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Questions au président du psg club montréal (i)

Publié le 21 juin 2009
Questions au président du PSG Club Montréal (I)

La rédaction de PlanetePSG a décidé de consacrer une interview à Loïc Bertron, président du PSG Club Montréal, une association de supporters parisiens qui, vous l'avez compris, a vu le jour à des milliers de bornes de la France. La première partie de l'entretien nous confronte au regard de cet expatrié sur le football au Québec et sur le Paris Saint-Germain.

Cher Loïc, pourrais-tu te présenter aux lecteurs de PlanetePSG ?



Tout d’abord bonjour à tous les lecteurs de PlanetePSG, et un grand merci au site de m’offrir cette tribune pour présenter notre association. Expatrié depuis un an à Montréal, j’ai vingt-deux ans et suis un grand supporter du Paris Saint-Germain depuis très jeune. J’ai été abonné quelques temps dans le KoB (Ndlr : Kop of Boulogne) sans être carté mais j’ai toujours rêvé de pouvoir œuvrer dans une association de supporters, chose faite depuis quelques mois.



Par quel hasard as-tu atterri à Montréal ?



J’ai suivi un master dans une grande école d’informatique pendant quatre ans à Paris. Habitant dans les Yvelines, je n’en pouvais plus de faire le trajet tous les jours. Je commençais vraiment à saturer et j’avais surtout envie de découvrir autre chose, une autre culture. Comme mon école propose chaque année à ses étudiants de partir étudier à l’étranger, Montréal fut pour moi une superbe opportunité. C’est une ville nord-américaine, avec tout ce que cela implique, tout en étant francophone et imprégnée de culture française. De plus, j’avais toujours rêvé de découvrir un jour le Canada.



Ce déménagement a-t-il changé ton mode de vie ?



Oui, bien sûr. Bien que mes habitudes françaises me collent à la peau, il a fallu s’habituer à de nouvelles coutumes et surtout à un nouveau climat. J’ai passé mes six premiers mois ici en compagnie d’amis français de longue date. Nous sommes partis ensemble et nous vivions tous les six dans la même maison. Malgré notre expérience québécoise, nous avons donc gardé beaucoup de mœurs françaises. Et puis, mon cœur vibrant toujours Rouge et Bleu, je ne peux m’empêcher de régler mes activités en fonction de l’actualité du PSG.



Comment te débrouilles-tu pour te tenir toujours au courant de ce qui se trame à Paris ?



J'ai la chance de travailler dans l'informatique. J'ai toujours sur mon poste les informations en direct de plusieurs sites français, surtout PlanetePSG. Je me balade très régulièrement sur vos forums pour prendre connaissance de vos avis, et je n'ai pas à me plaindre de ce coté-là.



Parle-nous de la place du football au Québec, et plus largement, dans la société canadienne...



J’ai été assez impressionné de la place du soccer (Ndlr : Le nom du football en Amérique du Nord pour distinguer ce sport du football américain). Je m’attendais vraiment à débarquer sur une terre hostile à notre sport favori. Mais, depuis quelques années, le football a désormais une place de choix ici. Les terrains de football sont omniprésents dans chaque district de Montréal ainsi qu’au Québec en général. De plus en plus de terrains de baseball sont reconvertis en terrains de foot, et la plupart des terrains de football américain sont aménagés pour pouvoir aussi y pratiquer le soccer. Il faut savoir que le soccer est le sport le plus pratiqué au Québec. Environ 12% de la population locale y joue. C’est bien plus que le hockey, 6% environ, considéré trop peu accessible en raison de ses contraintes : les patinoires extérieures ne sont ouvertes que quatre mois par an, l’équipement coûte très cher, environ 500$ pour le strict minimum, alors que seul un ballon suffit pour jouer au football.



Je ne connais pas trop la place du football au Canada en général mais je pense quand même qu'au Canada le Québec est un cas à part. Pour généraliser, en Amérique du Nord, le football grandit chaque jour. Preuve en est dans la culture nord-américaine : Hollywood ainsi que les shows TV se font de plus en plus l’écho du football.



Y a-t-il un championnat de football local ?



On ne peut pas parler d’un championnat local. Tout comme les autres sports américains, le football dispose de son championnat "National", la MLS ou Major League Soccer, regroupant diverses franchises des États-Unis et du Canada. Pour le Canada, seul Toronto fait partie de ce championnat. Pendant un temps, Montréal était pressenti pour l’intégrer mais les contraintes économiques ont eu raison de sa candidature. En dessous de la MLS il y a l’USL (Ndlr : United Soccer Leagues), la Ligue 2 à l’américaine, qui regroupe diverses associations. Les Whitecaps de Vancouver et l’Impact de Montréal y représentent le Canada. Toutefois, il n’y a pas de système de promotion-relégation reliant la MLS à l'USL.



Il existe aussi une version américaine de la Ligue des Champions, réunissant les champions de chaque pays de la zone CONCACAF (Ndlr : Confédération de l'Amérique du Nord, centrale et Caraïbes de football association). C’est pour cela qu’en parallèle de la MLS, il existe un championnat canadien réunissant les trois meilleures équipes du pays : Toronto, Vancouver et Montréal. Le vainqueur de ce mini-championnat accède à la Ligue des Champions. L’an dernier, Montréal avait été sacré champion et a donc pu disputer cette compétition. Ils ont atteint pour la première fois les quarts de finale de l’épreuve et ont réuni 55 000 personnes au stade Olympique de Montréal, preuve que le football devient de plus en plus important au Québec.



Les sports dits américains ne restent-ils pas dominants au Canada ?



Les sports américains restent, il est vrai, dominants ici. Surtout le hockey, qui est plus considéré comme une religion qu’un sport. A titre de comparaison, je pense que les Canadiens de Montréal, l’équipe locale de hockey, se rapproche du FC Barcelone pour les amateurs de foot. La ferveur qu’elle entraîne est impressionnante, tout comme celle que génèrent les footballeurs catalans, les journaux ne sont pas tendres avec leurs joueurs et leurs dirigeants ne leur épargnent aucun écart. Les Montréalais n’hésitent pas à afficher leurs couleurs sur leurs voitures, sur leur balcons, à s’habiller tous les jours en supporters de hockey sans que jamais personne ne les critique. J’aurais tellement aimé voir cet état d’esprit à Paris et en région parisienne. A propos des autres sports américains comme le basket ou le football américain, ils sont beaucoup moins suivis, le Québec ne possédant plus d’équipes très compétitives dans ces sports.



Les amateurs de soccer suivent-ils les clubs américains plutôt que les formations européennes ?



Non, pas du tout. Le football européen est le plus suivi ici, au Québec. Une fois de plus je tiens à préciser "au Québec", car même si le Québec est en Amérique du Nord, c’est malgré tout un "petit pays" très différent du reste du Canada ou de l’Amérique du Nord. Mais j’ai eu l’occasion de découvrir New York et c’est le cas là-bas aussi : le football européen y est très suivi, notamment la ligue des Champions. Il faut savoir que New York et Montréal, tout comme les autres grandes métropoles, sont des terres d’accueil pour des milliers d’immigrants d’horizons très différents. Il y a de nombreux Européens qui traversent l’Atlantique chaque année et qui apportent avec eux leur ferveur pour le football européen. Dans le cas particulier de Montréal, il y a dans cette ville énormément d’Italiens, d’Irlandais et bien entendu une très grosse communauté française.



Quelle est l’image du PSG dans ton pays d’adoption ?



Le PSG est assez peu connu par les Québécois. L’image qu’ils se font du football européen est celle reflétée par la Ligue des Champions. Absents depuis de trop nombreuses années de cette compétition, les joueurs du PSG ne pèsent pas lourd comparés à ceux de Barcelone, Chelsea, Manchester ou même de Lyon.



Que penses-tu de la saison que vient de disputer le PSG ?



Si on m'avait dit au lendemain du premier match de la saison, perdu 1-0 contre Monaco, que le PSG terminerait 6e, j'aurais sans doute signé d’office. Mais au vu de la saison, j'ai beaucoup de regrets car j'ai l'impression que l'équipe n'a pas su prendre ses responsabilités au moment où il le fallait. Il y a eu trop de défaites importantes en seconde moitié de saison. Si les faits importants de la saison ne s'étaient passés que sur le terrain, alors j'aurais moins d'espoir que maintenant pour la saison prochaine. Car il ne faut pas oublier la gestion désastreuse des dirigeants : guerre interne de pouvoir, d'influence, départ d'un président actif et compétent malgré ses lacunes footballistiques, conflits entre le staff technique et les joueurs...



J'espère que le caractère et le franc parler d'Antoine Kombouaré apporteront la sincérité qui nous manquait cette saison dans les relations entre le sportif et l'administratif, ainsi que la sérénité dans le vestiaire pour pouvoir travailler en toute quiétude. Cette saison, j'ai vu dans l'équipe un leader charismatique capable de tenir les rênes de l‘équipe, Makelele, et un vrai leader en attaque prenant à merveille la relève de l'aigle des Açores, Hoarau. Enfin, j’ai surtout vu un vrai leader technique en la personne de Sessegnon. Si l'an prochain le club parvient à garder cette ossature tout en créant une homogénéité entre le onze titulaire et le banc de touche, alors on aura une équipe capable d'obtenir une place en Ligue des Champions sans problème.



Demain, Loïc nous parlera de ses projets et de l'association qu'il préside, le PSG Club Montréal.




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