SDF : la mairie de Paris demande à l'Etat de lancer le plan "Grand froid" dans la capitale

Par Cécile D. · Publié le 9 février 2021 à 10h28 · Mis à jour le 9 février 2021 à 10h28
Le plan "Grand froid" permet d'ouvrir en urgence des dispositifs d'hébergement pour accueillir les plus précaires comme les personnes sans abri. Ce plan est déjà activé dans le Nord et le Pas-de-Calais.

Pas de doute, l'hiver est bien là, et avec lui des températures glaciales, des pluies battantes voire même de la neige. Des conditions extrêmes pour toutes les personnes forcées de vivre dans la rue. Pour leur venir en aide, la mairie de Paris a demandé à l'État d'activer le plan "Grand froid" dans la capitale. Ce dispositif permet d'ouvrir de nouveaux lieux d'accueil afin d'offrir un abri de jour comme de nuit aux SDF.

Sur le plateau de France Info, le 8 février 2021, l'adjointe à la maire de Paris en charge des solidarités, de la lutte contre les inégalités et contre l'exclusion, Léa Filoche a pressé les autorités à agir. « Je pense que l'État doit utiliser [ce plan] en urgence pour mettre à l'abri les personnes qui, aujourd'hui, en plus de subir les effets de la crise sanitaire, vivent dans le froid », martèle l'adjointe.

Le plan "Grand froid", déjà activé dans le Nord et le Pas-de-Calais, permet en outre de réquisitionner des hôtels. Une mesure nécessaire actuellement, puisque toutes les places ouvertes aux personnes sans abri sont déjà occupées. « Aujourd'hui, si on veut mettre une nouvelle personne à l'abri, il faut faire sortir quelqu'un d'un dispositif : ce n'est pas possible », explique Léa Filoche.

Combien de places faudrait-il ouvrir en plus ? Impossible à dire. Selon l'adjointe, « c'est le rôle de l'État de voir cela. Ce que nous disons, c'est qu'il y a des possibilités liées notamment aux effets de la crise. On a des mètres carrés qui sont disponibles à Paris qu'on n'aurait pas pu imaginer ne serait-ce que l'hiver dernier. C'est valable pour les hôtels, pour les bureaux, pour des salles d'exposition. Il y a des mètres carrés disponibles (...) que l'État doit utiliser en urgence », afin d'éviter des drames. 

La crise sanitaire a également eu un impact sur les centres d'hébergement. Les impératifs de distance entre les personnes et les lits ont réduit le nombre de SDF qu'un centre pouvait accueillir. Résultat : les dispositifs associatifs et municipaux sont pleins. Léa Filoche réclame donc l'ouverture de nouvelles places, y compris pour la journée. « Il faut des accueils de jour aussi parce qu'il ne fait pas froid que la nuit. Il fait froid aussi en journée. » L'adjointe en charge des solidarités ajoute que les personnes précaires ont besoin de « lieux de repos, pour pouvoir manger et avoir un temps d'échanges précieux. »

Le plan "Grand froid" permet également de mettre en place des maraudes nocturnes et diurnes. Une aide supplémentaire pour les personnes qui en ont besoin, et qui viendrait s'ajouter aux maraudes que la Ville de Paris organise « tous les soirs de la semaine à partir du moment où il fait des températures inférieures à 0. »

Actuellement, selon Léa Filoche, 136 000 personnes sont hébergées chaque soir dans des centres d'aide en Île-de-France, dont 25 000 à Paris. 

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