Climat : en l’absence de mesures fortes, la BCE redoute une chute du PIB à l’horizon 2100

Par Caroline J. · Publié le 24 septembre 2021 à 10h08
La Banque centrale européenne l’affirme : si les gouvernements et les entreprises n’agissent pas rapidement pour enclencher la transition vers une économie zéro carbone, alors le PIB de la zone euro pourrait perdre plus de 10% d’ici 2100.

La BCE, la Banque centrale européenne, a décidé à son tour de se pencher sur les conséquences du changement climatique. Pour ce faire, la BCE a mené un test dont l’objectif était de mesurer l’impact du changement climatique sur plus de quatre millions d’entreprises dans le monde et sur 1 600 banques de la zone euro. Le bilan de cette expérimentation, intitulée « stress test climatique », a été dévoilé le 22 septembre et relayé par Le Monde. Et la BCE l’assure : en l’absence d’actions fortes pour le climat, alors le PIB (Produit Intérieur Brut) européen chutera d’ici 2100. Aussi, « il est essentiel d’opérer une transition précoce et progressive, afin de pouvoir atténuer le coût de la transition verte et l’impact futur des catastrophes naturelles », a confié Luis de Guindos, vice-président de la BCE, dans un communiqué.

Concrètement, la BCE demande aux gouvernements et aux entreprises d’enclencher rapidement la transition vers une économie zéro carbone. Si rien n’est fait d'ici 2030, alors le PIB de la zone euro pourrait dégringoler et même être inférieur de 10% en 2100 par rapport à un scénario de transition ordonnée. 

« Sans politiques de transition vers une économie plus verte, les risques physiques augmenteront avec le temps », en raison de la « nature irréversible du changement climatique », affirme Luis de Guindos, dans ce même communiqué. Ces risques pourraient en effet être de nature physique. En raison de la montée des eaux et de la multiplication des inondations, certaines usines et certains sites de production - particulièrement exposés à ces risques - pourraient être détruits. « Ces dommages pourraient interrompre le processus de production à court terme et potentiellement conduire à la faillite de l’entreprise à plus long terme », explique la banque centrale. D’autre part, des risques pourraient également se faire sentir de façon indirecte cette fois-ci, notamment sur les industries dites carbonées (mines, pétrole, métallurgie…) qui devront faire face à des charges et coûts importants liés à certaines politiques mises en place afin de réduire les émissions de CO2.

« Les coûts à court terme de la transition sont dérisoires par rapport aux coûts d’un changement climatique non maîtrisé à moyen et long terme, explique la BCE dans son rapport. Les résultats montrent que les entreprises et les banques bénéficient clairement de l’adoption précoce de politiques vertes pour favoriser la transition vers une économie sans carbone » ajoute-t-elle.

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