Société : un fonds d'aides de 10 millions d'euros alloué aux associations des quartiers populaires

Par Cécile D. · Photos par Caroline J. · Publié le 21 avril 2021 à 11h05 · Mis à jour le 21 avril 2021 à 11h05
La ministre déléguée en charge de la ville, Nadia Hai, a débloqué un fonds d'urgence de 10 millions d'euros pour venir en aide aux petites associations des quartiers populaires. La ministre prévoit d'aider en priorité les initiatives pensées pour les moins de 25 ans, et surtout pour les filles et les jeunes femmes.

En marge de la crise sanitaire, le gouvernement entend toujours œuvrer pour l'avenir des jeunes et le développement des pratiques sportives, culturelles ou caritatives dans les quartiers populaires. Mardi 20 avril 2021, Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la ville, se rendait à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Dans cette commune du 94, la ministre a dévoilé un nouveau plan d'aide en faveur des associations de proximité qui agissent en faveur de la jeunesse des quartiers.

Ce plan, intitulé "Quartiers solidaires jeunes", comporte un fonds d'urgence de 10 millions d'euros. Le gouvernement veut en priorité financer des projets tournés vers les filles et les jeunes femmes, et qui touchent au sport, à la culture, la santé mentale, la continuité pédagogique, le lien intergénérationnel, l’insertion sociale et professionnelle, et le soutien à la parentalité.

« Notre jeunesse est certes en proie à de nombreuses difficultés mais elle déborde aussi d’énergie et d’idées. Faisons tout pour que nos jeunes, notamment dans les quartiers, ne mettent pas leurs vies entre parenthèses le temps que nous retrouvions « les Jours Heureux ». En plus de les accompagner à traverser et surmonter les difficultés d’hier et d’aujourd’hui, redonnons leur des expériences à vivre dès maintenant et des perspectives pour demain », écrit Nadia Hai dans un communiqué.

La ministre ajoute que ce fonds d'urgence est « territorialisé et délégué aux préfets pour une réponse souple, réactive et adaptée aux besoins identifiés de chaque territoire. »

Ce plan d'aide n'est qu'une « goutte d’eau » pour Alessandra Machado, qui dirige une association réservée aux femmes dans le Nord. L'éducatrice sportive à la tête de Passer'Elles déplore un montant très insuffisant (10 millions) et une cible (les moins de 25 ans) inutilement réduite. « Des programmes pour la jeunesse, c’est bien. En revanche, il n’y a jamais rien pour les femmes de plus de 25 ans, aucune politique publique globale. Ce sont pourtant elles qui tiennent l’équilibre social, qui résistent à tout », assure Alessandra Machado à nos confrères du Monde.

L'un des problèmes qui entourent ce nouveau plan d'aide, c'est sa mise en fonction. Les préfets sont chargés de distribuer l'argent aux associations qui sauront répondre aux appels à projets. C'est l'écueil que pointe du doigt Alessandra Machado. La plupart des petites associations qui sont censées bénéficier de ce fonds d'urgence n'ont pas les ressources financières et humaines pour mettre sur pied de telles campagnes de communication.

« Je sais faire plein de choses, mais ça, je ne sais pas faireEn revanche, il y a beaucoup d’associations qui ne font pas grand-chose sur le terrain et qui déclarent soudain œuvrer pour les filles, pour la mixité, pour la laïcité… Et elles, elles savent très bien répondre aux appels à projets », alerte la dirigeante de l'association Passer'Elles. Les démarches techniques et administratives nécessaires pour toucher les aides promises peuvent être une barrière insurmontable pour des petites structures.  

Mohamed Mechmache, fondateur du collectif Aclefeu et coprésident de la coordination nationale Pas sans Nous partage le même avis qu'Alessandra Machado. « Les petites associations manquent toutes d’ingénierieSoit il est prévu, parallèlement à cette enveloppe, de les accompagner, soit il sera impossible pour nombre d’entre elles de monter leur dossier afin d’obtenir des fonds », regrette-t-il.

Le gouvernement assure que l'opération Quartiers solidaires jeunes n'est qu'un des aspects des aides allouées aux associations et aux jeunes des quartiers populaires. Le ministère de la ville rappelle qu'une partie du plan de relance doit financer de grandes associations structurantes qui mènent « des actions très ciblées, efficaces et rapides » envers les jeunes. « Dix millions d’euros, ça peut paraître dérisoire mais pour une petite association, 5 000 euros, c’est beaucoup », assure le ministère de la ville.

Nadia Hai ajoute qu'en septembre 2020, son ministère avait déjà versé 20 millions d'euros à des associations de proximité, un fonds d'urgence qui a déjà pu aider 2 600 associations.

Informations pratiques

Commentaires
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche