La BNF offre le Grand Jeu à La Master Collection d'Henri Cartier-Bresson

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Par Elodie D. · Photos par Elodie D. · Publié le 4 juin 2021 à 14h50 · Mis à jour le 4 juin 2021 à 14h55
A la BNF, une très belle exposition offre un nouveau regard sur Henri Cartier-Bresson. Comment ? En laissant 5 amateurs d'art réaliser leur exposition d'Henri Cartier-Bresson à partir des mêmes clichés, "les 385 meilleures photographies de l'artiste", qu'il a intégré dans sa Master Collection en 1973. François Pinault, Annie Leibovitz, Javier Cercas, Wim Wenders, et Sylvie Aubenas ont ainsi joué le jeu et vous allez voir, chaque photo prend une tout autre dimension dans cette présentation ! A voir du 19 mai au 22 août 2021.

Henri Cartier-Bresson aura laissé derrière lui des milliers de photographies à sa mort, qu'il aura légué à de nombreuses institutions. Si elles sont pour certaines rentrées dans la postérité, il y aura bien eu un corpus de photographies, 385 photos très précisément, qui auront touché le photographe bien plus que les autres.

Ces 385 photos, il les aura produit en 6 exemplaires dans un format 30 × 40 cm et répartis dans de hauts lieux de culture, la Collection Menil à Houston, la BnF à Paris, le Victoria and Albert Museum à Londres, l’Université des Arts à Osaka, la Fondation Henri Cartier-Bresson, et désormais la Pinault Collection à Paris.

Dans ce corpus exceptionnel, des oeuvres iconiques comme les rues de Paris, les portraits d'Albert Camus, Colette ou de badauds, des scènes de liesse comme des scènes de désespoir. Alors que le monde ne cesse de réaliser des dizaines d'expositions thématiques sur l'oeuvre prolifique du photographe, la BNF sort le grand jeu avec une exposition aussi bien insolite qu'inédite.

Un homme, Matthieu Humery, spécialiste de la photographie, conseiller pour la photographie auprès de Pinault Collection, a eu l'idée de réunir les six jeux de photographies, et de contacter six amateurs d'art pour leur proposer de faire leur exposition Henri Cartier-Bresson. 

Les personnalités choisies : François Pinault, le grandd collectionneur d'art à l'origine du musée du Palazzo Grassi et du renouveau de la Bourse de Commerce à Paris, Annie Leibovitz, une photographe qui a tout appris du photographe, Javier Cercas, un écrivain passionné , Wim Wenders, un réalisateur qui ne connaissait pas vraiment l'artiste et Sylvie Aubenas, la directrice du département des Estampes et de la photographie de la BnF.

Ainsi, ces cinq personnes ont reçu un exemplaire de la Master Collection de Cartier-Bresson, et se sont lancées dans une exposition, sans pouvoir confronter leurs points de vue, juste en se basant sur leur ressenti et leurs connaissances du photographe.

A la BNF, une exposition divisée en cinq salles, cinq salles au décor différent, avec des panneaux singuliers, et des cadres différents pour mettre en avant les photographies de Henri Cartier-Bresson. Matthieu Humery est impressionné du résultat. Alors que la collection comprend 385 clichés, trois des cinq commissaires d'un jour ont utilisé deux des mêmes images du photographes. Mais disposées à côté de clichés différents, elles prennent un tout nouveau sens, offrant une perspective jamais atteinte dans la compréhension de "l'oeil du siècle" que fut Cartier-Bresson.

L'une de ces photos, c'est celle d'un petit garçon prise àDessau, en Allemagne, en mai ou juin 1945. Ce petit gavroche porte un béret, des vêtements trop grands pour lui, un manteau et un parapluie. Wim Wenders a été touché par cette photo :"On sent une réelle empathie pour ce petit garçon ! Comme s’il voulait l’encourager : « Eh, mon garçon, lève la tête ! Tu as toute la vie devant toi ! » Et pourtant, ce que ce garçon a dû traverser lui fait baisser les yeux.". Pour Henri Pinault, « cette image d’un enfant à la démarche gauche est particulièrement touchante. Le regard baissé, affublé d’un manteau bien trop grand pour lui, il semble vouloir dissimuler son âge. Ayant sans doute grandi trop vite, au sortir de la guerre, il endosse sans conviction le costume de la vie d’adulte et en suit la direction. » Chacun l'a inséré dans son exposition, au coté de clichés qui résonnaient pour eux.

Cette exposition est un joli coup de poker pour le commissaire principal, qui signe là une très belle analyse de la photographie. Un cadavre exquis comme il aime à le rappeler, mais bien plus que cela, car elle nous rappelle que toute la puissance des clichés dépend de leur contextualisation et notre histoire, notre sensibilité. On se prend alors à réfléchir à notre propre sélection, mais ce sera pour une autre fois.

Informations pratiques

Dates et Horaires
Du 19 mai 2021 au 22 août 2021

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    Lieu

    Quai François Mauriac
    75013 Paris 13

    Tarifs
    Tarif réduit : 7€
    Tarif plein : 9€

    Plus d'informations
    Horaires : 10h-19h du mardi au samedi, 13h-18h dimanche

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