Covid: le Conseil scientifique craint "un risque d’extension du variant brésilien" cet été en France

Par Caroline J. · Publié le 19 avril 2021 à 11h12 · Mis à jour le 19 avril 2021 à 15h43
Le variant brésilien préoccupe chaque jour un peu plus les autorités et les experts. Dans son dernier avis rendu public le 18 avril 2021, le Conseil scientifique déclare qu’un « risque d’extension du variant brésilien doit être pris en compte durant l’été 2021 » en France.

Y a-t-il un risque que le variant brésilien devienne majoritaire en France à l’été 2021 ? C’est un scénario que redoute le Conseil scientifique. Dans leur dernier avis rendu public le 18 avril 2021, intitulé "Le variant brésilien, P1 : anticiper pour l'été", les scientifiques expliquent que "le variant BR-P1 (désignation scientifique du variant brésilien, ndlr) est aujourd’hui largement dominant en Amérique du Sud et est responsable d’une crise sanitaire majeure au Brésil". Selon eux, le niveau de transmission du variant brésilien est un peu moins élevé que le variant britannique, aujourd'hui largement dominant en France. En revanche, les experts ne savent pas à ce stade si le variant brésilien "est plus létal".

Aussi, le Conseil scientifique s’inquiète de la propagation de ce variant brésilien en Amérique du Sud et explique qu'"un risque d’extension du variant BR-P1 doit être pris en compte durant l’été 2021" en France, d’autant plus que les vaccins à ARN messager, comme Pfizer et Moderna, seraient "significativement moins efficaces" contre les variants, et en particulier contre la mutation brésilienne, selon des chercheurs du Massachussets General Hospital de Boston. 

Pour l’heure, le Conseil scientifique affirme qu'"aucun signal d'une évolution particulière du variant BR-P1 n'a été observé à ce jour" dans l'hexagone. D’après les dernières enquêtes Flash et de l'AP-HP/ANRS relayées par BFMTV, ce variant brésilien représentait environ 0,3% des nouvelles contaminations enregistrées en France à la fin du mois de mars 2021. Mais les scientifiques s’inquiètent de la propagation galopante de cette souche, notamment en Guyane, et recommande d'ailleurs d’avancer le couvre-feu de 19h à 17h et de mettre en place un confinement le dimanche dans ce territoire ultramarin.

Et alors que le gouvernement français a décidé d’instaurer une quarantaine obligatoire pour tous les voyageurs en provenance du Brésil, d’Argentine, du Chili et d’Afrique du Sud, l’instance préconise pour sa part le maintien de la fermeture des vols avec le Brésil. "Compte tenu des enjeux économiques majeurs liés à l'isolement, l'enjeu d'une gestion sanitaire rigoureuse mais souple pourrait être testée dans ces territoires d'outre-mer avec la mise en place de l'équivalent d'un 'pass sanitaire' favorisé par une vaccination accélérée à l'ensemble de la population avec des vaccins ARNm", indique également le Conseil scientifique.

Aussi, les scientifiques recommandent d’anticiper la possible propagation du variant BR-P1 sur le territoire métropolitain. Comment ? En misant sur "les précommandes de vaccins ciblés sur les nouveaux variants qui pourraient être disponibles à l'automne". "Toute mesure freinant l’introduction et la diffusion du variant BR-P1 est souhaitable en anticipant", insiste l’instance dans son dernier avis.

Et le Conseil scientifique n’est pas le seul à craindre ce variant brésilien. "Le variant qui nous frappe au Brésil risque d’infecter le monde entier", a confié dans les colonnes de l'Express le professeur Dimas Covas, à la tête de l’Institut Butantan en charge de la fabrication des vaccins à Sao Paulo. 

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