L'école obligatoire pour les enfants dès 3 ans en 2021

Par Elodie D. · Publié le 2 octobre 2020 à 20h57 · Mis à jour le 2 octobre 2020 à 20h58
L’école va devenir obligatoire pour tous les enfants dès 3 ans à partir de la rentrée 2021, dans le cadre de la lutte contre les séparatismes. Actuellement, 50.000 enfants se trouvent « hors du système » et peuvent être victimes des « dérives » de l’instruction à domicile, dont la déscolarisation ou le communautarisme. Seuls les enfants ayant des impératifs de santé pourront continuer l’école à la maison.

Ce fut une annonce forte du discours d’Emmanuel Macron sur la laïcité de ce vendredi 2 octobre 2020. L’instruction à l’école serait rendue obligatoire dès l’âge de trois ans à partir de la rentrée 2021, et l'école à la maison, « strictement limitée, notamment aux impératifs de santé ».

Pour Macron, cette décision de rendre l'école à la maison interdite est « sans doute des plus radicales depuis la loi de 1882 (la loi Ferry qui rend l’instruction obligatoire jusqu'à 16 ans) ou celle sur la mixité à l’école en 1969 ».

Le président de la République a argumenté sa décision en expliquant que certains enfants sont déscolarisés et « vont dans des structures qui ne sont nullement déclarées. (…) Des structures très simples : des murs, presque pas de fenêtres ; des enfants qui arrivent à 8 heures chaque jour et qui repartent à 15 heures ; des femmes en niqab qui les accueillent ; et lorsqu’on les interroge : les prières, certains cours, voilà leur enseignement. »

Si ce phénomène est marginal et ne concernerait que des « centaines, des milliers d’enfants partout sur notre territoire », le nombre d’enfants scolarisés à la maison augmenterait chaque année. Certains parents demanderaient des « certificats [d’absence] pour allergies au chlore » afin d'éviter certains cours de sport à leurs enfants.

Mais hors de question de stigmatiser la culture arabe pour Emmanuel Macron. Le président a ainsi plaidé pour l’enseignement de la langue arabe à l’école en évoquant la richesse de « cette culture plurielle ». Il déclare ainsi que l’État doit « s’engager et soutenir ce qui doit, dans notre pays, permettre de faire émerger une meilleure compréhension de l’Islam ».

Le projet de loi sera débattu en Conseil des ministres le 9 décembre. De nombreux avocats ont déjà évoqué une loi anti-constitutionnelle. Par exemple, Jean-Baptiste Chevalier, avocat au barreau de Rennes, explique que "la liberté de l'enseignement, qui implique la liberté des parents de choisir le mode d'éducation de leurs enfants, est un principe constitutionnel". Affaire à suivre.

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