Plaidoiries avec Richard Berry au Théâtre Libre

Par Laura B. · Publié le 6 décembre 2019 à 12h12 · Mis à jour le 28 mai 2020 à 08h56
Après plusieurs séries de représentations de "Plaidoiries" au Théâtre Antoine et au Théâtre Libre, Richard Berry enfilera de nouveau la robe pour se glisser dans la peau de cinq avocats ayant plaidé lors de grandes affaires. C'est tout seul qu'il plaide face au public dans ce spectacle. Une prestation remarquable qui sera de retour au Théâtre Libre du 28 mai au 28 juin 2020.

Au printemps 2020, Richard Berry interprètera de nouveau non pas un mais cinq avocats différents sur scène.
Après avoir enchaîné les représentations et les standing ovations au théâtre Antoine et au Théâtre Libre à de nombreuses reprises, Richard Berry jouera de nouveau son seul-en-scène "Plaidoiries" au Théâtre Libre du 28 mai au 28 juin 2020, du jeudi au dimanche.

"Plaidoiries" est adapté du livre de Matthieu Aron, chroniqueur judiciaire, publié en 2010, "Les grandes plaidoiries des ténors du barreau" où l'auteur a compilé et retranscrit les plus grandes plaidoiries de célèbres avocats dans les grandes affaires judiciaires qui ont marqué notre société.

Sur scène, Richard Berry incarne successivement cinq avocats qui plaident, cinq grands moments de l'histoire de la justice française.

Notre critique :

Lorsque le public pénètre dans le théâtre, le rideau est déjà levé, sur scène trônent deux pupitres et une robe, au fond, celle que Richard Berry enfilera avant de commencer ses monologues.
Car il s'agit bien là de monologues successifs auxquels va s'atteler le comédien, s'adressant aux spectateurs comme s'ils étaient les jurés de ces différents procès

Seul en scène, Richard Berry est aidé par des écrans qui diffusent derrière lui des images d'archive pour rappeler les affaires et indiquer les verdicts des procès.

Tour à tour, on va assister (dans l'ordre chronologique des dates des procès, pas dans celui du spectacle) à cinq grandes affaires qui sont encore dans la mémoire collective :
-En 1972, à Bobigny, Maître Gisèle Halimi défend le droit à l'avortement (qui n'en est pas encore un). L'avocate féministe dénonce une loi obsolète, fait en même temps le procès de l'absence d'éducation sexuelle pour les jeunes, soulevant aussi "le coefficient de surexploitation de la femme par l'homme" avant de demander aux jurés : "Est-ce qu'un être humain quelque soit son sexe a le droit de disposer de lui-même ?"
-En 1976 Maître Paul Lombard, qui a travaillé avec Gilbert Collard sur cette affaire, défend Christian Ranucci, accusé du meurtre d'une petite fille de 8 ans. "L'opinion publique est une prostituée qui tire le juge par la manche" ose l'avocat dans une affaire qui émeut la France au point que le ministre de l'Intérieur de l'époque se soit prononcé pour l'exécution de l'accusé. Qui finira par l'être. Car ici l'enjeu est bien celui de la peine capitale.
-En 1998, soit 54 ans après les faits, Maurice Papon est jugé pour complicité de crime contre l'humanité dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. "Si vous enlevez le régime de Vichy, il [Maurice Papon] n'est rien, une huître sur une plage" ose son défenseur. C'est "un crime de bureau" plaide l'avocat das cette affaire qui revisite heure sombres de l'histoire de France.
-En 2009, Véronique Courjault est jugée pour avoir commis un triple infanticide. "Depuis 18 mois je vis avec l'image de ces bébés (...), je les vois morts" lance l'avocat Henri Leclerc qui voit son métier comme une "collaboration à la vérité", avant de dire aux jurés : "Je vous demande l'impossible" (la libération de Véronique Courjault).
-En 2015, soit dix ans après les faits, deux policiers sont jugés pour non assistance à personne en danger pour la mort des deux adolescents de Clichy-sous-Bois, Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés dans un transformateur électrique. Maître Jean-Pierre Mignard, avocat de leurs famille, relate et dénonce, en vain "une traque".

C'est à un exercice vraiment pas évident mais réalisé avec brio que se livre Richard Berry, l'enchaînement de plusieurs plaidoiries pendant 1h15. Des monologues qu'il réussit parfaitement, tantôt très calme tantôt énervé, avec une diction impeccable, sans jamais une erreur.
Le public est pris aux tripes, ce qui vaudra au comédien une standing ovation bien méritée.

Si vous aussi vous voulez vivre un beau moment de théâtre, direction le Théâtre Libre au printemps 2020 pour voir "Plaidoiries".

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Informations pratiques

Lieu

4 boulevard de Strasbourg
75010 Paris 10

Tarifs
A partir de : 28 €

Site officiel
www.le-comedia.fr

Plus d'informations
Du jeudi au samedi à 20h30.
Dimanche à 19h.

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