La Bibliothèque Parlante 2021, le festival littéraire de la BNF qui fait parler les livres

Par Elodie D. · Publié le 31 mai 2021 à 12h31 · Mis à jour le 31 mai 2021 à 14h55
Pendant un week-end, la BNF - la Bibliothèque nationale de France - fait son grand festival de littérature avec 14 artistes invités pour des rencontres, des lectures et même des spectacles axés sur la vie d'Henri Cartier-Bresson. La Bibliothèque Parlante, c'est les 4, 5 et 6 juin 2021 avec, cette année, Abd Al Malik, Fanny Ardant, Pierre Assouline, Amira Casar, Nathalie Cohen, Marianne Denicourt, Cyril Dion et bien d'autres.

La Bibliothèque nationale de France n'est pas une bibliothèque banale. C'est l'héritière de la librairie royale initiée par Charles V en 1380 avec 900 manuscrits... avec le temps, le pays instaure le dépôt légal, avec les premiers ouvrages imprimés. C'est un lieu incontournable pour les chercheurs et les étudiants, mais bien vivant.

Outre les salles de lecture toujours remplies, la BNF propose des expositions et des événements accessibles à tous. Chaque année, un festival littéraire particulier est proposé, pour faire parler les livres et en dévoiler les secrets. La Bibliothèque parlante, avec des auteurs, des comédiens et des chanteurs, qui doivent s'approprier des classiques de la littérature française.

Cette année, les 4, 5 et 6 juin 2021, Abd Al Malik, Fanny Ardant, Pierre Assouline, Amira Casar, Nathalie Cohen, Marianne Denicourt, Cyril Dion, Constance Dollé, Clothilde Durieux, Benjamin Flao, Elsa Lepoivre, Marie Modiano, Emmanuel Noblet et Sonia Wieder-Atherton vont prêter leurs voix à de très beaux textes pour mettre en lumière la vie et l'oeuvre de Henri Cartier-Bresson.

Pourquoi cet homme ? Tout simplement car ce photographe engagé est à l'affiche d'une magnifique exposition à la BNF. Et le programme donne envie.

Vendredi 4 juin à 19h, Amira Casar lit Mon cœur mis à nu, de Charles Baudelaire. L’anecdote veut qu’Henri Cartier-Bresson, qui avait toujours un recueil d’un de ses livres de chevet en poche, ait eu celui-ci alors qu’il s’apprêtait à être opéré... du cœur. on y retrouve des souvenirs, des commentaires sur ses contemporains et des réflexions d’ordre éthique de Charles Baudelaire, tour à tour poignants, mordants ou virulents.

Puis, samedi à 16h, Marianne Denicourt lira Monsieur Proust, un recueil de Céleste Albaret, une gouvernante et confidente de Marcel Proust. Au début des années 1970, Céleste Albaret a raconté au micro de Georges Belmont les huit années extraordinaires qu’elle a passées auprès de Marcel Proust, et en 2014, Marianne Denicourt et Ivan Morane se sont appuyés sur ces 49 heures d’enregistrement pour créer un livre qui permet de pénétrer dans la chambre-atelier d’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

Autre lecture, celle d'Aurélia Steiner de Marguerite Duras, par Fanny Ardant, accompagnée au violoncelle par Sonia Wieder-Atherton. Le texte Aurélia Steiner résonne comme un écho au film d’Henri Cartier-Bresson, Le retour, qui a saisi, en 1945, la libération et le voyage de retour des soldats français libérés des camps. Dans ce texte, Duras raconte l'histoire d’une femme morte dans les camps nazis, de sa fille née sur place, d’une jeune femme qui vit entre Melbourne et Vancouver, de Duras elle-même.

Dans un autre registre, Nathalie Cohen racontera la relation entre Pierre Assouline et Henri Cartier-Bresson Pierre Assouline et Henri-Cartier Bresson se rencontrent en 1994. Le journaliste raconte dans son livre Henri Cartier-Bresson, L’Oeil du siècle le travail qu’il a consacré « au plus grand photographe vivant, au dessinateur ressuscité, au reporter au long cours, à l’aventurier tranquille, au voyageur d’un autre temps, au contemporain capital, à l’évadé permanent, au géomètre obsessionnel, au bouddhiste agité, à l’anarchiste puritain, au surréaliste non repenti, au symbole du siècle de l’image, à l’œil qui écoute »

De son côté, Elsa Lepoivre lit les lettres de Frida Kahlo Henri Cartier-Bresson s’est décrété « Français du Mexique à vie ». Pour évoquer cette patrie de cœur, la BNF fait entendre Frida Kahlo, digne représentante de ce pays. Dans sa correspondance, elle évoque ses amours, notamment pour son mari Diego Riviera, ses combats politiques, son engagement féministe, sa lutte contre le corps souffrant. Un condensé multicolore de surréalisme sud-américain sera lu par Elsa Lepoivre de la Comédie-Française.

Pour La Bibliothèque parlante, Abd al Malik fait résonner ses textes favoris et ceux d’Henri Cartier-Bresson dans un concert littéraire inédit et exceptionnel où Saint-Simon, Camus, Giono, Sagan croisent Baudelaire, Breton, ou encore Giacometti et Prévert.

Un spectacle tout public reprendra la nouvelle de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, dans laquelle Elzéard Bouffier, un berger de Haute-Provence, fait revivre sa région aride en y plantant des chênes. Benjamin Flao redessine en direct l’adaptation qu’il a donnée du texte dont Clothilde Durieux livre son interprétation, entre lecture et musique, tandis que le vidéaste Guillaume Donias organise la rediffusion sur un écran en fond de scène. Une équipe qui donne à voir et entendre ce conte écologique.

Lauréate 2019 de la résidence numérique BnF-Del Duca, l’artiste Judith Guez expose le fruit de son travail de création à partir des fonds de la Bibliothèque. Son installation interactive et immersive permet au spectateur, grâce à un casque de réalité virtuelle, de découvrir l’un des plus beaux livres de la Renaissance Le Songe de Poliphile.

Dimanche, des lectures au jardin seront proposées par Marie Modiano et par Cyril Dion, qui liront des passages de leurs recueils respectifs. A côté de cela, des livres seront mis à disposition du public pour des lectures sur transats. A découvrir : Les voix de Céleste Albaret (extrait des entretiens enregistrées en 1972, conservés à la BnF et numérisés), de Julien Gracq (extrait de son oeuvre Proust considéré comme terminus, enregistrée en 1989, in Oeuvres, éd. des Femmes-Antoinette Fouque, 2004) et de Robert Doisneau (extrait des interviews de Robert Doisneau par l’universitaire anglais Peter Hamilton, qui a enregistré 38 cassettes entre 1990 et 1994, dont il a fait don à la BnF en 2007). 

A noter, chaque événement est payant, à 10 euros (hors les lectures au jardin et les lectures sur transat), mais le jeu en vaut la chandelle pour les amateurs de littérature et de photographie.

Informations pratiques

Dates et Horaires
Du 4 juin 2021 au 6 juin 2021

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    Lieu

    Quai François Mauriac
    75013 Paris 13

    Tarifs
    l'évenement : 10€

    Âge recommandé
    Tout public

    Site officiel
    www.bnf.fr

    Plus d'informations
    Horaires : 14h-19h

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