Nouveaux trains du RER B : Alstom temporise, la SNCF et la RATP accélèrent

Par Alexandre G. · Publié le 12 janvier 2021 à 12h41 · Mis à jour le 12 janvier 2021 à 12h48
Dans le but de renouveler les trains de la deuxième ligne la plus fréquentée d'Europe, la RATP et la SNCF veulent faire aboutir l'appel d'offres avant le 29 janvier 2021. Seul obstacle en travers de la voie : Alstom, le constructeur français, qui s'estime floué et porte plusieurs recours en justice depuis novembre 2020.

Qui sera le grand gagnant du gigantesque contrat de renouvellement des trains du RER B ? Avant le 29 janvier 2021, la RATP, la SNCF ainsi qu’Île-de-France Mobilités -les trois entreprises en charge du transport ferroviaire de voyageurs dans le Bassin parisien- doivent désigner l'entreprise en charge de livrer les 146 nouveaux trains flambants neufs qui circuleront sur les rames de la ligne RER B dès 2025. 

Pour l'heure, les constructeurs Alstom (France) et Bombardier (Canada), allié à l'espagnol CAF, se disputent le contrat évalué à 2,5 milliards d'euros. D'ailleurs, a priori rien ne pouvait empêcher le constructeur français Alstom d'avoir la main mise sur ce marché : la fusion avec Bombardier doit être effective le 29 janvier, pour donner naissance au deuxième groupe mondial de matériel ferroviaire. Qu'à cela ne tienne, Alstom s'est décidée depuis le 23 novembre dernier à poursuivre la RATP et la SNCF en justice, pointant du doigt une modification illégale de l'appel d'offres par les deux entreprises publiques. 

Pour la RATP, il s'agirait là d'une manoeuvre de diversion dont le seul but reste de gagner du temps. Pourquoi jouer l'horloge, quand la victoire est déjà acquise ? D'après une source proche du dossier interrogée par Le Parisien, Alstom "estime que si Bombardier remporte le marché, l'offre canadienne ne sera pas assez rémunératrice, voire pas viable, économiquement". "Si le choix du vainqueur se fait après le 29 janvier, Alstom aura tout le loisir de revoir l'offre de Bombardier", indique-t-elle. Aussi, cette même source précise que "le vainqueur de l'appel d'offres sera probablement Bombardier-CAF, et ça, Alstom ne l'accepte pas". 

Éviter les surcoûts pour le contribuable

À en croire d'autres sources questionnées par le quotidien francilien, Alstom propose une facture 500 millions d'euros plus élevés que celle de son principal concurrent. Seulement, Île-de-France Mobilités et les deux entreprises publiques sont bien décidées à ne pas se ruiner. Quitte à passer à la vitesse supérieure : si l'appel d'offres est relancé, cela signifie des délais de construction rallongés, et des surcoûts qui pourraient se chiffrer à plusieurs millions d'euros. Sans compter que ce sont les contribuables qui en font les frais. 

Concernant le premier recours déposé par Alstom le 23 novembre, la justice s'est prononcée en faveur du constructeur français, en sommant la RATP et la SNCF d'accepter les modifications d'offres de la part des deux candidats. De nouvelles offres formulées et déposées le 4 janvier 2021, qui doivent être rapidement validées par le Conseil d'administration de la SNCF qui se réunit ce mercredi 13 janvier. Dans les prochains jours, la RATP devrait faire de même, avec l'objectif de voir le contrat bouclé d'ici la fin du mois. 

Informations pratiques

Lieu

1er Arrondissement
75001 Paris 1

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