Journée de la femme 2021 : Constance, une humoriste éprise de liberté et d'indépendance

Par Laura B. · Publié le 5 mars 2021 à 10h29 · Mis à jour le 5 mars 2021 à 20h08
A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes prévue le 8 mars 2021, SortiraParis dresse le portrait de femmes inspirantes. Coup de projecteur sur Constance, une humoriste qui n'a pas froid aux yeux, totalement libre et indépendante.

Chaque semaine sur les ondes de France Inter - depuis quatre ans - et dorénavant aussi sur France 2 dans "On est en direct", pour des chroniques humoristiques, vous connaissez certainement Constance, humoriste désopilante et surtout très indépendante.

D'origine picarde, Constance a d'abord voulu faire du théâtre classique avant de faire rire les gens. Elle a d'ailleurs fait du théâtre pendant huit ans avant d'intégrer le conservatoire d'art dramatique de Lille. Mais, très rapidement, elle se rend compte qu'elle a naturellement tendance à faire rire les gens car elle est toujours "à côté de la plaque". Elle décide d'en faire une force, d'autant plus que depuis toute petite, elle s'est habituée à savoir faire preuve de répartie face à ses deux grands frères auxquels elle envoie des vannes.

Constance, une humoriste libre et indépendanteConstance, une humoriste libre et indépendanteConstance, une humoriste libre et indépendanteConstance, une humoriste libre et indépendante

Après ses études à Lille, Constance choisit de venir à Paris où elle découvre le one-man-show, et goûte à cette indépendance qui lui est chère, ce plaisir d'être seule sur scène.
C'est cet art en solo qui sied le mieux à cette artiste qui a "toujours eu du mal avec la hiérarchie de l'école, du patron...".

Après des passages en cafés théâtres, festivals et même dans les salles de fêtes de sa Picardie natale, Constance finit par intégrer l'émission "On n'demande qu'à en rire" fin 2010, après s'être faite désirer.
Si la première fois qu'elle est sollicitée, elle refuse - Constance n'aime pas l'aspect notation de l'émission et se méfie alors de la télé - elle finit par se laisser convaincre par d'autres humoristes qui y participent déjà, comme Jérémy Ferrari et Garnier et Sentou.
Pour Constance, cette "mise en danger" permanente, avec un nouveau sketch à produire chaque semaine, lui permet "de trouver son clown", et de savoir quelle forme d'humour elle veut faire.
Si "On n'demande qu'à en rire" a été un "accélérateur de carrière" grâce auquel elle a pu se produire dans plus de salles, de taille plus grande, en étant signée par une production, il n'empêche que l'émission a eu un "effet feu de paille".
Après avoir quitté l'émission en 2012, Constance a vécu deux années compliquées : "il y a un phénomène de fans, une notoriété exacerbée, mais quand on n'est plus médiatisé, les gens vous oublient, ils croient que vous êtes décédé".
Après son passage dans "ONDAR", Constance, nouvellement soutenue par une production, enchaîne quatre ans de travail non-stop. "Une erreur, un tunnel de travail et de fatigue" qui la conduiront à un burnt-out sur scène. Peu après les attentats du 13 novembre 2015, alors qu'elle se produit à la Comédie de Paris, Constance s'effondre littéralement sur scène.

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Un épisode qui lui fait prendre conscience de l'importance de sa liberté : "Pour tout l'or du monde, je ne braderai plus ma liberté". A partir de ce moment, Constance quitte sa production et choisit d'être complètement indépendante, en auto-production.
"Quand on bosse avec les autres, on se souvient pourquoi bosse seul" rappelle Constance qui demeure tout de même ouverte aux projets, mais veut à tout prix garder son indépendance.
Elle compare la relation professionnelle à une relation de couple : "Comme dans un couple, rester indépendant, c'est une histoire qui dure plus longtemps. Une relation professionnelle ou amicale, c'est pareil : on partage par choix, et si quelqu'un fait chier, il dégage.". "Il ne doit pas y avoir de rapport de force, de rapport malsain" précise celle qui ne pratique pas le stand-up, mais les sketchs à personnages, à l'ancienne.
Dès lors, bien qu'elle délègue, elle demeure sa propre patronne et décide de ce qu'elle veut faire ou ne pas faire. Par exemple, en ces temps où les humoristes se produisent en live streaming, Constance a refusé toutes ces sollicitations : "Le spectacle c'est vivant, avec des gens dans la salle qui ressentent des trucs".
Et, bien que dorénavant en auto-production, Constance n'a pas vu son nombre de dates de spectacles diminuer.
Entre-temps, elle intègre l'équipe de "Par Jupiter" sur France Inter, ce qui lui permet de toucher un autre public, celui de la radio publique, avec son humour décalé. Un public qui vient la voir en spectacle. "C'est agréable d'être là où vous devez être, avec un public qui vous correspond" se réjouit celle qui apprécie l'humour de Blanche GardinMarina Rollman (consoeur chroniqueuse sur France Inter) et de la Québécoise Maude Landry.

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Depuis le mois dernier, Constance est de retour à la télé, tous les samedis soir sur France 2 dans "On est en direct". Elle retrouve Laurent Ruquier avec qui elle avait perdu le contact depuis son départ d' "On n'demande qu'à en rire".
"Quand la télé est au service de l'artiste, ça n'apporte que des bonnes choses" analyse Constance qui refuse toute concession.

Pour Constance, sa carrière d'humoriste, "un métier solitaire", est "une course de fond".
En gardant son indépendance, elle se doute que certaines portes ont dû se fermer à elle. Néanmoins, son "ambition n'est pas trop importante, elle ne pèse pas plus que le besoin de liberté, d'indépendance". Ce qui compte par-dessus tout, c'est de pouvoir dire ce qu'elle veut. Une liberté dont elle bénéficie dorénavant, et ce depuis un moment.

Ce qui illustre probablement le plus la liberté et l'indépendance de Constance, c'est cette phrase qu'elle dit à la fin de son spectacle "Pot Pourri" : "Je préfère manger des spaghettis avec des amis que du caviar avec des connards. Le caviar j'aime pas ça, ça a un goût de bite".

On vous laisse méditer.

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