Destitution de Donald Trump : le Congrès a voté sa mise en accusation, Trump appelle à l'unité

Par Cécile D. · Publié le 14 janvier 2021 à 10h27 · Mis à jour le 14 janvier 2021 à 10h49
Après les violences commises au Capitole par ses supporters, Donald Trump est accusé d'"incitation à l'insurrection". Il devient le premier président de l'Histoire américaine à subir deux procédures de destitution. Le président américain se dit "victime de la plus grande chasse aux sorcières de l'Histoire".

Il n'y croyait pas. Donald Trump se disait certain d'échapper à une seconde procédure de destitution, mais la Chambre des représentants l'a fait mentir : les membres du Parlement américains ont voté la mise en accusation du 45e président des États-Unis, à 232 voix contre 197Dix élus républicains ont choisi de tourner le dos au président et ont ajouté leurs voix à celles des démocrates. Donald Trump entre donc dans l'Histoire en devenant le premier président à faire l'objet de deux procédures de destitution.

Il faut à présent attendre le vote du Sénat (toujours en vacances), pour connaître le sort de Donald Trump. Ce jugement ne sera pas rendu avant le 19 janvier, au minimum. L'intérêt des démocrates est - plus que de démettre le président de ses fonctions - de saborder tout l'avenir politique de Trump.

L'article d'accusation ne s'arrête pas aux événements du Capitole : le jugement porte également sur la tentative de corruption de l'élection : Donald Trump avait en effet fait pression sur le représentant de la Géorgie pour qu'il « trouve » les voix qui lui manquaient pour faire basculer le vote en sa faveur.

Plusieurs heures après le vote, dans une vidéo publiée mercredi 13 janvier au soir, Donald Trump se montre solennel, assis dans le Bureau ovale. Le président ne mentionne pas la procédure de destitution dont il fait l'objet, et il ne reconnaît toujours pas sa responsabilité dans les événements qui ont secoué l'Amérique la semaine précédente.

Donald Trump s'adresse à ses partisans« La violence de la foule va à l'encontre de tout ce en quoi je crois et de tout ce que notre mouvement défend. Aucun de mes vrais partisans ne pourrait jamais cautionner la violence politique. Aucun de mes vrais partisans ne pourrait jamais manquer de respect à la loi et à l'ordre. » Dans un communiqué publié sur le compte de la Maison-Blanche, il insiste : « PAS de violence, PAS de délits, PAS de vandalisme. »

L'espoir de Trump

Le 45e président des États-Unis s'est exprimé pour la première fois mardi 12 janvier, après les événements qui se sont déroulés au Capitole six jours plus tôt. Donald Trump a jugé que son discours qui a poussé les manifestants à entrer dans le Capitole - celui-là même qui lui vaut d'être l'objet d'une procédure de destitution pour « incitation à l'insurrection » - était « tout à fait convenable ». Dans la foulée, il a dénoncé son bannissement de plusieurs plateformes de réseaux sociaux, dont Twitter, Facebook, Youtube, Snapchat ou Tik tok.

Face à la menace de destitution, et à son bannissement des réseaux sociaux, Donald Trump se pose en victime. « C'est la poursuite de la plus grande chasse aux sorcières de l'Histoire », s'énerve-t-il face à la foule venue l'écouter devant la Maison-Blanche.

Le républicain affirmait ne pas craindre cette destitution, qu'il qualifiait de « totalement ridicule ». Cette menace face au mandat de Trump susciterait « une immense colère » dans le pays selon lui. Il a rappelé cependant à ses supporters qu'il « ne veut pas de violence. » « Le temps de l’apaisement est venu pour notre pays, le temps de la paix et du calme », a ajouté le président américain dans la même journée lors d'un déplacement au Texas.

Le risque de voir se répéter les événements du Capitole n’est cependant pas à prendre à la légère : de nombreuses manifestations pro-Trump sont déjà prévues dans tout le pays jusqu'à l'investiture de Joe Biden le 20 janvier ; une investiture elle-même en danger. 15 000 soldats de la Garde nationale ont été déployés pour protéger le 46e président des États-Unis et sa vice-présidente Kamala Harris.

Donald Trump a-t-il raison de penser qu'il ne sera pas destitué huit jours avant la fin de son mandat ? Mike Pence, son vice-président, a refusé d'entamer une telle procédure, et de nombreux ministres ont démissionné pour ne pas avoir à voter à ce sujet. 

Pour le Washington Post, le président n'est cependant pas sorti d'affaire. Le journal américain explique que la procédure peut se poursuivre même après la passation de pouvoir entre Trump et Biden.

Le but de cette procédure n'est plus d'expulser le républicain de la Maison-Blanche. Les démocrates veulent désormais envoyer un symbole fort, et estiment que Donald Trump ne peut rester impuni, alors que des membres du Congrès américains ont été mis en danger par ses propos. Ses détracteurs veulent que le président républicain entre dans l'Histoire comme étant le premier président à avoir fait l'objet de deux procédures de destitution.

Cependant, cette procédure entamée par le Congrès n'est pas qu'un message. Si elle aboutit, elle empêchera Donald Trump de se représenter aux élections présidentielles de 2024, et l'éloignera de toute fonction fédérale à l'avenir - il n'aurait donc plus d'avenir en politique. 

Le président sortant avait déjà manifesté son désir de revenir en 2024. S'il est destitué, démocrates et républicains n'auraient plus à se soucier de la tornade Trump. 

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