Covid: un risque de mutations du virus en espaçant les deux doses de vaccin, selon le Pr Buisson

Par Caroline J. · Publié le 13 janvier 2021 à 10h54 · Mis à jour le 13 janvier 2021 à 15h14
Existe-t-il un risque de mutations du virus en espaçant les deux injections du vaccin anti Covid ? C’est ce que pense Yves Buisson, membre de l’Académie de médecine.

Depuis la fin décembre, plus de 189 000 personnes ont été vaccinées contre le Covid-19 en France. Afin de rattraper son retard par rapport à d’autres pays, le gouvernement a annoncé le début de la vaccination pour les plus de 75 ans à compter du 18 janvier. Autre annonce ? Différer jusqu'à six semaines l'injection de la deuxième dose de vaccin anti Covid, contre les trois semaines recommandées.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité. Yves Buisson, membre de l’Académie de médecine, craint que ce délai rallongé entre les deux doses du vaccin n’entraîne des mutations du virus. En espaçant les deux doses de vaccin, "on risque d'avoir des mutations" du virus, a ainsi confié le professeur le 12 janvier sur France Info.

Si Yves Buisson atteste que "prolonger le délai entre les deux injections" permet d'"augmenter le nombre de personnes qui recevront la première dose de vaccin", il émet cependant "quelques réserves" quant à ce nouveau délai entre les deux injections. "Lorsque le vaccin comporte deux injections, le délai entre les deux injections est fixé par l'autorisation de mise sur le marché, 21 jours pour le vaccin Pfizer, 28 jours pour le vaccin Moderna" a-t-il indiqué, avant d’ajouter que la deuxième injection "apportera un effet rappel de la même qualité".

Mais Yves Buisson tient à alerter sur la période entre la première et la deuxième dose. "Pendant cette période, l'immunité est en train de se constituer. Au bout de quinze jours, trois semaines, apparaissent les anticorps. Ce délai entre les deux injections est un délai où les personnes sont très faiblement immunisées." Dès lors, "le risque d'être infecté pendant cette période qui sépare les deux injections est un risque élevé et l'infection survenant pendant cette période peut se révéler dommageable", a expliqué le professeur.

Ainsi, "dans une population qui est très faiblement immunisée, qui attend sa deuxième injection, si l'infection survient, on risque d'avoir des mutations. Et les mutants qui risquent d'apparaître pendant cette période sont des mutants qui pourront être résistants aux anticorps induits par la vaccination" a-t-il ajouté sur les ondes de France Info.

Selon Yves Buisson, afin d’éviter "des risques théoriques", il est donc préférable de respecter les règles de l'autorisation de mise sur le marché.

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