Revenu minimum pour les 18 - 25 ans : des députés socialistes veulent aider ceux qui en ont besoin

Par Cécile D. · Publié le 18 février 2021 à 10h50 · Mis à jour le 18 février 2021 à 10h50
Des députés socialistes ont déposé une proposition de loi "Aide individuelle à l’émancipation" afin d'instaurer rapidement un revenu de base pour les jeunes de 18 à 25 ans qui en ont besoin, ainsi qu'une "dotation universelle" en capital de 5 000 euros.

« Il y a un trou dans la raquette : entre 18 et 25 ans, il n'y a rien », regrette Hervé Saulignac, député PS de a première circonscription de l'Ardèche au micro de France Info. Lui et Boris Vallaud sont co-rapporteurs d'une proposition de loi intitulée "Aide individuelle à l’émancipation". Ce texte, débattu à l'Assemblée nationale ce jeudi 18 février 2021, demande l'instauration d'un revenu de base pour les jeunes de 18 à 25 ans, ainsi que la mise en place d'une "dotation universelle" en capital de 5 000 euros.

Cette proposition de loi est en partie motivée par la perte conséquente de revenus que les jeunes adultes ont subie depuis l'été 202 en raison de la crise sanitaire et économique. 

Hervé Saulignac a expliqué son projet à nos confrères de France Info. Le député PS souhaite « accompagner ceux qui en ont le plus besoin, à leur accorder deux dispositifs, pour les moins de 25 ans et dès l'âge de 18 ans : un revenu de base que nous avons fixé au montant du RSA, 564 euros. Et ensuite une dotation en capital, qui permet à tous les jeunes qui veulent démarrer dans la vie, soit parce qu'ils veulent se lancer dans une initiative entrepreneuriale, ou bien encore poursuivre une formation, ou accéder à la mobilité, de disposer des moyens de départ qu'ils n'ont pas, souvent, pour une bonne majorité d'entre eux. »

Cette aide financière s'adresserait aux jeunes qui ne peuvent ni travailler ni profiter du soutien de leur famille, que ce soit parce que les parents ne disposent que de revenus modestes, ou parce que le jeune est en marge ou détaché fiscalement de ce foyer. 

Le député s'est dit touché par les images montrant des files de jeunes devant faire la queue devant les soupes populaires ou les associations afin de pouvoir se nourrir. « Nous faisons simplement le constat que dans la vie d'adulte, il y a un continuum de prestations sociales, et qu'il y a un trou dans la raquette : entre 18 et 25 ans, il n'y a rien du tout. Il s'agit de dire que dans une crise telle que nous la connaissons, on ne peut pas laisser à la jeunesse le sentiment que sa nation l'oublie. C'est un dispositif qui vise d'abord à venir le plus rapidement possible au secours de ces jeunes », explique Hervé Saulignac.

Il assure également qu'une majorité de Français estiment que le gouvernement ne soutient pas suffisamment la jeunesse, et que deux tiers des citoyens seraient favorables à l'ouverture du RSA dès 18 ans, selon un sondage paru plus tôt dans la semaine.

Lorsque l'on parle du plan jeune mis en place par le gouvernement, Hervé Saulignac réfute que ce plan n'est pas assez large : « dans la tranche 18-25 ans, il y a un million de jeunes qui se trouvent sans emploi, sans formation, sans études. Par conséquent, 200 000 places en "garantie jeunes", c'est insuffisant. En outre, la "garantie jeunes" a une durée de 18 mois, et donc au bout de 18 mois, vous retournez à la case départ. C'est très insuffisant, il faut aller bien au-delà par des mesures massives », insiste l'élu socialiste.

Le député défend sa proposition de loi, et renouvelle sa confiance dans la jeunesse, malgré les a priori. « Quand on dispose de 564 euros, on ne disparaît pas dans la nature, on ne va pas s'installer dans un palace de la Côte d'Azur. On a besoin d'achever sa formation, de trouver du travail, d'accéder à un salaire décent pour s'émanciper. Et 564 euros, ça ne le permet pas. Un gouvernement, à moyen terme, finira par venir à un revenu de base, ou en tout cas à un dispositif qui fera qu'il n'y aura plus ce trou dans la raquette, et qu'il n'y aura plus une jeunesse entre 18 et 25 ans à laquelle nous ne proposons aucune solution quand elle est en grande difficulté », affirme-t-il confiant.

D'autres élus ont déjà milité pour la mise en place d'un tel dispositif. La Mairie de Paris veut même tester un revenu universel au deuxième semestre de l'année 2021. 

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