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Rothen et paris : une histoire d'amour

Publié le 6 avril 2010
Rothen et Paris : une histoire d'amour

Après avoir relaté le déroulement de ses transferts de cette saison, Jérôme Rothen explique à So Foot pourquoi il reste parisien malgré un départ pour le moins tumultueux l’été dernier. Il évoque la possibilité d’un retour dans la capitale française et donne son point de vue sur les problèmes rencontrés par le PSG.

Un Paris décevant

Parti du PSG en fin de saison dernière, Jérôme Rothen n’oublie pas le club de son cœur. Il se dit déçu de la tournure des événements cette année, que ce soit sur le terrain ou en dehors. "Aujourd’hui, je suis dans la peau du supporter car je ne suis plus joueur là-bas. Je comprends le mécontentement des supporters. L’an dernier, on a fini 6e en jouant le titre jusqu’à début avril. Là, en décembre, on était déjà assurés de ne pas être champions alors qu’il y a eu un recrutement cet été et que l’ambition était de finir dans les cinq premiers. A la 23e journée, tu te dis que même pour ces places-là, ce n’est même plus possible… Bah, c’est un échec total ! Les gens en ont plein le cul, ils ne pensent qu’à se battre entre eux car ils n’ont que ça à se mettre sous la dent. Y’a de la résignation aussi. Il y a deux ou trois ans, si tu prends 3-0 au Parc par Marseille, le stade aurait été retourné", explique-t-il, presque fataliste.

Une équipe peu compétitive

Selon l’ancien Parisien, les supporters devront attendre encore avant de voir leur équipe rivaliser avec les cadors du championnat. "C’est bête, parce que l’année dernière, on avait construit quelque chose d’intéressant, et là, on recule carrément d’un an. Être compétitif, c’est finir dans les quatre premiers. Et pour viser ça, il faut attendre encore deux ans. Comment tu veux afficher des ambitions l’année prochaine après la saison qu’on est en train de faire ? La seule chance qu’on a cette saison, c’est que les équipes du bas de classement sont vraiment très faibles. En général, t’en as une qui s’écroule et les deux autres qui s’accrochent. Heureusement que ce n’est pas le cas cette saison, car avec le bordel qu’il y a au club à tous les niveaux, ça aurait été compliqué." Peu rancunier, il aimerait voir ses ex-coéquipiers ramener la Coupe de France dans la capitale, même s’il avoue que cela sera compliqué. "J’espère qu’ils vont faire un truc en Coupe de France pour apaiser un peu ce climat. J’ai bon espoir, car ces dernières années, quand on a fait des mauvaises saisons, une Coupe arrivait en fin d’année pour sauver le truc. Mais bon, c’est pas tous les jours Noël, enfin tous les ans", se souvient-il, avec nostalgie.

Tous responsables !

Lucide depuis son nouveau club d’Ankara, Rothen pense que les manques du PSG ne sont pas dus qu’à l’actionnaire. "Beaucoup pointent du doigt Colony Capital… Colony met l’argent. D’après le discours de Kombouaré, Alain Roche ou Leproux, il n’y a pas eu de restriction. Il y avait l’enveloppe pour recruter, mais ils n’ont recruté personne ! Peut-être que les joueurs qu’ils voulaient étaient trop chers, ça ne me regarde pas. Après tu constates juste sur le terrain. Le championnat est déjà mort, donc c’est une année de merde. Colony met aussi les hommes en place, ils dominent tout, alors ils ont aussi leur part de responsabilité. Ce n’est pas Colony Capital qui court derrière le ballon. Il y a des manques criants dans l’équipe. Il y aussi la malchance : il nous manque ce… (il claque des doigts) ce petit brin de cul, ce brin de confiance, ce brin de réussite." Pas encore détaché affectivement, le joueur continue d’employer la personne 5 pour parler de Paris.

Un retour est-il possible ?

Bien que devenu indésirable pour la direction, celui qui a effectué un bref passage à Glasgow en première partie de saison regrette surtout l’anonymat dans lequel tombe le club de la capitale. Selon lui, seule une bonne saison permettra aux Rouge et Bleu de relancer la machine de façon positive, et ce n’est donc pas pour cette année. Si le natif de Châtenay-Malabry aimerait faire partie de cette aventure, il émet des doutes quant à la possibilité de voir ce rêve se réaliser. "Au plus profond de moi, je me dis que je fais ma saison ici à Ankara, mais qu’il me reste un an de contrat à Paris. Quand je regarde les matches à la télé ou que je vais au Parc, même si ça s’est mal passé en fin de saison dernière, je suis prêt à rejouer. J’étais rancunier envers les sifflets du Parc au début, mais maintenant, c’est oublié. Vu le contexte dans lequel je suis parti et ce qu’on m’a fait comprendre, franchement, je suis assez pessimiste. Mais on ne sait jamais. "

Un amour toujours aussi fort

Alors, même si le gaucher n’oublie pas de mentionner l’importance que jouera le montant du salaire dans le cadre d’un retour, il clame haut et fort son amour indéfectible pour Paris. "J’ai passé cinq années là-bas. Peu de joueurs passent autant d’années dans ce club. Même si la fin gâche un peu les choses, j’ai vécu des moments forts, gagné des Coupes et j’ai réalisé mon rêve. Je reste dans les murs. Si demain, j’arrête ma carrière, les gens sauront que Rothen est passé à Paris. Pour moi, j’ai marqué l’Histoire du club. Et pourquoi pas écrire encore quelques lignes… Je suis dans l’équipe des trente-cinq ans, ça veut dire des choses. Cet amour, je l’ai, et il ne s’effacera pas. Moi tu vois, le poster je l’ai, je suis dessus et on peut pas m’enlever, cet amour pour le PSG c’est là et ça restera. Ça en embête certains mais c’est comme ça."

Victime plutôt que coupable

Malgré tous ces bons souvenirs, l’ancien Monégasque garde un goût amer de la fin de saison dernière, surtout parce qu’il a été victime de critiques et de sifflets répétés, plutôt que pour la mauvaise fin de championnat de l’équipe. "Ca a été un peu difficile, de se faire siffler par son propre public, j’ai payé pour l’équipe la fin de saison, même pas de déclarations parce que je n’avais rien dit, sur des “on dit” on m’a sifflé…" Pas abattu pour si peu, l’ex-milieu gauche du PSG évoque la possibilité de reconquérir ce public en jouant bien en cas de retour dans la capitale française, histoire de prouver que les sifflets n’étaient pas mérités. "Si je reviens et que je dois rejouer, c’est à moi de reconquérir le public avec mes performances, il me faut de la force, et ici je me requinque, je suis en cure en quelque sorte", plaisante-t-il.

Erding, le petit plus du PSG

Pour terminer, Jérôme Rothen vante les qualités de Mevlut Erding, qu’il voit comme un grand attaquant à l’esprit irréprochable. "moi je dis que du bien de Mev’, c’est quelqu’un de très à l’écoute et le fait qu’il marque beaucoup de buts alors que le club va mal, c’est pas anodin. Il veut être le meilleur buteur du club, il s’est fixé un objectif, de marquer 15 buts, il va les atteindre. Ça se voit que c’est quelqu’un qui a beaucoup de talent, c’est un bon mec." Plus que de simples partenaires lors des matches amicaux du début de saison, le Français et le Turc sont devenus des amis qui s’apprécient sur et en dehors du terrain. "Je souhaite que Paris puisse le garder, moi j’ai joué quelques matchs amicaux avec lui en début de saison et je me suis régalé. On s’est revus sur Paris, on a mangé ensemble et tout. Même lui était content de jouer avec moi. On s’est trouvés tout de suite, y’a des joueurs comme ça, tu sais pas pourquoi mais tu te trouves super facilement, moi c’est le genre d’attaquant que j’apprécie", confie-t-il. Alors même si son départ commence à dater, il semble bien que Rothen soit toujours aussi attaché à Paris.


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