Taxe d’habitation : des milliers de Français exonérés en 2020 devront la payer en 2021

Par Cécile D., Caroline J. · Publié le 12 janvier 2021 à 10h37 · Mis à jour le 12 janvier 2021 à 10h37
La suppression de la taxe d'habitation se révèle bien compliquée : en 2020, 80% des Français étaient exonérés, certains ont même pu bénéficier d'un remboursement. En 2021, des centaines de milliers de personnes devront à nouveau payer la taxe. Explications.

Souvenez-vous, Emmanuel Macron l’avait promis lors de sa campagne. La suppression de la taxe d’habitation, qui sera progressive jusqu’en 2023, a concerné en 2020 80% des contribuables, pour un gain moyen d’environ 600 euros par foyer.
Parmi ces ménages, certains ont profité d'une hausse significative de revenus dans l'année, ou on déclaré un changement de situation. Ces évolutions rendent des centaines de milliers de Français à nouveau éligibles au paiement de la taxe d'habitation.

L'année précédente, ceux qui ne dépassaient pas un certain seuil de revenu fiscal étaient donc exonérés. Le site impots.gouv.fr a mis en place un simulateur pour répondre à cette question. Pour ne pas payer la taxe d’habitation de 2020, votre revenu fiscal de référence de 2019 ne doit pas dépasser les plafonds ci-dessous :

  • 27 706 € pour 1 part ;
  • 35 915 € pour 1,5 part ;
  • 44 124 € pour 2 parts ;
  • 50 281 € pour 2,5 parts ;
  • 56 438 € pour 3 parts ;
  • 62 595 € pour 3,5 parts.

D’autre part, les Françaises et Français, mensualisés par les impôts, ont bénéficié d'un remboursement. « 6,8 millions de remboursements seront effectués par virement les 6 et 7 octobre pour un montant total de 1,5 milliard euros », avait précisé le ministère chargé des comptes publics dans un communiqué.

Concernant les foyers les plus aisés, les 20% restant, ils devront patienter jusqu’en 2023 pour se voir totalement exonérer de cette taxe d’habitation. Entre-temps, ils devraient constater une diminution progressive du montant de la taxe.

La Direction générale des Finances publiques (DGFIP) a avoué au Parisien que de nombreux foyers - dont on ne connaît pas le nombre exact - ont vu leurs revenus augmenter en 2020, les rendant éligibles à la taxe d'habitation de 2021. Cette situation peut avoir de multiples causes : augmentation de salaire, mariage, divorce, départ d'un enfant du foyer fiscal...

Eudes Baufreton, délégué général de l'association Contribuables associés explique à nos confrères que « ces personnes-là ne le savent pas encore. Ils le découvriront début octobre, en recevant leur avis d'impôt. J'encourage les contribuables concernés, le moment venu, à faire des recours gracieux. Car c'est l'équivalent d'un rappel de charges, ni plus ni moins. » Une mauvaise surprise à venir donc, pour ces ménages.

Une situation similaire s'était produite en 2020 : 800 000 foyers fiscaux, qui avaient bénéficié de l'allègement de la taxe d'habitation en 2019, ont dû payer celle de 2020. Ces va-et-vient sont tout à fait normaux, selon Anne Guyot-Welke, la secrétaire nationale de Solidaires Finances publiques. « C'est le schéma classique lorsqu'un plafond détermine l'éligibilité à un impôt », explique cette membre du premier syndicat des impôts.

Afin de rassurer un peu ceux qui vont devoir payer la taxe d'habitation à l'automne prochain, la DGFIP rappelle que la taxe 2021 sera tout de même amputée d'un tiers, conformément au plan de diminution progressive prévu par le gouvernement.

En revanche, notez que la contribution à l'audiovisuel public, la fameuse redevance télé, qui figure habituellement sur l'avis de la taxe d'habitation, n’est pas supprimée et doit donc être payée. Cette année, elle s’élève à 138 euros.

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