Covid : "Nous ne sentons pas une réponse à la hauteur", redoute l'infectiologue Enrique Casalino

Par Cécile D. · Photos par Alexandre G. · Publié le 18 mars 2021 à 17h28 · Mis à jour le 18 mars 2021 à 17h28
Le professeur Enrique Casalino, chef des urgences de l'hôpital Bichat, a exprimé ses inquiétudes concernant la façon dont cette épidémie est gérée par le gouvernement. Sur le plateau de LCI, l'infectiologue dit craindre des mesures inefficaces et trop timorées.

Invité sur LCI ce jeudi 18 mars 2021, le professeur Enrique Casalino peint une image alarmante des services hospitaliers de la région Île-de-France. L'infectiologue et chef des urgences de l'hôpital Bichat affirme qu'il « y a une augmentation des patients à l’hôpital que nous avons senti ces dernières semaines. On est passé de 3, 4 patients hospitalisés par jour à partir des urgences de Bichat à 10 patients hospitalisés, avec un manque de lits. L’entrée des patients est beaucoup plus rapide que leur sortie, donc ça sature. »

Nombre de contaminations trop élevé, services de réanimation saturés avec un taux d’occupation des lits à 101% en Île-de-France, suspension de l'utilisation du vaccin AstraZeneca... Tous les signaux semblent pointer vers un reconfinement de la région. Pour Enrique Casalino, le gouvernement doit agir rapidement, imposer des mesures strictes et un confinement dur.

« Il faut un discours courageux, un vrai coup de frein dans la circulation virale », insiste l'infectiologue. Il se montre cependant désappointé : « nous voyons qu’il y a une rupture entre notre cri d’alerte. Nous ne sentons pas une réponse à la hauteur. »

Le chef des urgences se fait alors le porte-parole de l'ensemble du personnel soignant, harassé et désillusionné après des années de lutte avec le pouvoir politique pour obtenir plus de moyens, et une année de pandémie digne de montagnes russes. « Comment fait-on pour retrouver l’engagement qui s’est effrité ? C’est pareil pour les soignants : nous sommes passés de héros à responsables des infections nosocomiales. »

Il ajoute que les soignants doivent continuer à se battre malgré la fatigue : « Lorsque la pandémie est arrivée, l’hôpital traversait une très grande crise. La Covid est arrivée et paradoxalement, nous avons retrouvé du sens à notre métier (…) Mais aujourd’hui, nous revenons à un esprit plus grincheux, démotivé et ce n’est pas possible. Nous avons besoin de chacun de nos soignants. Il faut être là, engagé et convaincu, avec un sentiment que la victoire est possible. »

Enrique Casalino et ses confrères seront-ils entendus par l'exécutif ce jeudi soir ? Jean Castex doit annoncer une nouvelle série de mesures, notamment pour reprendre le contrôle de l'épidémie en Île-de-France. Le gouvernement semblait néanmoins hésiter sur la marche à suivre, arguant que les mesures prises à Nice ou Dunkerque ne peuvent s'appliquer de la même manière en région parisienne.

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