Covid : évolution de l'épidémie, les projections de l'Institut Pasteur pour cet été

Par Laurent P. · Publié le 28 avril 2021 à 12h38 · Mis à jour le 28 avril 2021 à 14h41
Comment pourrait évoluer l'épidémie de Covid cet été ? Une question à laquelle a tenté de répondre l'Institut Pasteur qui a dévoilé lundi 26 avril ses projections pour cet été. Des hypothèses qui font craindre une "remontée importante des hospitalisations", "en cas de levée trop rapide des mesures de freinage le 15 mai". Et de maintenir un retour à la normale, sous conditions, à l'automne.

Comment pourrait évoluer l'épidémie cet été ? Une question qui taraude de nombreux Français et à laquelle l'Institut Pasteur a tenté de répondre à travers plusieurs projections dévoilées lundi 26 avril. Et celles-ci sont particulièrement claires : "En cas de levée trop rapide des mesures de freinage le 15 mai, même sous des hypothèses optimistes concernant le rythme de vaccination", une "remontée importante des hospitalisations pourrait être observée", à hauteur de 2000 à 3000 hospitalisations par jour, indique ainsi les chercheurs de l'Institut.

Des projections qui prennent en compte de nombreux facteurs, comme l'impact des mesures actuellement en vigueur, le rythme du déconfinement à venir, la poursuite de la campagne de vaccination ou encore l'impact du variant anglais sur le territoire. "Ces scénarios ne sont pas des prévisions" a par ailleurs tenu à préciser l'Institut Pasteur. Et de poursuivre : "Les trajectoires décrites dépendent des hypothèses faites; si les hypothèses ne se réalisent pas, la dynamique observée pourra être différente des projections", préviennent les chercheurs dès le début du document".

Parmi ces projections, des scénarios plus optimistes comme celui où le variant anglais ne serait que 40% plus contagieux, et où les hospitalisations seraient plus basses, à hauteur de 500 à 1500 admissions par jour. "Une levée plus progressive de ces mesures pourrait permettre de décaler la reprise à un moment où la campagne de vaccination aura progressé, diminuant d’autant l’intensité de cette reprise", expliquent les chercheurs. Et d'évoquer une baisse visible dès le 1er mai : "Le modèle d’ensemble anticipe une baisse des admissions à l’hôpital, même si certains modèles individuels prévoient plutôt un plateau", poursuivent-ils.

Des projections qui restent encore à vérifier, l'Institut Pasteur préférant rester prudent sur les différents scénarios évoqués. "Il est difficile de quantifier l'impact du climat sur la transmission", évoque par exemple l'Institut. Et de préciser, concernant la vaccination, que "les projections seront dégradées si nous ne réussissons pas à atteindre ces objectifs".

Un retour à la vie normale à l'automne selon les projections

Des projections dévoilées plusieurs jours après d'autres prévisions de l'Institut Pasteur, sur le retour à la normal cette fois-ci, et concernant une sortie de crise. La France verrait-elle ainsi le bout du tunnel prochainement ? Assurément, à en croire de nombreux chercheurs et médecins qui estimaient au début du mois d'avril un retour à la vie normale entre l'été et l'automne 2021. Du côté de l'Institut Pasteur, on va même plus loin en dévoilant dans une étude, mardi 6 avril, plusieurs scénarios de sortie de crise possible, en fonction du taux de vaccination. Et leurs prévisions sont claires : pour un véritable retour à la normale cet automne, il faudra parvenir à un taux très élevé de vaccination.

Ainsi donc, selon les modélisations de l'Institut Pasteur, la vaccination de 90% des personnes de plus de 65 ans et de 70% des personnes ayant entre 18 et 64 ans ne serait pas suffisante pour supprimer définitivement les gestes barrières et mesures sanitaires à l'automne. La faute au variant anglais, bien plus contagieux, et qui, selon les prévisions de l'Institut, ferait grimper le R-0 à 4 cet automne, soit bien au-dessus qu'au moment du pic de la première vague, en mars 2020. La faute également à un faible taux d'immunisation, qui ne concerne que 20% des Français. Des prévisions qui vont jusqu'à établir que le nombre d'admissions quotidiennes à l'hôpital serait toujours à plus de 1000.

"Même dans des scénarios optimistes, les intentions de vaccination actuelles des populations françaises pourraient ne pas permettre un assouplissement complet des mesures de contrôle. La vaccination des enfants, si possible, pourrait aider à atteindre cet objectif", explique par ailleurs l'Institut Pasteur. En revanche, malgré ce scénario, vivre sous cloche avec confinement et couvre-feu ne serait plus utile : "Il faudrait que des mesures de contrôle soient maintenues et réduisent les taux de transmission dans la population générale de 15-27% par rapport au scénario de relâchement total. En guise de comparaison, pendant le confinement de mars-mai 2020, les taux de transmission ont été réduits de 80%", poursuivent les chercheurs.

Et concernant une immunité collective ? Elle reste atteignable selon l'Institut : "Si la campagne de vaccination porte uniquement sur la population adulte, pour R0=4, il faudrait que plus de 90% des adultes soient vaccinés pour qu'un relâchement complet des mesures de contrôle soit envisageable", expliquent les scientifiques. Et si les vaccins sont efficaces et sûrs pour les enfants, ces chiffres pourraient être revus à la baisse : "la vaccination de 60-69% des 0-64 ans et de 90% des plus de 65 ans" permettrait d'atteindre l'objectif. Un enjeu de taille, donc, pour le gouvernement qui devra convaincre plus de monde à la nécessité de se faire vacciner.

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