Quelle est l'origine du Covid-19 ? La recherche est "au point mort", regrettent les experts de l'OMS

Par Cécile D., Rizhlaine F. · Mis à jour le 26 août 2021 à 15h08 · Publié le 26 août 2021 à 12h29
Voilà plus d'un an que l'épidémie de Covid-19 se propage à travers le monde. Mais l'origine de cette maladie demeure toujours un mystère. Après une première enquête sans conclusions satisfaisantes, les scientifiques craignent de ne jamais découvrir le fin mot de l'histoire.

Quel est l'effet papillon à l'origine du Coronavirus ? Depuis plus d'un an maintenant, le Covid-19 se propage à travers le monde. Plus de 207 millions de personnes ont été contaminées à travers le monde, près de 4,4 millions ont succombé à ce virus. La moitié de la population mondiale s'est retrouvée confinée au printemps dernier, le monde jongle entre confinement et couvre-feu, et les scènes de la vie quotidienne prennent des allures de bal masqué. Mais comment tout cela a-t-il commencé ?

Depuis le début de l'épidémie, de nombreuse hypothèses ont été formulées. Mais le mystère de l'origine du virus reste entier. Mais quand pourrons-nous y voir plus clair ? L'Organisation Mondiale de la Santé est sur l'affaire.

Début février, elle affirmait que « toutes les hypothèses restent sur la table ». En mars, des enquêteurs se sont rendus à Wuhan en Chine, le point de départ supposé de l'épidémie, pour tenter de comprendre l'origine de la pandémie. Cette investigation n'a pas permis de trouver des hypothèses ou des réponses satisfaisantes concernant les nombreuses questions que les scientifiques se posent encore au sujet de l'épidémie. 

Fuite d'un laboratoire ? Contamination par un animal, comme la chauve-souris ? Les experts de l'OMS n'ont trouvé aucune preuve concluante permettant de diriger les recherches vers l'une ou l'autre de ces hypothèses. S'ils n'ont pas encore abandonné tout espoir de découvrir les origines du Covid-19, les scientifiques commencent à s'alarmer : les recherches sont « au point mort », et il devient urgent de les relancer sérieusement, avec toute l'aide et la coopération internationale possible.

Dans une tribune, publiée dans le journal Nature, des scientifiques qui ont participé à l'enquête de l'OMS veulent faire réagir les dirigeants internationaux : « La quête des origines du virus SARS-CoV-2 est à un tournant critique, et la fenêtre de tir pour mener cette enquête cruciale se referme rapidement. Les anticorps déclinent avec le temps : collecter des échantillons (animaux) et tester des gens qui pourraient avoir été exposés avant décembre 2019 donnera donc de moins en moins de résultats », préviennent les auteurs de ce texte, parmi lesquels Marion Koopmans (Pays-Bas), Peter Daszak (Royaume-Uni), Hung Nguyen-Viet (Vietnam) et Farag El Moubasher (Qatar).

Mardi 24 août, des médias américains ont révélé l'existence d'un second rapport, commandé par le président Joe Biden auprès des services de renseignements, et ayant pour but de découvrir l'origine de la pandémie. Ce rapport, comme celui de l'OMS, n'apporte aucune réponse sûre. 

Le président américain aurait demandé à ses experts de trouver une explication solide en 90 jours. Le rapport n'apporte rien de plus que ce que les scientifiques de l'OMS ont déjà trouvé, et soumet les quatre mêmes hypothèses : une mutation d'un virus animal, transmis par différents animaux, une transmission directe sans animal intermédiaire, une transmission par la nourriture (comme la viande surgelée par exemple), et enfin, une fuite accidentelle de laboratoire, qui reste « extrêmement improbable », selon les experts.

La révélation de ce rapport a jeté un froid sur les relations entre Pékin et Washington. La Chine, très irritée à l'idée d'être pointée du doigt et accusée d'être à l'origine de cette épidémie, se montrait déjà réticente à laisser les experts de l'OMS enquêter sur son territoire. Elle a refusé la nouvelle demande de l'OMS qui aurait souhaité envoyer une deuxième équipe de recherche.

Le rapport américain estime que l'échec des recherches sur l'origine du virus est en partie dû à la Chine, qui ne fournit pas suffisamment d'informations aux enquêteurs. Pékin, de son côté, assure avoir pleinement collaboré et refuse de nouvelles enquêtes sur son sol, jugeant que les rapports parus suffisent à dédouaner le pays.

Ce manque d'entente internationale pourrait donc nuire aux efforts des chercheurs, qui redoutent de ne jamais découvrir l'origine du coronavirus.

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