Invasion de chenilles processionnaires en Île-de-France : comment s’en protéger ?

Par Caroline J. · Publié le 11 mai 2022 à 11h16
Alors que les chenilles processionnaires sont désormais classées espèces nuisibles à la santé humaine par un décret, ces petits insectes aux poils urticants poursuivent leur invasion dans le pays, et notamment en Île-de-France. Alors, comment bien les reconnaître et comment s’en protéger ? On vous dit tout !

Si vous avez l’habitude de vous balader en forêt ou que vous passez du temps dans votre jardin, alors vous les avez très certainement déjà observées. Je vous parle des chenilles processionnaires, ces petits insectes qui ont la particularité de se déplacer en file indienne. Depuis 2010, les chenilles processionnaires du chêne et du pin gagnent du terrain dans l’Hexagone, et notamment en Île-de-France, où leur nombre ne cesse de croître. Selon l’ARS Île-de-France, des colonies de chenilles processionnaires à la fois du chêne et du pin sont observées dans la région depuis le début des années 2000. « Présente sur 1% du territoire francilien au début des années 2000, elle est désormais durablement installée sur un peu plus de 80% de l’Île-de-France. À ce rythme, l’ensemble de l’Île-de-France sera probablement colonisé d’ici 5 ans » explique l’ARS Île-de-France sur son site le 22 avril dernier. 

Seulement voilà, ces petites chenilles, également appelées chenilles urticantes, s’avèrent être particulièrement dangereuses pour l’Homme et les animaux, pouvant provoquer de vives réactions inflammatoires urticantes. Les chenilles processionnaires ont d’ailleurs été classées, par un décret publié le 25 avril dernier, espèces nuisibles à la santé humaine.

Désormais, « les préfets de département vont devoir prendre un arrêté spécifique aux chenilles processionnaires sur leur territoire. La lutte va être obligatoire sur certaines zones très à risques », explique Marilou Mottet, coordinatrice de l’observatoire des chenilles processionnaires, à nos confrères de Ouest-France. Mais alors, comment les reconnaître, et comment s’en protéger ? On vous répond.

Les chenilles processionnaires, qu’est-ce que c’est ?

Il existe deux types de chenilles processionnaires, à commencer par la chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) qui peut s’avérer dangereuse d’avril à juillet. On la retrouve essentiellement sur le quart nord-est de la France.

Puis il y a la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) qui, est, est à surveiller entre janvier et mai. Elle est surtout présente sur les ¾ sud du territoire français et son front de migration remonte chaque année de quelques kilomètres.

Ces deux espèces de chenilles processionnaires vivent en groupe, dans des nids accrochés aux arbres. Après leur éclosion, elles se déplacent et forment alors des processions. Leur prolifération peut d'ailleurs provoquer un « affaiblissement des arbres », selon l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. La particularité ? Leurs poils urticants, qui peuvent s’avérer particulièrement particulièrement dangereux.

Chenilles processionnaires : quels sont les risques pour la santé ?

En raison de leurs poils urticants, les chenilles processionnaires peuvent causer, au toucher, de vives réactions inflammatoires, parfois graves. Mais ces poils urticants peuvent également « se détacher très facilement sous l’effet du vent ou lors d’un contact », explique l’ARS Île-de-France. Ces poils peuvent donc être transportés sur de longues distances, et s’accrocher « facilement aux tissus (la peau et les muqueuses) y provoquant une urtication (sensation de piqûre qui accompagne l'urticaire) par libération d'histamine (substance aussi libérée dans les réactions allergiques) ».

Le contact direct avec ces chenilles processionnaires n’est donc pas le seul facteur à l’origine de ces réactions inflammatoires. « Ces propriétés urticantes persistent même après la disparition de la chenille », ajoute l’ARS Île-de-France.

L’agence régionale de la santé précise aussi les différents types de symptômes développés en cas de contact avec ces insectes, comme des démangeaisons sur la peau, mais aussi une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants). En cas de contact par inhalation, des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires peuvent apparaître. En cas de réaction allergique, veillez donc à consulter rapidement un médecin.

Selon une étude réalisée par l’Anses entre janvier 2012 et juillet 2019, 1 022 cas d’exposition aux chenilles processionnaires ont été enregistrés par les centres antipoison.

Par ailleurs, notez que ces insectes peuvent aussi être très dangereux pour les animaux; comme les chiens et les chats. En cas d’ingestion, l’animal risque notamment une nécrose de la langue, voire un décès.


Chenilles processionnaires : comment s’en protéger ?

L’Anses dévoile sur son site plusieurs gestes à adopter et prodigue quelques conseils pour éviter des réactions inflammatoires urticantes.

Ainsi, il est recommandé de ne pas s’approcher et de ne pas toucher les chenilles ou leur nid, en particulier les enfants. Évitez de vous promener également sous les arbres porteurs de nids. Pensez à porter des vêtements longs en cas de promenade en forêt ou près d’arbres infestés.

Évitez aussi de vous frotter les yeux pendant ou au retour d’une balade. Si vous avez un jardin, veillez à bien laver vos fruits et les légumes. Enfin, éviter de faire sécher le linge à côté d’arbres infestés.

Informations pratiques

Site officiel
www.iledefrance.ars.sante.fr

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