Covid : l'ibuprofène n'aggrave pas les cas de coronavirus, assure une étude britannique

Par Cécile D. · Publié le 8 mai 2021 à 09h55 · Mis à jour le 10 mai 2021 à 14h10
Au début de la pandémie, les médecins nous mettaient en garde contre la prise d'ibuprofène, suspecté d'augmenter le risque de contracter une forme grave de la Covid-19. Une récente étude britannique montre que ce médicament n'est finalement pas dangereux.

Rappelez-vous, au printemps 2020, Olivier Véran et l'Agence nationale de la sécurité du médicament nous mettaient en garde contre les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'ibuprofène, le Nurofen, le kétoprofène ou l'Advil : ces médicaments étaient accusés d'être un facteur d'aggravation de la maladie. En consommer nous faisait prendre le risque de développer des formes graves de la Covid-19.

L'OMS et le spécialiste en pharmacologie médicale Nicholas Moore contredisaient cet avis : pour eux, les médicaments anti-inflammatoires ne posaient pas de risque particulier face au virus. L'expert expliquait à nos confrères de 20 Minutes que les liens entre l'ibuprofène et les formes graves de la Covid-19 avaient une cause tout à fait logique : « On n’est pas surpris que la plupart des cas graves aient été exposés à l’ibuprofène [qui soulage les douleurs et maux de tête] », puisque le virus provoque des maux de tête, et que les personnes infectées vont tenter de soulager leurs douleurs avec des médicaments. 

Une étude, menée par les autorités de santé britanniques, et parue dans la revue médicale The Lancet Rheumatology, vient donner raison à Nicholas Moore.

« L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) n’est pas associée à une augmentation de la mortalité ou de la gravité du Covid-19 », assure cette étude, relayée par nos confrères de Ouest-France.

L'auteur principal de cette étude, le professeur Ewen Harrison, ajoute dans un communiqué que « nous avons maintenant une preuve nette que les AINS peuvent être utilisés en toute sécurité chez les patients qui ont le Covid-19 ». Son équipe a pu étudier 72 000 patients, admis dans 255 centres de soins d’Angleterre, d’Écosse et du Pays de Galles entre janvier et août 2020. 

Parmi les malades étudiés, 4 211 patients ont pris un médicament anti-inflammatoire, le plus souvent de l'ibuprofène. L'étude montre alors que le taux de mortalité est très similaire chez les patients qui ont pris le médicament et chez ceux qui n'en ont pas prix : autour de 30%. Les AINS ne semblent donc pas augmenter les risques de décès ou de formes graves du virus. 

Les chercheurs admettent cependant que leur étude comporte quelques limites : il leur était impossible d'évaluer pendant combien de temps les patients avaient pris des médicaments ni pour quelles raisons ils les prenaient (maladie chronique ou douleur passagère).

Cependant, les résultats de cette étude devraient soulager de nombreuses personnes, estime Ewen Harrison : « les AINS sont couramment utilisés à travers le monde dans de nombreuses situations, qui vont des douleurs bénignes au traitement de maladies chroniques ». Et d'ajouter : « de nombreuses personnes comptent sur eux pour être capables de mener leurs activités quotidiennes ».

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