Espace : le vol du drone Ingenuity sur Mars est reporté en raison d'un problème technique

Par Cécile D. · Publié le 12 avril 2021 à 10h59 · Mis à jour le 12 avril 2021 à 10h59
C'est la première fois qu'un drone doit voler en partant du sol martien, alors il ne faut pas se tromper : les ingénieurs ont reporté le vol du drone Ingenuity après un court essai non satisfaisant.

Le rover Perseverance est arrivé sur Mars à la mi-février, pour explorer cette planète rouge voisine de la Terre. Avec lui, un autre petit robot très utile : le drone Ingenuity. Le drone devait prendre son envol le dimanche 11 avril. Tout était prêt pour cela : il avait rechargé ses batteries grâce à ses panneaux solaires et les ingénieurs qui contrôlent le robot à distance étaient sur les starting-blocks.

Cet essai de vol a cependant dû être annulé. Jeff Delaune, ingénieur-chercheur français et membre de l'équipe Ingenuity, explique au micro de France Info ce qu'il s'est passé sur le sol martien. « Il y a un des sous-systèmes qui n'a pas répondu à temps », révèle-t-il. « C'est la première fois qu'on va essayer de faire voler un drone sur une autre planète, on ne va avoir qu'une seule chance donc on a mis plein de marges pour s'assurer », ajoute l'ingénieur.

Le but de la mission Ingenuity est d'apprendre à faire voler un drone terrestre sur une autre planète. « C'est le premier vol motorisé et aéroporté sur une autre planète », souligne Jeff Delaune. La densité de l'air martien n'équivaut qu'à 1% de celle de l'atmosphère terrestre. De plus, étant donné la distance entre les deux planètes, il faut 10 minutes pour qu'un ordre envoyé de la Terre arrive au robot sur Mars. Les défis sont donc nombreux.

De fait, ce drone est différent de ceux que l'on connaît. « Les pales font à peu près 1,20 m de diamètre, par contre le fuselage, qui est juste en dessous, fait la taille d'une boite de mouchoirs. Tout est surdimensionné parce que l'atmosphère de Mars est très, très ténue, il faut que les pales soient très grandes pour générer assez de force et le faire décoller », explique l'ingénieur français.

L'atmosphère de la planète rouge est différente de ce à quoi les scientifiques s'attendaient, et différente de l'environnement qu'ils avaient tenté de reproduire en laboratoire. Lors du premier essai de vol, l'un des sous-systèmes du drone a mis trop de temps à répondre aux ordres envoyés. Les ingénieurs doivent donc étudier les données récoltées lors de cet essai pour mieux maîtriser l'engin et les conditions de vol sur Mars.

« Mars est littéralement en train de nous apprendre ce qu'il faut faire pour voler chez elle. On a eu les messages, on tente de comprendre et de faire en sorte que ce premier vol ait bientôt lieu », assure Jeff Delaune.

La Nasa espère pouvoir lancer un nouvel essai de vol mercredi 14 avril. L'intérêt de ces engins volants, c'est qu'ils peuvent parcourir une distance beaucoup plus grande que les robots montés sur roues. 

« Jusqu'à maintenant on avait des rovers qui avançaient relativement peu vite, les hélicoptères pourraient potentiellement avancer à 100 km/h en l'air et franchir plus de 10 kilomètres par jour. 10 kilomètres, c'est ce que le rover précédent, Curiosity, a parcouru en deux ans. Donc, c'est une façon différente d'explorer Mars, qui peut être complémentaire des rovers et qui pourrait aussi être complémentaire des astronautes, si par exemple on voulait reconnaître l'endroit où vont aller les futurs hommes et femmes sur Mars avant de les y envoyer », révèle l'ingénieur.

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