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Eau argentée : critique et bande-annonce

Publié le 11 décembre 2014 Par Maïlys C.
Eau argentée : critique et bande-annonce

Infos pratiques

Le... 17 décembre 2014

interdit aux moins de 16 ans

Eau argentée, en salles le 17 décembre 2014, est un documentaire syrien réalisé par Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan, interdit aux moins de 16 ans. Réfugié à Paris, le cinéaste Ossama Mohammed regarde les vidéos des youtubeurs syriens : soldats ou civils, bourreaux ou victimes, ils filment la guerre en Syrie avec leur téléphones et fournissent une incroyable quantité d'images à la toile. Ossama Mohammed les compile dans Eau Argentée. Un documentaire d'une force rare.

Des petits bouts de films, un peu flous, très mouvants, au bruit saturé, mis bout à bout. La guerre filmée par les Syriens. Ossama Mohammed note une volonté tenace et commune de filmer : filmer pour informer, filmer pour hurler la détresse d'un pays, filmer par perversion, filmer par fierté... Le rôle de l'image n'est plus esthétique mais politique : garder la mémoire de l'horreur, ou, plus difficilement compréhensible, filmer le martyre. En tant que cinéaste, Ossama Mohammed questionne cette nouvelle forme de cinéma. En tant que Syrien, il hurle de douleur et d'impuissance.

Notre avis sur le film : 

Extrêmement émouvant, bien sûr. Ces images nous emmènent au coeur d'un conflit sanglant, dont on a tant parlé et qu'on a déjà presque oublié. On vit avec celui qui filme, qui qu'il soit, au plus près de son expérience des rues détruites, des cadavres attrapés avec des bâtons pour ne pas être tué à son tour par un sniper, des petits chats aux visages détruits, des enfants qui regardent leurs parents enterrés. On voit la mort, la torture, le supplice, les gens qui courent, les gens qui tombent, les mères qui pleurent...

Ce spectacle est difficilement supportable, mais il s'impose, avec la même force implacable que la guerre et la destruction se sont imposées au peuple syrien. La réflexion de Ossama Mohammed sur le sens cinématographique de ces images est intéressante : simplement ébauchée, elle ouvre le regard du spectateur et lui permet de voir au-delà de l'horreur, une réflexion sur la société du spectacle. Pourquoi filmer celui qu'on est en train de tuer ? Pourquoi ?

Le silence et les yeux embués de larmes de son amie et co-réalisatrice du film Wiam Simav Bedirxan forment l'une des images les plus marquantes du film : cette jeune femme, institutrice, a vu et filmé l'horreur elle-aussi. De passage en France, elle explique qu'elle va retourner en Syrie. Sans discours, émue, elle dit qu'elle y retournera car c'est son pays. La Syrie est à tous les Syriens. À elle aussi donc, quoi qu'on dise d'elle et de sa liberté de pensée. 

Un documentaire frappant, aux images extrêmement choquantes, car c'est le monde qui est ainsi. 

Bande-annonce : 


Informations pratiques :

Eau argentée
En salles le 17 décembre 2014 

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