L’Éveil du printemps à la Comédie-Française : notre critique

Pour les 100 ans de la disparition du dramaturge et poète allemand Frank Wedekind, la Comédie-Française fait entrer L'éveil du printemps au répertoire. La pièce, mise en scène par le tout récemment devenu Sociétaire Clément Hervieu-Léger, est présentée depuis le 14 avril 2018 Salle Richelieu.

Changement de cap pour Clément Hervieu-Léger qui mettait en scène l'année dernière les douces mœurs dépeintes par Marivaux dans Le Petit-Maître corrigé, critique ouverte d'une société corrompue et chassé-croisé amoureux comme savait si bien en créer son auteur. Cette année, celui qui vient d'être nommé Sociétaire de la Comédie-Française (il y est entré en tant que pensionnaire en 2005) s'attaque à une œuvre largement controversée de Frank Wedekind, une pièce alors considérée comme pornographique par son époque, celle de la fin du XIXème siècle. 

Dans L’Éveil du printemps, une de ses toutes premières pièces publiées, le dramaturge s'intéresse à l'éveil à la sexualité d'un groupe d'adolescents. Les filles d'un côté, les garçons de l'autre, camarades de classes, ils rougissent, tentent de comprendre, se cherchent les uns les autres. Chez les garçons, le grand Melchior (Sébastien Pouderoux) sort le naïf et attachant Moritz (Christope Montenez) de son ignorance en lui écrivant un manifeste de la sexualité. Du côté des filles, Wendla (Georgia Scalliet), 14 ans, demande ouvertement à sa mère d'arrêter de la prendre pour une sotte : les enfants ne sont pas apportés par une cigogne. Elle la supplie de lui donner une explication. En bonne chrétienne, la mère (la formidable Cécile Brune), lui répond qu'il faut aimer très fort. Elle n'ira pas plus loin dans son explication, rongée par la gêne.  

La pièce débute ainsi dans une atmosphère légère, rappelant aux spectateurs le temps de leurs premiers amours, des premières découvertes. On sourit de leur naïveté, la lumière au plateau (presque entièrement dégagé, quelques panneaux glissant parfois au gré des rencontres) rappelle les soirées d'été.

Puis le ton change. Tout devient terriblement froid. Un drame survient, puis deux. L'époque décrite par Frank Wedekind est terrible pour la jeunesse, pour la curiosité, pour les femmes, aussi. Avec excellence, il décrit des scènes de masturbation collective, de désespoirs, de morts, écrit sur l'avortement. Autant de sujets qui choquent ses contemporains et qui donneront à Freud et Lacan une matière parfaite pour diverses analyses. 

La pièce, hautement intéressante à nos yeux aujourd'hui, tant par sa modernité que par son aplomb, ne parvient malgré tout pas à convaincre entièrement, entravée par un manque de rythme qui laisse parfois sur le carreau. 

Infos pratiques :

L'Eveil du printemps, Salle Richelieu du 14 avril au 8 juillet 2018.

Tarifs : de 7 à 43€

Réservations : 01 44 58 15 15

Marine S.
Dernière modification le 12 avril 2018

Informations pratiques

Horaires
Du 14 avril 2018 au 8 juillet 2018

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    Lieu

    2, rue de Richelieu
    75001 Paris 1

    Accès
    Métro Palais Royal - Musée du Louvre

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