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L'Evènement d'Annie Ernaux à la Comédie-Française : notre critique

Publié le 19 avril 2017 Par Marine S.
singulis

Infos pratiques

Du 19 avril 2017
Au 30 avril 2017


99, rue de Rivoli (Carrousel du Louvre
75001 Paris 1

Métro Palais Royal

11 euros (RSA)
13 euros (- 28 ans)
22 euros (TP)

Dans le cadre du Festival Singulis, Françoise Gillard s'empare avec beaucoup d'élégance de L'Evènement, livre d'Annie Ernaux, du 19 au 30 avril 2017 au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, dans le Carrousel du Louvre.

Pour la deuxième année, la Comédie-Française programme Singulis, un festival fait de seuls en scène. Françoise Gillard, sociétaire de la Maison de Molière, y prend part en mettant en scène et en interprétant une adaptation d'un des plus beaux livres de l'auteure française Annie Ernaux, L'Evènement

Aidée par Denis Podalydès, Françoise Gillard prête sa voix et son corps à un texte fort. L'Evènement, c'est l'histoire d'une jeune femme, Annie, 23 ans. A l'époque, l'avortement est encore interdit en France, mais pourtant. Annie veut disposer de son corps et ne désire pas de cet enfant. A 23 ans, Annie Ernaux a fait partie de ces centaines d'anonymes qui auront pratiqué, au péril de leur vie, un avortement clandestin. Elle a eu la chance de s'en sortir et 25 ans plus tard, de sortir de son silence. Un silence douloureux alors même que la loi Veil est passée par là entre temps. Mais la douleur reste. 

La mise en scène est rudimentaire. Françoise Gillard, qui incarne Annie, est assise sur une chaise. Elle ne s'en lèvera presque pas. Elle porte un pull vert, une robe grise, des ballerines. Elle a les cheveux tirés en demie-queue et possède l'allure sage d'une jeune étudiante en lettres. Il n'en fallait pas plus pour incarner cette jeune femme assez seule, discrète, qu'on ne croirait pas capable de "ça". "Chapeau !", lui dira un ami par la suite. C'est qu'un avortement, dans les années 60, c'est un parcours du combattant. Les médecins qui la pratiquent ou qui l'encouragent risquent l'interdiction d'exercer à vie, alors, personne ne veut en entendre parler. Tout le monde sait que cela existe, mais on fait l'autruche. Quelque part, une jeune fille qui veut y avoir recours, ne doit pas être très sérieuse... Que cela lui tienne de punition. Au moins qu'elle ne recommencera pas. Si aucun médecin ne veut s'en charger, très bien, Annie fera autrement. Elle aura ainsi recours à ce qu'on appelait les faiseuses d'ange...

Le texte d'Annie Ernaux est d'une beauté spectaculaire. C'est cru, c'est osé, c'est sans détour et sans artifice. C'est la vérité. Une vérité qui fait mal. Sous sa frange sage, on a du mal à y croire. Elle sourit quand elle dit avoir souffert le martyre. Malgré son sourire, on la croit sans sourciller. On sert les dents avec elle.

Ce texte, c'est l'occasion de rappeler que la liberté des femmes de disposer de leur corps, de leurs choix, n'est jamais gagnée. Qu'aujourd'hui encore, le combat n'est pas achevé et que les femmes, jamais, malgré les interdictions, n'accepteront leur sort. Quitte à ce que cela se passe au péril de leur vie. Quand Annie Ernaux prend la plume, 25 ans plus tard, c'est aussi pour ça. Pour que l'on n'oublie jamais toutes ces centaines de victimes en rendant compte du réel, de la vérité, même quand elle est dure à entendre. 

Infos pratiques :

L'Evènement, au Studio-Théâtre de la Comédie-Française du 19 au 30 avril 2017.

Du mercredi au dimanche à 20h30.

Tarifs : de 11 à 22€

Réservations : 01 44 58 15 15

       

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