Covid : L'Assemblée nationale valide la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin

Par Cécile D. · Photos par Laurent P. · Publié le 21 janvier 2021 à 10h12 · Mis à jour le 21 janvier 2021 à 10h43
L'état d'urgence sanitaire est une nouvelle fois en passe d'être prolongé : l'Assemblée nationale a validé son extension jusqu'au 1er juin 2021, par 113 voix contre 43. Le Sénat doit voter à son tour le 27 janvier.

Discuté en Conseil de défense mercredi 20 janvier, et présenté dans la foulée à l'Assemblée nationale, le projet de loi pour la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin 2021 a été validé. Les députés ont tranché, à 113 voix contre 43, mais ils ont fait savoir leur lassitude et leur dépit face à ce scénario qui s'allonge toujours plus.

Les élus de droite comme de gauche ont protesté lorsqu'Olivier Véran est venu une fois de plus leur demander d'étendre cet état d'urgence sanitaire, qui prive le Parlement d'une partie de ses pouvoirs au profit de l'exécutif.

Le ministre de la Santé a assuré comprendre « la lassitude et le souhait de sortir de la crise, mais aujourd’hui nous ne pouvons nous priver d’aucun outil pour combattre le virus. » Il ajoute : « la circulation de l’épidémie se maintient à un niveau élevé et tend à s’accélérer de nouveau. (…) L’épidémie est sur un fil. »

Des arguments qui ne persuadent qu'à moitié les députés. Si le projet de loi a bien été validé, le gouvernement a fait face à une montée des protestations. Les socialistes ont même présenté une motion de censure, qui n'a pas abouti. Tous les groupes parlementaires ont eu leur mot à dire.

Le Monde rapporte des propos énervés, parfois insultants : « Ça suffit, les pleins pouvoirs. Nous ne voulons plus vous donner les mains libres »a protesté Ugo Bernalicis, député La France insoumise du Nord. « Vous resterez le ministre des fiascos sur les tests, des fiascos sur les masques, des fiascos sur les vaccins »a lancé le député Les Républicains (LR) du Vaucluse Julien Aubert au ministre de la Santé.

Côté UDI, Pascal Brindeau, député du Loir-et-Cher, est amer : « Je crois que jamais sous la Ve République l’Assemblée nationale n’a été autant un théâtre d’ombres. Car au final à quoi servent nos débats ? A rien. » Même au sein du groupe majoritaire, la tension monte : Olivier Becht, député du Haut-Rhin et président du groupe Agir, groupe allié de la majorité, rappelle qu'il n'est pas acceptable de « donner un chèque en blanc sans débattre du fond de la stratégie ».

Olivier Véran, agacé par cette opposition qui s'agite de plus en plus, déplore « une espèce d’outrance permanente (…) des parlementaires ou des élus locaux. (…) Je crois que ça commence un peu à lasser les Français. »

Le Sénat doit discuter en première lecture de ce projet de loi mercredi 27 janvier, en vue d'une adoption définitive avant le 16 février, date actuelle de fin d'application de l'état d'urgence sanitaire.

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