Viril avec Despentes, Dalle et Casey, on y était, on vous raconte

Par Caroline J. · Publié le 3 mars 2020 à 12h16 · Mis à jour le 4 mars 2020 à 18h41
A quelques jours de la journée internationale des droits des femmes, le trio Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey a livré une époustouflante prestation, profondément rock’n’roll et féministe, le lundi 2 mars 2020 à Bobino à l’occasion du concert littéraire ‘Viril’.

C’est une salle de Bobino pleine à craquer et majoritairement féminine qui trépigne d’impatience à l’idée de découvrir Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey réunies sur une seule et même scène. Les trois artistes présentent le spectacle ‘Viril’ ce lundi 2 mars 2020 dans le cadre du festival ‘Paroles Citoyennes’.

Entourées des trois talentueux musiciens du groupe de rock Zëro, Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey ont, pendant 1h30, dépoussiéré le genre en récitant viscéralement de puissants textes profondément féministes, mais dénonçant aussi le racisme et l’homophobie.

Le show, magistralement mis en scène par David Bobée, débute par l’incroyable performance de Béatrice Dalle déclamant avec puissance et rage des extraits du célèbre ouvrage 'King Kong théorie' de Despentes. « J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf ».

De son côté, la rappeuse Casey nous touche au plus profond en comparant l'homosexualité à « un sniper aveugle comme l’amour, éclatant comme un rire et aussi tendre qu’un chien. Et s’il se lasse de prendre des enfants pour cible, il tire une rafale de balles perdues qui vont se loger dans le cœur d’une agricultrice, d’un chauffeur de taxi, d’un chanteur hip-hop, d’une factrice pendant sa tournée » tandis que Béatrice Dalle est au bord des larmes en récitant un texte de Zoé Léonard datant de 1992. « Je veux une présidente de la République qui a avorté à 16 ans, une candidate qui ne soit pas la moindre des deux maux ; je veux une présidente de la République dont la dernière amante est morte du sida, dont l’image la hante à chaque fois qu’elle ferme les yeux, qui a pris son amante dans ses bras tout en sachant que les médecins la condamnent ».

Virginie Despentes, dans un style plus réservé mais tout aussi puissant, nous parle du voile mais aussi du patriarcat et égratigne la gente masculine, peu présente dans la salle de Bobino. « Je suis née en guerre contre l’ordre patriarcal, personne ne pourra me faire taire » clame la romancière en lisant un texte signé Itziar Ziga. Aux côtés de Casey, elles définissent également le mâle « comme une femme manquée ».

Puissant et émouvant, résolument engagé, féministe et rock’n’roll, le tout porté par les mélodies planantes de Zëro, ce concert littéraire nous emporte dès les premiers mots et ne nous lâche plus jusqu’au dernier texte : une poignante lettre d’amour écrite par Leslie Feinberg et lue par Virginie Despentes qui achève le show, seule, sans musique, et avec émotion.

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Informations pratiques

Lieu

20, rue de la Gaîté
75014 Paris 14

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