Covid-19 : le confinement du printemps à l'origine d'une baisse des résultats scolaires en CP et CE1

Par Cécile D. · Publié le 10 novembre 2020 à 14h06 · Mis à jour le 10 novembre 2020 à 14h06
Le ministère de l’Education nationale a dévoilé ce lundi le résultat des évaluations nationales de CP, CE1 et 6e, témoignant d'une baisse générale du niveau des élèves, à cause du confinement qui a duré de mars à mai 2020.

Le ministère de l'Education nationale avait prévu, à la rentrée du septembre 2020, de faire passer aux élèves des tests de niveau, pour évaluer l'impact du premier confinement sur l'apprentissage des enfants. Les résultats sont tombés lundi 9 novembre 2020 : on constate une baisse des résultats scolaires dans les classes de CP et de CE1, mais pas en 6e.

Ce que nous apprend ce rapport qui témoigne du niveau des écoliers après le confinement de début d'année, c'est que de nombreuses inégalités subsistent à l'école. Suite aux évaluations nationales en CP, CE1 et 6e, qui se sont déroulées à partir du mois de septembre, « On constate une baisse du nombre d’élèves de CP ayant une maîtrise satisfaisante quel que soit le domaine », observe Fabienne Rosenwald, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp).

En français, la baisse de niveau est considérable. Concernant la manipulation des syllabes, on note une baisse de  2 points par rapport à ceux ayant été évalués en 2019. Ils étaient ainsi 79,3 % à arriver à distinguer les sons en 2020, contre 81,3 % en 2019. La baisse de niveau est de 1,2 point concernant la compréhension des mots lus par l’enseignant : 69,1 % des élèves maîtrisent cette compétence cette année, contre 70,3 % l’an dernier. 

En maths, le niveau a chuté de 0,7 point pour écrire des nombres entiers et de 1,7 point pour résoudre des problèmes (de 66,1% à 64,4%). Les résultats sont à peu près équivalents chez les élèves du public, du privé et de l’éducation prioritaire. Même si ces derniers sont plus nombreux à éprouver des difficultés. « Le moindre équipement informatique des familles défavorisées est l’une des explications de leurs résultats aux évaluations », souligne Fabienne Rosenwald.

En classe de CE1, le français est toujours la bête noire des élèves. Et pour cause :  « Entre février et juin, les élèves de CE1 passent généralement de la lecture de mots à la lecture de phrases. Et c’est justement le moment où ils ont été confinés », explique Édouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire. Ainsi, l'aptitude des écoliers à lire à voix haute chute de 4,3 points par rapport à 2019 (68,3 % y parviennent, contre 72,6 % l’an dernier), et leur capacité à écrire des mots plonge de 4,5 points (72,6 % maîtrisent cette compétence, contre 77,1 % l’an dernier). Le niveau en maths reste stable.

Jean-Michel Blanquer confirme que les élèves de l'éducation prioritaire ont plus soufferts que les autres de ce confinement : « Les élèves issus des milieux les plus défavorisés ont été les plus touchés par les modifications, voire la prise de distance vis-à-vis de l’école qu’a entraînée le confinement », commente le ministre.

La victoire des 6e

Une surprise ressort de cette évaluation nationale : les collégiens s'en sont bien sortis pendant le confinement. Les résultats des 6e montrent qu'ils progressent même en français par rapport à leurs camarades évalués en 2019 (+ 4,8 points) et en maths (+ 2,9 points). Et le test de fluence, ajouté aux évaluations cette année, montre de 53 % des élèves lisent plus de 120 mots par minute et que seuls 15 % sont en dessous. Mais les écarts se sont accrus en maths entre les élèves entrant en 6e en éducation prioritaire et les autres.

Edouard Geffray explique que ces bons résultats sont dus aux dispositifs mis en place par l'Education nationale pour soutenir les élèves en difficulté : : « Les élèves de CM2 ont été nombreux à bénéficier de stages de réussite pendant les vacances scolaires ». « L’autonomie acquise par les élèves leur a sans doute permis de mieux s’approprier les démarches et les ressources proposées à distance », ajoute Jean-Michel Blanquer.

Les résultats de cette enquête doivent sûrement conforter l'exécutif dans sa décision de ne pas fermer les établissements scolaires pendant ce deuxième confinement, en dépit des lourdes pertes enregistrées en cette fin d'année. 

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