Cendrillon de Joël Pommerat au théâtre de la Porte Saint-Martin, notre critique

Par Laura B. · Publié le 4 juillet 2022 à 10h06
Classique du genre, la version du conte "Cendrillon" signée Joël Pommerat est, à nouveau, reprise au théâtre de la Porte Saint-Martin cette année. La pièce y est à l'affiche jusqu'au 19 juillet 2022. Une version moderne et pleine d'humour dont on se délecte.

Cendrillon, version moderne des contes de Charles Perrault et des frères Grimm mettant en scène le personnage à la pantoufle de verre, est de retour à l'affiche du théâtre de la Porte Saint-Martin.
La Cendrillon moderne dessinée par Joël Pommerat est à retrouver sur les planches jusqu'au 19 juillet 2022.

Le metteur en scène Joël Pommerat, en marge de ses fresques sociales et politiques, dont le génial Ça ira (1) Fin de Louis, a adapté plusieurs contes mythiques et fondateurs de notre enfance. Du Petit Chaperon Rouge (notamment joué aux Bouffes du Nord) à Pinocchio (présenté, entre autres, à la MC93), il y a aussi le conte de Cendrillon.

L'histoire, nous la connaissons tous, c'est celle d'une jeune fille qui perd sa mère et qui fait la promesse de penser à elle tout le temps, presque tout le temps. Elle suit son père et vit désormais avec sa belle-mère et les deux filles de celle-ci. Cendrillon devient leur bonne à tout faire, malgré son intelligence, malgré sa délicatesse. Avec simplicité et humour, Joël Pommerat monte cette histoire ô combien intemporelle qui ravira petits et grands dans un même élan enchanteur.

À noter qu'en plus de (re)découvrir Cendrillon sur les planches version Joël Pommerat, les fans du personnage ont aussi le plaisir de découvrir le film musical sur Amazon Prime Video avec Camila Cabello.

Notre critique :

Cendrillon, revue, corrigée et revisitée par Joël Pommerat, c'est une excellente pièce, moderne, drôle et très visuelle. En se réappropriant le conte de Cendrillon, Joël Pommerat propose une histoire sise de nos jours, celle d'une "très jeune fille", Sandra.

Sandra est têtue, a beaucoup de bagout et un caractère bien trempé. Et si la vérité sort de la bouche des enfants, ici elle sort de la bouche de Sandra, personnage très attachant dont la répartie agace sa belle-mère. Si elle ne rechigne pas à la tâche (sortir les poubelles, ramasser des cadavres d'oiseaux...) et à dormir à la cave, Sandra n'a pas la langue dans sa poche, demandant, par exemple, à son père, s'il est débile. Sandra, malgré son air négligé en haillons, au départ, est tout de même bien traitée sous la plume de Joël Pommerat. Et on ne peut pas en dire autant de tous les personnages. La fée - littéralement tombée de l'armoire - imaginée par l'auteur de théâtre est déglinguée, fume comme un pompier et propose des tours souvent ratés. Quant à la marâtre, Pommerat, ici, la tourne en ridicule, dépeignant une femme obsédée par la jeunesse éternelle et la beauté (comme la Reine-Sorcière dans Blanche-Neige), qui se fait faire de grandes oreilles grâce à la chirurgie esthétique et quelque peu pédophile sur les bords (à tomber amoureuse d'un jeune homme de 15 ans).

Côté mise en scène et décor, c'est grandiose. Les personnages évoluent dans un décor essentiellement fait de projections numériques (sur les 3 côtés de la scène) très bien réalisées. Des éléments physiques sont tout de même présents comme cet immense lustre de cristal, scintillant, qui offre une des scènes les plus lumineuses de la pièce. Joël Pommerat ayant choisi une ambiance assez sombre car tout n'est pas rose dans l'histoire de Cendrillon. Ou encore un immense rideau, scintillant lui aussi, pour la transformation (pas toujours réussie) de Sandra. Et Pommerat pousse l'expérience sensorielle encore plus loin avec notamment quelques effets olfactifs.

Les scènes sont courtes et dynamiques, entrecoupées de noir total.

En ce qui concerne la modernisation de l'histoire, Joël Pommerat introduit, dans sa version de Cendrillon, la grève dans les transports, une montre qui sonne, la chirurgie esthétique ou encore un rock'n'roll psychédélique sous les stroboscopes. Mais l'auteur ne manque pas, pour autant, de garder les éléments forts du conte, comme la marâtre et ses deux peste de filles, une chaussure égarée (mais pas celle que l'on croit) ou encore le fameux prince (qui est ici incarnée par une femme).

Une version moderne d'un conte, qui se joue délicieusement des contes de fées, qu'on a plaisir à voir et qui rappelle un peu Alice aux Pays des Merveilles qui avait été revue par Damon Albarn dans Wonder.Land.

Informations pratiques

Dates et Horaires
Du 3 mai 2022 au 19 juillet 2022

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    Lieu

    16, bd Saint-Martin
    75010 Paris 10

    Accessibilité

    Tarifs
    14€ - 47€

    Site officiel
    www.portestmartin.com

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