Île-de-France : 9 000 places manquantes dans les prochaines années dans les lycées de la région

Par Cécile D. · Publié le 3 février 2021 à 10h39 · Mis à jour le 3 février 2021 à 10h40
La région Île-de-France a mis sur pied un programme pour créer 21 600 places supplémentaires dans les lycées d'ici 2030. Un chiffre encore trop juste selon une étude récente, puisque 9 000 jeunes pourraient se retrouver sans place.

L'Île-de-France est en pleine expansion, et elle doit s'adapter pour pouvoir accueillir tous ses nouveaux habitants. Les jeunes notamment sont de plus en plus nombreux, et « plus précisément [des] jeunes en âge d'aller au lycée », conséquence de « l'impact de la croissance démographique et [du] baby-boom de 2000 à 2010 », selon une étude de l'Institut Paris Région, à paraître jeudi 4 février, et que Le Parisien a pu consulter.

Cette hausse de population entraîne quelques problèmes : les places en lycées ne seront bientôt plus suffisantes pour accueillir tous les jeunes en âge d'y étudier. 

Le conseil régional d'Île-de-France prévoyait la création de 21 600 nouvelles places d'ici 2030. Un chiffre insuffisant selon l'agence régionale, puisqu'il faudrait trouver encore 9 000 places pour caser tous les futurs lycéens. Valérie Pécresse, présidente du conseil régional, n'a pas caché sa surprise à nos confrères du Parisien après l'annonce de ces résultats : la région est prise de court et doit s'activer pour trouver une solution.

L'Institut Paris Région prévoit qu'en dix ans, le nombre de lycéens en Île-de-France va passer de 521 908 à 552 508 élèves. Face à eux, 465 lycées publics, et une augmentation de 900 millions d'euros au budget prévu de six milliards d'euros, afin d'effectuer les travaux d'aménagement nécessaires à l'accueil de ces nouveaux élèves.

Chaque département de la région a besoin d'une aide adaptée : toutes les zones ne sont pas égales face à l'arrivée de nouveaux habitants. Paris perd de la population, mais un département comme le Val-d'Oise doit créer 2 400 places supplémentaires. En Seine-Saint-Denis, dans le secteur Aulnay-Drancy, on s'attend à un besoin de 1 600 nouvelles places. L'Essonne table sur 1 000 places en plus. En Seine-et-Marne, de Meaux à Coudray et de Moissy-Cramayel à Mennecy, ce sont 1600 places à trouver, tout comme dans le Val-de-Marne, dans les secteurs ouest et Choisy-Thiais. Les Yvelines, du côté de Conflans-Poissy, ne devraient accueillir que 400 nouveaux adolescents.

Face à ces besoins différents, Valérie Pécresse prévoit des réponses différentes. « Nous travaillerons en collaboration avec les élus, les proviseurs, et réfléchirons avec les recteurs à la carte des formations. Il faudra également regarder le foncier disponible, les transports… Chaque territoire va faire l'objet d'une étude réalisée sur la base d'une concertation locale pour savoir comment répondre à la demande », explique la présidente du conseil.

Elle ajoute que là où la population augmente le plus, « comme sur le secteur Sarcelles-Gonesse (Val-d'Oise), où on attend 1 200 places, il faudra construire un lycée. Reste à décider dans quelle ville. Quand le besoin est de 400 places, comme à Meaux, on part davantage sur une extension du lycée existant… Tout cela nécessite de la réflexion et des échanges avec les élus. »

La région ne reste donc pas les bras croisés en attendant de voir arriver la vague de jeunes lycéens. Depuis quelques années, un programme de développement crée régulièrement des places dans les lycées : « depuis 2016, nous en avons créé 5 161. Et 12 245 nouvelles places seront disponibles d'ici à 2025, dont 3 000 seront livrées dès la rentrée prochaine », assure Marie-Carole Ciuntu, vice-présidente à la région en charge des lycées.

L'Île-de-France entend également développer l'offre d'études supérieures dans les départements, afin de proposer des formations sur tout le territoire. « Nous souhaitons ouvrir beaucoup plus de classes post-bac (BTS, IUT). On sait que c'est intéressant pour une ville de pouvoir accueillir ses étudiants, surtout pour les jeunes de familles modestes, ça leur permettrait de poursuivre leurs études sans quitter le nid familial », dévoile Valérie Pécresse.

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