Covid : pas de réouverture en vue pour les escape game

Par Laurent P., Rizhlaine F. · Publié le 12 janvier 2021 à 11h35 · Mis à jour le 12 janvier 2021 à 11h58
Avec toutes les fermetures d'EPR et autres parcs de loisirs et leurs réouvertures reportées aux calendes grecques par le gouvernement, crise sanitaire oblige, qu'en est-il des escape games ? On fait le point.

Le loisir mis à mal par la crise de la Covid… À l’heure où la réouverture des établissements culturels et autres restaurants est encore une fois repoussée à au moins le mois de février 2021, qu’en est-il des escape games, grand oublié du secteur ? Lors de la dernière conférence de presse du gouvernement, jeudi 7 janvier 2021, celui-ci a indiqué exclure pour le moment toute réouverture des lieux de loisirs (comprendre parcs d’attractions et autres espaces ludiques) avant la fin du mois, renvoyant au 20 janvier une concertation pour établir un nouveau calendrier.

Une véritable douche froide pour le secteur qui subit les aléas des ouvertures et fermetures depuis mars 2020. Sur l’année écoulée, "on n’a pu ouvrir que cent cinquante-neuf jours" explique ainsi Maxime Yonnet, propriétaire de la Gaillard Académie, escape game situé à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, à nos confrères du Monde. Et une période en particulier a cristallisé les attentes, comprise entre octobre et décembre 2020, mois de l'année les plus chargés pour les enseignes. Maxime Yonnet estime également avoir eu de la chance, ayant été tardivement en zone d'alerte maximale : "Et encore, nous sommes loin d’être les plus à plaindre, au moins, on a pu bénéficier de la quasi-totalité de la période des vacances de la Toussaint. On n’a perdu que deux jours avec le deuxième confinement", ajoute-t-il.

Une fermeture qui, au-delà du semi-confinement instauré en octobre dernier, se justifie en raison du haut risque de contamination que représentent les escape games : "C’est vrai qu’en termes de gestes barrières, on cochait toutes les mauvaises cases", explique Maxime Yonnet, toujours à nos confrères du Monde. Il continue : "Les gens sont regroupés à plusieurs dans un espace clos, où on leur demande de collaborer et de toucher à tout". Pourtant, un effort avait été fait pour sécuriser les lieux, avec une charte sanitaire stricte, Jouons en confiance, permettant la mise en place de protocoles (port du masque, désinfection des salles, mise à disposition de gel hydroalcoolique, créneaux horaires élargis...) pour que les joueurs puissent profiter des espaces sans craindre de contamination.

Des protocoles que nous expliquait déjà David Musset, co-fondateur de l'enseigne d'escape game parisienne Hint Hunt, en mai 2020 : 

Mais les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous : selon une enquête coordonnée en novembre dernier par le propriétaire de la Gaillard Académie (et relayée par Le Monde), quant à l'impact de cette crise sur le secteur, la fréquentation mensuelle a baissé de façon générale de 11% par rapport à l'année précédente, sur la même période. Certaines enseignes ont même enregistré des baisses plus conséquentes, de 25%, de leur fréquentation. Concernant le chiffre d'affaires, celui-ci a en moyenne baissé de 9%. Une baisse significative qui engendre depuis de nombreux problèmes économiques, les loyers devant tout de même être payés, même si aucune rentrée d'argent n'est possible.

Certains, comme David Musset, craignent une fermeture définitive pure et simple de certains escape games : "tout le monde a été impacté de la même manière. Si ça perdure et si la reprise est plus longue qu'espérée [...] on s'attend à ce qu'un escape game sur deux soit en cessation de paiement et fasse faillite. C'est un impact énorme pour le secteur", nous expliquait-il. D'autres ont quoi qu'il en soit pris les devants : pour exemple, The Box, enseigne de jeux d'évasion située à Metz, propose ainsi son escape game en visioconférence, avec un game master manipulant les objets à la place des visiteurs au sein même de la salle. D'autres, comme John Doe, enseigne installée dans tout l'hexagone, proposait deux de ses salles en version dématérialisée, avec la possibilité d'imprimer les énigmes à la maison ou encore de se les faire livrer dans une box spécifique.

Une façon comme une autre de s'adapter à la crise, avant une réouverture salvatrice, espérons-le, le plus vite possible.

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