteur viral, utilisant une base de virus rendu inoffensif et calibré pour éradiquer la Covid dans les cellules. Une différence, tout de même, avec le vaccin d'AstraZeneca : alors que celui-ci utilise un adénovirus de chimpanzé, Spoutnik V utilise de son côté deux adénovirus humains, tous deux différents pour chacune des injections. Une différence qui, selon les chercheurs russes, pourrait provoquer une meilleure réponse immunitaire au virus.

Quoiqu'il en soit, "La publication dans The Lancet constitue une réponse puissante aux sceptiques qui ont critiqué de manière déraisonnable le vaccin russe", avait par ailleurs indiqué Kirill Dmitriev, le directeur du fonds souverain russe chargé du développement et de la commercialisation de ce vaccin. 

Le 11 novembre dernier, le Fonds d'investissement direct russe déclarait que sur les 16 000 participants à l'essai clinique du vaccin Spoutnik V, 20 avaient contracté le Coronavirus. Et le fonds souverain russe de préciser que le risque de contracter le virus était inférieur de 92% chez les personnes vaccinées avec leur vaccin, par rapport à celles ayant reçu le placebo. 

Mardi 24 novembre, le laboratoire Gamaleïa annonçait que d'après les résultats préliminaires, le vaccin Spoutnik V était efficace à 95 %. Ces résultats ont été obtenus sur des volontaires 42 jours après l'injection de la première dose, ont indiqué le ministère russe de la Santé et le Fonds souverain russe. Les scientifiques russes chargés du développement du vaccin ont également annoncé que leur recherche serait publiée sous peu "dans une des principales revues médicales au monde et évaluée par des pairs".

Par ailleurs, le Fonds souverain russe précisait, dans son communiqué, que "le prix d'une dose de Spoutnik V pour le marché international sera de moins de 10 dollars", et que la vaccination serait entièrement gratuite pour les citoyens russes. 

En Europe, une demande de commercialisation a été déposée par la Russie à l'Agence européenne du médicament. Le régulateur européen doit statuer sur une validation dans le courant du mois de février 2021.

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