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Métropolis

Publié le 16 janvier 2012
Métropolis

Infos pratiques

Du... 19 octobre 2011
Au... 29 janvier 2012


51 rue de Bercy
75012 Paris 12

6.00 euros

Métropolis au Cinémathèque Française du 19 octobre 2011 au 29 janvier 2012.

Une collection unique au monde :

L’exposition Metropolis permet de découvrir le film à travers son scénario, du prologue dans la cité moderniste à la scène finale dans la cathédrale. Les six grandes séquences du film (La Cité des Fils ; La Ville Ouvrière ; La Ville Haute ; Le Laboratoire Rotwang ; Les Catacombes ; La Cathédrale) servent de parcours et sont illustrées par des projections et des pièces uniques : dessins originaux des décorateurs, robot de la « femme-machine », costumes, appareils, photos de plateau…

La Cinémathèque française a la chance de posséder, grâce à Lotte H. Eisner, sa première conservatrice, une collection unique au monde : plus de 800 photographies de plateau originales de Metropolis, des dessins originaux des décorateurs Erich Kettelhut et Otto Hunte, le robot reconstitué par Walter Schulze-Mittendorff… L’exposition présente également des dessins jusqu’ici inédits en France, ainsi que la spectaculaire série de têtes sculptées par Schulze-Mittendorff : La Mort et les sept péchés capitaux.

Fritz Lang visionnaire :

Metropolis a été tourné entre 1925 et 1926 dans trois des plus grands studios de Neubabelsberg, dans la banlieue de Berlin. 311 jours et 60 nuits de tournage furent nécessaires pour terminer cette oeuvre spectaculaire. Outre les huit acteurs principaux, il fallut engager 750 acteurs pour les petits rôles et, dit-on, 25 000 figurants. 6 millions de marks furent dépensés durant le tournage, soit un dépassement de 5 millions sur le budget prévu. Ce qui caractérise Metropolis, c’est la grandeur technique de son exécution. Les images de l’usine, avec ses foules d’ouvriers marchant en cadence, les visions de la ville avec ses étages superposés, inspirées de New York que Lang a visité en 1924, les scènes du robot entouré de cercles de feu, sont fixées dans la mémoire collective. L’église souterraine de la nouvelle religion sociale, avec son enchevêtrement de croix et de jeux lumineux, le rythme des scènes de l’inondation, la fantasmagorie éblouissante de la naissance de l’androïde, restent de grands moments d’anthologie. C’est le dernier film expressionniste, le premier de la Nouvelle objectivité, et le triomphe des « Filmarchitekten » allemands. Épopée du travail tayloriste, de la technologie et des collectivités, réalisation des prophéties de l’Apocalypse par le machinisme et la corruption, c’est une oeuvre moderne, effrayante, prémonitoire à certains égards du futur cauchemar nazi. L’équipe réunie par Fritz Lang est exceptionnelle et marque, avec le Faust de Murnau et Napoléon de Gance, l’apogée progressive de « l’Art Muet ».

Ce qui intéressait initialement Lang, c’était l’affrontement entre la magie et l’occultisme – le domaine de Rotwang – et la modernité technique – incarnée par Fredersen, le maître de Metropolis. Lang n’a finalement pas pu approfondir cet aspect occulte, ce qui a fini par engendrer une sorte de rupture stylistique dans le film.

C’est surtout visuellement, techniquement et au point de vue du spectaculaire que Metropolis s’affirme comme une oeuvre phare pour l’histoire du cinéma. Les nouveaux procédés de prise de vue avec miroirs permettent de composer des images en trompe-l’oeil avec des décors qui semblent gigantesques : c’est l’ancêtre de la projection frontale développée par Stanley Kubrick dans 2001, l’Odyssée de l’espace. On utilise également des procédés d’animation, la méthode des surimpressions, des caméras américaines, allemandes et françaises dernier cri… La plus récente technique cinématographique est appelée en renfort par Lang, afin de donner à Metropolis une grande modernité esthétique et technologique.

Un chef-d’oeuvre à redécouvrir dans sa version d’origine :

Le film est présenté le 10 janvier 1927 à l’UFA Théâtre de Berlin dans sa version originelle (153 min). Si Metropolis rencontre un échec auprès du public et de nombreux critiques, il est défendu par l’avant-garde, Luis Buñuel et la presse intellectuelle française en tête. Une version courte est montrée en France par l’Alliance cinématographique européenne. Distribué aux Etats-Unis par la Paramount, le film est remonté et massacré dans ce pays par le romancier Channing Pollock, qui confiera son plus grand mépris pour l’oeuvre de Lang. Metropolis a subi le même sort que le Napoléon d’Abel Gance (1927), autre film fleuve plein de trouvailles visuelles et techniques, ou Les Rapaces d’Erich von Stroheim (1925) : oeuvres phares et monstrueuses, impitoyablement amputées par les producteurs et financiers de l’époque.

Metropolis de Fritz Lang a été soigneusement restauré à plusieurs reprises durant les années 1980 et 1990 par Enno Patalas, grand spécialiste du cinéma allemand. Mais il manquait toujours des scènes importantes, disparues lors des remontages opérés à l’époque pour raccourcir le film. En 2008, un miracle se produit : une version du film dans son métrage d’origine est découverte au Museo del Cine de Buenos Aires. Quasiment tous les plans manquants de Metropolis subsistent désormais, et le film de Lang restauré par Martin Koerber a retrouvé presque tout son sens originel.

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