Coronavirus : un déficit en protéine dans le sang à l'origine des cas graves de Covid-19 ?

Par Laurent P. · Publié le 16 juillet 2020 à 17h55 · Mis à jour le 22 juillet 2020 à 17h32
Selon une étude menée conjointement entre divers instituts parisiens, dont l'Université de Paris, L'Institut Pasteur et l'AP-HP, le déficit d'une certaine protéine dans le sang serait à l'origine des formes graves de coronavirus.

Et si notre sang nous donnait des réponses sur notre capacité à développer une forme grave de coronavirus... ? C'est ce que viennent de démontrer des chercheurs de l'Université de Paris, de l'Institut Pasteur, de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et de l'Institut Imagine, entre autres, dans une étude publiée cette semaine dans la revue américaine de renommée internationale, Science. Qu'ont découvert les auteurs de cette étude ? Que le déficit de certaines protéines normalement produites dans le sang par le système immunitaire "pourrait être la marque des formes graves de Covid-19".

Une en particulier, l'Interféron de type 1, a attiré leur attention : "Le déficit en interférons de type 1 dans le sang pourrait être une signature des formes sévères de Covid-19", peut-on ainsi y lire, tout en indiquant que "de faibles taux d’interférons de type 1 dans le plasma précèdent l’aggravation clinique des patients et leur transfert en soins intensifs". Pour rappel, comme nous l'expliquent nos confrères de Ouest France, "les interférons sont des protéines de la famille des cytokines produites notamment par les cellules du système immunitaire en réponse à la présence d’une infection". Dans 5% des cas, l'aggravation de la maladie est due à une forte augmentation des cytokines (les fameux chocs cytokiniques), provoquant une réponse inflammatoire exacerbée (dans les poumons dans le cas du Covid-19), responsable des syndromes de détresse respiratoire aiguë.

L'étude a compris l'analyse des dossiers de 50 patients ayant souffert de formes plus ou moins graves de la maladie, et les résultats tendent à montrer que chez les patients les plus gravement atteints, "la production et l’activité des interférons de type 1 sont fortement diminuées". Des patients qui présentent également "une charge virale sanguine persistante, témoignant du mauvais contrôle de la réplication virale par le système immunitaire des patients et conduisant à l’emballement d’une réponse inflammatoire inefficace et pathologique".

Une étude qui, si ses résultats sont confirmés par d'autres tests et essais cliniques, pourrait grandement aider à identifier les cas ayant un risque élevé de développer des formes sévères de COVID, ainsi que la prise en charge des patients avec un traitement plus adapté et plus ciblé. Une bonne nouvelle donc, s'il en est, dans la lutte contre la pandémie.

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