Doubler le salaire des enseignants : Hidalgo persiste et signe face aux accusations de "démagogie"

Par Graziella L. · Mis à jour le 13 septembre 2021 à 11h37 · Publié le 13 septembre 2021 à 11h37
Anne Hidalgo, dont la candidature à l'élection présidentielle de 2022 a été officiellement annoncée ce dimanche, évoque la possibilité de “multiplier par deux au moins” le salaire des enseignants, sur un quinquennat. Alors que ses détracteurs, le ministre de l'Éducation en tête, déplorent la "démagogie" et le caractère irréaliste d'une telle proposition, la maire de Paris se défend et estime qu'il faut "mettre le paquet" sur l'éducation.

Premier effet d'annonce, premiers pics. Et premières contre-attaques pour Anne Hidalgo. Au lendemain de l'officialisation de sa candidature à l'élection présidentielle de 2022, la maire de Paris s'est défendue sur la principale mesure qui fait polémique parmi ses différentes propositions de campagne : doubler le salaire des enseignants en 5 ans, soit un quinquennat.

En effet, la maire de Paris publie le 15 septembre aux éditions de l'Observatoire son livre, "Une femme française". Parmi ses pages, elle semble déjà exposer les grandes lignes de son programme pour la présidentielle de 2022. Elle souhaite faire de l’école une de ses priorités, et évoque la possibilité de “multiplier par deux au moins” le salaire des enseignants, sur cinq ans. Anne Hidalgo appelle, de manière plus générale, à un “grand mouvement de revalorisation des salaires dans l’éducation et donc un meilleur traitement de toutes les personnes au contact des élèvesCertes le coût – en moyenne 9.000 euros par an et par jeune tout au long de la scolarité – sera nécessairement plus important. Mais je l’assume. C’est le prix à payer pour transformer l’école et réduire le nombre de décrocheurs”, assure-t-elle.

En réponse à cette proposition, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer n'a pas tardé à dénoncer ce qu'il considère comme un "sommet de la démagogie". Ce dernier estime qu'une telle mesure serait irréaliste et "aurait un coût cumulé de 150 milliards à la fin du quinquennat". Au passage, le ministre rappelle qu'une revalorisation du salaire des enseignants a déjà été décidée par l'exécutif actuellement aux manettes. Le candidat à la primaire écologiste Yannick Jadot indique également qu'il s'agit d'une mesure que "même les plus radicaux" des responsables syndicaux "n'ont jamais demandé", puisque une telle politique serait "trop cher", "au moins 40 milliards par an", estime le candidat sur Radio J. 

Invitée sur France Inter ce lundi 13 septembre 2021, Anne Hidalgo a répondu à ces accusations. "On maltraite les gens chargés de ces missions essentielles, et on dit que (cette proposition) c'est de la démagogie ? Ce que je trouve démagogique, c'est de vouloir faire croire qu'on s'intéresse à eux, qu'ils sont très important", alors même qu'ils sont rémunérer "d'une façon aussi faible", riposte l'édile socialiste. Avec des chiffres à l'appui : "aujourd'hui en France le salaire d'un professeur en début comme en fin de carrière est deux fois moins élevé que celui qu'il pourrait avoir en Allemagne ou au Pays-Bas", déplore l'élue. Elle estime que "sur l'éducation comme sur la santé, il faut mettre le paquet"

Et ce n'est pas terminé, d'autres métiers sont également concernés par les idées d'Anne Hidalgo. Elle estime qu'il serait “tout à fait supportable économiquement de relever tous les salaires, par exemple la CFDT propose une augmentation générale de 15%. C’est pour moi une piste solide”, pour ceux qui "font marcher la société, tous les jours de l'année", incluant entre autres les soignants et les caissières. Concernant l'hôpital, elle aimerait “revoir de fond en comble le financement de la protection sociale” et souhaite “un grand plan pour sauver l’hôpital public”.

En ce qui concerne l'écologie, l'actuelle maire de Paris défend la nécessité d'une "République écologique" inscrite dans la Constitution, car "l’écologie représente tout autant une question sociale qu’une question industrielle et scientifique. Elle est au cœur de la lutte contre les inégalités". Elle considère également qu'il faut sortir du nucléaire et croit à "une écologie sociale et populaire mais aussi industrielle et responsable”.

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