Covid : L'hydroxychloroquine déconseillé par l'OMS comme traitement préventif contre la maladie

Par Laurent P. · Publié le 2 mars 2021 à 10h11 · Mis à jour le 2 mars 2021 à 18h35
L'OMS a annoncé dans une note publiée ce mardi 2 mars dans le British Medical Journal que l'Hydroxychloroquine était déconseillée comme traitement préventif contre la Covid, s'appuyant sur six essais cliniques randomisés dont les résultats ont démontré l'inefficacité du produit pour lutter contre les formes graves de la maladie. En plus de celles-ci, une étude, dirigée par Epi-phare, aboutissant à cette même conclusion.

L'hydroxychloroquine définitivement inefficace comme traitement préventif contre la Covid ? L'OMS a annoncé ce mardi 2 mars 2021, dans une note publiée dans le British Medical Journal, que le médicament n'était pas conseillé comme traitement préventif pour lutter contre les formes graves de la maladie. "Le médicament anti-inflammatoire qu'est l'hydroxychloroquine ne devrait pas être utilisé comme traitement préventif par les personnes n'ayant pas le coronavirus", indiquent ainsi les experts de l'organisme.

Une déclaration qui s'appuie sur six études randomisées menées dans le monde, et démontrant l'inefficacité du produit dans le traitement des formes graves : "Des recherches ont permis de démontrer avec certitude que l'hydroxychloroquine n'a aucun effet significatif sur le risque de décès ou d'admission à l'hôpital, d'autres recherches montrent par ailleurs qu'elle n'a pas d'effet sur le nombre de cas Covid-19 rapportés positifs par les laboratoires et qu'elle augmente probablement le risque d'effets indésirables", indique la note.

En plus de celles-ci, une étude publiée le 7 juillet 2020 par Epi-phare, une structure d’expertise publique en pharmaco-épidémiologie des produits de santé et sécurité sanitaire, autonome et réactive, constituée par l'Agence du Médicament et la CNAM, la Caisse Nationale d'Assurance Maladie. Celle-ci affirme que l'anti-paludéen et son dérivé ne protègent pas les patients des formes graves de la maladie et des risques de mortalités qui vont avec.

Cette étude, ayant inclus 55 000 patients, s'est penchée sur "l'ensemble des personnes ayant reçu au moins six délivrances remboursées d'antipaludéens de synthèse (hydroxychloroquine ou chloroquine) entre le 1er janvier 2019 et le 15 février 2020, dont la dernière au cours du dernier trimestre 2019 ou début 2020". Et les auteurs ne mâchent pas leurs mots : "Ces résultats ne plaident pas en faveur d'une utilisation préventive de l'hydroxychloroquine dans la population", expliquent-ils. Et de poursuivre en ajoutant que ce traitement "ne suggère pas de rôle préventif de l'utilisation des antipaludéens de synthèse (APS) au long cours sur le risque de survenue d'une hospitalisation, d'une intubation ou d'un décès lié au Covid-19".

Pire, même, puisque les résultats tendent à montrer qu'il existe "un sur-risque d'hospitalisation, d'intubation et de décès liés au Covid-19 parmi les patients sous APS au long cours par rapport à la population générale française", même si "les analyses réalisées suggèrent que ce sur-risque est expliqué par les caractéristiques liées à la pathologie chronique sous-jacente".

Un médicament à éviter, donc, selon l'OMS, qui ne considère plus le médicament comme prioritaire pour de nouvelles recherches contre la Covid.

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