Espace : inquiétude autour d'un morceau d'une fusée chinoise qui doit retomber sur Terre ce week-end

Par Cécile D. · Publié le 8 mai 2021 à 12h12 · Mis à jour le 8 mai 2021 à 12h12
Un morceau de 20 tonnes, provenant d'une fusée chinoise, suit une trajectoire incontrôlée. Les scientifiques estiment qu'il devrait retomber sur Terre dans la nuit de samedi à dimanche, et ils espèrent que ce morceau retombera dans l'océan. Les experts sont tout de même confiant : le risque que ce morceau viennent frapper des régions peuplé est infime.

Vous verrez peut-être une longue traînée lumineuse dans le ciel nocturne de ce samedi soir, mais il ne s'agit pas d'une étoile filante. Un morceau de 20 tonnes, ayant appartenu à la fusée chinoise Longue Marche, doit retomber sur Terre ce week-end, dans la nuit de samedi à dimanche. Cet événement est surveillé étroitement par les États-Unis, car le morceau a adopté une trajectoire incontrôlable, et on ne peut pas prédire l'endroit où il va s'écraser.

La fusée Longue Marche avait été lancée depuis l'île de Hainan, en Chine, le 29 avril dernier. Elle avait pour mission de placer sur orbite le premier module de sa station spatiale. Le premier étage de la fusée s'est détaché, et doit désormais redescendre sur Terre. 

Bien que cet engin de 20 tonnes représente un danger, les scientifiques ne veulent pas trop s'inquiéter : il y a peu de risque que le morceau ne retombe dans des zones habitées. Cependant, la trajectoire de ce bout de fusée est surveillée, car personne ne sait quand ni où il va s'écraser. Lloyd Austin, secrétaire américain à la défense, explique qu'à « ce stade, nous n'avons pas prévu de détruire la fusée. Nous espérons qu'elle tombera à un endroit où elle ne fera de mal à personne, dans l'océan par exemple. »

Nos confrères de France Info rappellent qu'il y a un an, en mai 2020, des débris issus d'une autre fusée chinoise s'étaient écrasés en Côte-d'Ivoire, détruisant des bâtiments, mais sans faire de blessés.

Nicolas Bobrinsky, chef du département ingénierie et innovation du centre européen d’opérations spatiales de l’ESA en Allemagne, explique au micro de France Info que ce morceau devrait vraisemblablement épargner la moitié nord de l'Europe. « Tel que c'est tout de suite, la rentrée peut mathématiquement être n'importe où sur Terre entre -41 et + 41 degrés de latitude. Ça laisse à l'abri toute la partie septentrionale de l'Europe, donc la France ou l'Allemagne, mais malgré tout ça laisse une bande assez large. Ça peut toucher le sud de la Chine, et tout ce qui est au-dessus de l'équateur : l'Inde, Vietnam, Laos, Singapour ou l'Iran. Même l'Afrique peut être touchée », détaille le spécialiste.

Restées longtemps silencieuses à ce sujet, les autorités chinoises ont finalement pris la parole vendredi 7 mai, assurant que ce morceau de fusée à la dérive ne représentait pas de danger : « la majorité des composants [de la fusée] seront brûlés et détruits lors de la rentrée dans l’atmosphère », a assuré Wang Wenbin, porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois. « La probabilité de causer des dommages aux activités aériennes ou (aux personnes, constructions et activités) au sol est extrêmement faible », promet-il lors d’une conférence de presse relatée par Le Monde.

Le quotidien français a également interrogé Jonathan McDowell, astronome du Centre Harvard-Smithsonian pour l’astrophysique, aux États-Unis, et grand spécialiste des débris spatiaux. Le scientifique s'accorde à dire que ce morceau de fusée ne fera sûrement pas de grands dégâts, « mais le fait qu’une tonne d’éclats métalliques s’abatte sur la Terre à des centaines de kilomètres/heure ne constitue pas une bonne pratique, et la Chine devrait revoir la conception des missions Longue-Marche 5B afin d’éviter cela. »

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