Inégalité salariale : #3novembre9h22, jour où les femmes commencent à "travailler gratuitement"

Par Caroline J., Elodie D. · Publié le 3 novembre 2021 à 08h22
Le hashtag #3novembre9h22 apparaît en top tweet ce mercredi 3 novembre, mais pourquoi ? Selon le collectif féministe "Les Glorieuses", les femmes commencent à "travailler gratuitement" à partir de ce 3 novembre 2021 à 9h22 très précisément et, ce, en raison des inégalités salariales. On vous explique ce qu'il se cache derrière cette date symbolique.

Le combat contre les inégalités salariales est loin d’être gagné si l’on en croit le mouvement des Glorieuses et son hashtag, #3novembre9h22. Symbolisant le moment où les femmes commencent à "travailler gratuitement", il est calculé chaque année selon un principe économique bien précis.

Prenez un homme, payé 4000 euros par mois, et une femme, payée 2000 euros, pour le même travail. D’un côté, on peut se dire que la femme n’a pas assez négocié son contrat, et d’un autre côté, on peut se dire que son patron a bien profité de sa générosité.

Mais la finalité est la même, elle va travailler le même nombre d’heures que son collègue homme, voire plus si l’on en croit des statistiques sur l’implication au travail, pour un salaire deux fois moins élevé. 

Partant de cela, et en reprenant les données statistiques d’Eurostat qui indiquent qu'en 2021 les femmes touchent 16,5% de revenus en moins que les hommes (contre 15,5% l'an passé), on arrive donc à cette date et cette heure symboliques du #3novembre9h22, selon les calculs du collectif féministe "Les Glorieuses". 

En 2020, le moment fatidique où les femmes ont commencé à travailler gratuitement était le 4 novembre, à 16h16, ce qui correspond à une différence de revenu de 15,5 %. Comme l'explique Rebecca Amsellem, économiste et fondatrice de la newsletter féministe "Les Glorieuses", « l’inégalité salariale se creuse avec un écart de salaire de 16,5% , un pourcentage en hausse constante depuis 2018 ». Aussi, selon la militante, « ce constat est sans appel : des mesures concrètes doivent être mises en place dès aujourd’hui afin d’éviter d’attendre 2234 pour voir naître l’égalité salariale ». « Oui, l’égalité coûte de l’argent, il en va de même pour sauver l’industrie aéronautique. Et c’est un choix que le gouvernement est en mesure de faire pour ses citoyens et citoyennes. » ajoute-t-elle dans un communiqué. 

"Les Glorieuses" appellent donc les femmes (et les hommes) à signer une pétition sur son site internet, à l’attention des candidats et candidates à l’élection présidentielle de 2022. Parmi leurs revendications ? Celui d'appliquer le principe d’éga-conditionnalité, mais aussi revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses ou encore soutenir un congé parental payé de manière équivalente pour les deux parents, comme cela est déjà le cas en Suède. 

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